Français à l'étranger
26 septembre 2022

Expatrié : de l’art délicat de la gestion de patrimoine

Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ! Voilà la seule règle commune à tout portefeuille d’investissement. Pour le reste, et en particulier depuis l’étranger, gérer son patrimoine réclame un savoir-faire et une acuité certains. Succession, produits financiers, investissements immobiliers, assurances, banque et bien sûr retraite… Rien ne doit être laissé au hasard avant, pendant et après son expatriation. C’est l’objet de notre dossier.

Tous les conseillers en gestion de patrimoine le diront : une expatriation occasionne de nombreuses formalités, mais surtout une toute nouvelle façon d’appréhender la gestion de patrimoine. Du fait du changement de statut fiscal (non-résident), certains investissements sont fortement déconseillés, tandis que d’autres deviennent alors particulièrement avantageux. Comment protéger son patrimoine à distance ? Comment préparer son éventuel retour en France ? Comment vendre ou acheter un bien depuis l’étranger ? Le développement et la détention de votre patrimoine s’envisagent de façon inédite, notamment cette année où la situation économique mondiale est instable. Difficile de se projeter sur la façon la plus adéquate de gérer et transmettre ses actifs, d’autant que chaque profil est différent. De par son statut d’abord : selon que l’on sera travailleur détaché à l’étranger par son entreprise ou employé en contrat local. Pour optimiser son patrimoine, l’expatrié devra prendre en compte la convention fiscale qui s’applique à sa situation et déterminera le lieu d’imposition de ses différents revenus. En pratique, ces éléments peuvent soulever d’énormes différences juridiques et fiscales selon les États. Si elle s’avère souvent avantageuse sur le plan fiscal, l’expatriation pose aussi de nombreuses questions. En matière d’assurance-vie, faut il privilégier les contrats luxembourgeois, dont l’avantage est de pouvoir être gérés dans d’autres devises que l’euro, ce qui les rend plus adaptés à une clientèle expatriée ?

Les Français accros à la pierre

Même à l’étranger, les Français conservent un fort intérêt pour la pierre mais on n’achètera pas le même type de bien s’il est uniquement destiné à rapporter des revenus locatifs ou si l’on s’y voit y finir soi-même ses jours le moment venu. Sécuriser un investissement immobilier reste la meilleure façon d’anticiper le retour en France. Là encore, la question du type d’investissement et du montage financier se pose : vaut-il mieux acheter dans le neuf ou dans l’ancien ? Sous quel régime louer ? LMNP, Pinel, Denormandie ? Et les SCPI ? Dans quels cas se tourner vers la nue-propriété pour s’assurer un substantiel complément de retraite. Un père de famille dans la force de l’âge en Asie n’agira pas non plus de la même manière qu’un jeune trentenaire parti parcourir l’Europe de l’Est sac au dos. Le sujet du retour en France est également essentiel : on n’investira pas du tout de la même manière dans l’immobilier ou dans un plan d’épargne en actions (PEA) si l’on souhaite ou non un jour rentrer au bercail. Si vous souhaitez investir dans l’immobilier à l’étranger, il est important de se renseigner sur le droit local et de s’assurer que l’opération envisagée est possible. La législation thaïlandaise, par exemple, interdit aux ressortissants étrangers d’être propriétaires d’un terrain en Thaïlande, mais seulement des constructions. De manière générale, les gains tirés de la vente d’un bien immobilier suivent, eux, le même régime que les revenus fonciers : ils sont imposables dans l’État du lieu de situation de l’immeuble et de résidence du vendeur. On admet en général qu’il convient de s’intéresser à sa retraite à compter de trente-cinq ans. C’est à cet âge-là qu’arriveront les premiers arbitrages. On peut se faire accompagner par un conseiller en gestion de patrimoine, mais le mieux est tout d’abord de se pencher par soi-même sur le sujet.

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