Leena Lecointre
18 octobre 2022

Droits des frontaliers : quels dispositifs pour la formation professionnelle ?

Dans le cadre du droit à se former tout au long de la vie, la France, la Belgique, l’Allemagne et particulièrement le Luxembourg participent à de nombreux dispositifs pour leurs travailleurs frontaliers.

L’association d’accompagnement des mobilités, Frontaliers Grand Est rappelle que « se former tout au long de la vie » est un « droit pour les frontaliers ». Ce principe d’accès à la formation s’applique notamment aux professionnels qui exercent dans des pays comme l’Allemagne, la Belgique ou encore le Luxembourg. Il leur est donc possible de se former directement dans leur pays d’activité pendant toute la durée de leur contrat.

La formation continue comme moteur d’évolution professionnelle

En raison de l’importance qu’attache le Grand-Duché à ces dispositifs, il existe notamment le Luxembourg Lifelong Learning Center (LLLC), organisme de référence pour la formation continue. Rattaché à l’Institut National pour le développement de la Formation Professionnelle Continue (INFPC), il a mis en place différents systèmes de cours. Il propose des formations diplômantes, comme des bachelors, licences et masters mais aussi des certifications professionnelles. Quant aux domaines couverts, ils peuvent aller de l’administration à l’environnement en passant par le droit ou les ressources humaines.

Une grande partie des systèmes proposés s’organise de façon flexible par rapport aux horaires d’activité des participants. Cours du soir, séminaires, congés-formation… Les formules sont nombreuses pour les professionnels qui désirent acquérir des compétences liées à leur activité et compléter leur formation initiale. Elles constituent une véritable opportunité d’insertion, d’évolution, ou de réorientation.

Une variété de formats qui favorise la participation de frontaliers

Rien que pour les cours du soir, les inscriptions s’élèvent en moyenne à 10 000 par an. L’intérêt porté par les professionnels à ces formations témoigne d’une forte volonté individuelle de continuer à se former pendant la carrière. Afin de favoriser l’accès aux travailleurs frontaliers, toutes ces opportunités incluent des cours dispensés en allemand, en français, en luxembourgeois ou encore en anglais. Les frontaliers peuvent aussi choisir d’assister aux modules en présentiel directement dans leur pays d’activité mais aussi suivre des classes exclusivement en ligne. Le Blended Learning, format mixte, constitue également un format intéressant pour les participants qui désirent équilibrer vie professionnelle et vie personnelle.

L’Allemagne et la Belgique dans une démarche d’aide aux PME

Nos voisins allemands et belges ont également pris des mesures pour favoriser ces développements professionnels. En Allemagne, la majorité de ces dispositifs sont consultables sur le site de Bildungsurlaub. Il regroupe des programmes tel que la prime de formation pour les salariés qui suivent des cours en dehors de leurs heures de travail. Cette prime s’élève à 500€ par an et concerne les cours relatifs à la vie professionnelle comme les langues, l’informatique ou la création d’entreprise.

L’Allemagne, tout comme la Belgique, pratique également les congés de formation. Ils permettent aux salariés de mobiliser leurs heures de travail au suivi d’une formation d’ordre professionnel. Si l’Allemagne n’impose pas de conditions globales sur son territoire et délègue la législation de ce droit aux régions, les conditions en Belgique sont imposées par le Service Public de Wallonie.

Les deux pays concentrent également leur soutien à la formation continue sur les petites et moyennes entreprises (PME). La Belgique propose notamment aux entreprises un système de « chèque formation », pour augmenter les compétences de leurs salariés dans des centre agrégés. Quant aux PME allemandes, elles bénéficient depuis 2006 du programme Wegebau, une aide au financement de formations pour leurs salariés. Sur le modèle des congés de formation, elle leur permet de consacrer des heures de travail au suivi de cours intra-entreprises.

share Partager

Etudier et travailler

Transition énergétique : pourquoi le monde s'arrache les électriciens français

Portés par la décarbonation mondiale, les électriciens qualifiés sont devenus le « carburant » de la transition écologique. De l’Australie au Canada, l'électrification de la planète crée une pénurie critique de main-d’œuvre. Zoom sur un métier manuel devenu un formidable passeport pour l'international.

Actualités internationales
Etudier et travailler

Erasmus+ victime de son succès

Le nombre de stages financés par l’agence européenne basée à Bordeaux a été multiplié par trois ces dernières années. Mais faute de budget, Erasmus+ n’a pu financer l’an dernier qu'à peine plus de la moitié de ces demandes. Et le retour prochain du Royaume-Uni ne risque pas de faire baisser cet engouement.

Etudier et travailler

Études supérieures : combiner alternance et expérience internationale, c’est possible !

Contrairement aux idées reçues, il est tout à fait envisageable de combiner les deux… avec un peu d'organisation préalable. Conseils et témoignages.

Etudier et travailler

Cybersécurité : ces experts français qui choisissent l’expatriation

Pénurie mondiale de talents, multiplication des cyberattaques, internationalisation des entreprises… Dans la cybersécurité, les opportunités dépassent désormais largement les frontières françaises. Aux quatre coins du monde, de plus en plus d’ingénieurs français choisissent l’expatriation, attirés par des projets d’envergure, des carrières accélérées et un marché en tension permanente.

Etudier et travailler

« Tu te dis que t’es sur une autre planète » : ces expatriés de l’extrême racontent leur vie en Antarctique

Des températures qui peuvent chuter à – 60 degrés. Du blanc à perte de vue. Plus de possibilité de revenir en arrière. Non, ce ne sont pas les astronautes qui posent le pied sur la lune, mais l’arrivée en bateau de ceux qui choisissent une expatriation de l’extrême : l’Antarctique. Chaque année, environ cent Français embarquent pour quelques mois à un an pour vivre sur une des stations polaires françaises.