Anaïs Digonnet
6 décembre 2022

Après la visite d’État du président Macron, les entrepreneurs français aux USA optimistes

A l’occasion de la visite d’État d’Emmanuel Macron aux États-Unis, la première depuis que Joe Biden est à la Maison Blanche, la communauté des entrepreneurs français a répondu présente pour rencontrer le président à l’ambassade de France de Washington D.C. Témoignages.

« On était environ 1200 personnes à l’ambassade », raconte Cyril Darmouni, président de la French-American Chamber of Commerce de Los Angeles et présent à Washington, le 1er décembre 2022, pour la visite d’État d’Emmanuel Macron. Ce chiffre montre l’importance de l’événement pour la communauté économique française expatriée, qui avait de nombreuses questions a poser au président français.

« Dans son discours, Emmanuel Macron est revenu sur le visa E2, qui est un vrai sujet pour les entrepreneurs depuis qu’il a été réduit de cinq ans à 25 mois, par l’administration Trump », ajoute celui qui est associé du cabinet comptable international Orcom US, dont le siège est basé à Miami. « Il n’y a pas eu d’annonce sur le sujet, mais on a l’impression qu’une ouverture des négociations est possible. Car c’est vrai qu’aujourd’hui, cela laisse peu de temps à ceux qui se lancent aux États-Unis pour comprendre le marché américain et se donner les bonnes conditions pour réussir. »

La prolongation des visas investisseurs E2 « en discussion »

Revenue à New York, où elle préside AM Global Consulting qui prodigue des services immobiliers et des études de marché concurrentielles, Séverine Picquet, membre des conseillers du commerce extérieur de la France confirme : « On sait désormais que la prolongation des visas investisseurs E2 est en discussion. Car il ne faut pas oublier que c’est une histoire de réciprocité, parce que la France n’accordait que deux ans de visa aux Américains qui voulaient y investir. Les États-Unis se sont alignés. »

Si elle se réjouit de voir dans cet événement « l’importance de l’amitié franco-américaine et une volonté de travailler ensemble », celle qui est aussi la créatrice du chapitre new-yorkais du Medef a quant à elle interpellé le président français sur la difficulté pour les entrepreneurs français, non Américains mais résidents fiscaux aux USA ou ayant un associé majoritaire américain, d’ouvrir un compte bancaire en France pour développer leurs activités dans leur pays d’origine. « On sait qu’il y a Fatca derrière (Foreign account tax compliance act, « une loi destinée à déceler les ceux qui ont recours à des comptes étrangers pour éviter le paiement de l’impôt américain », ndlr). Mais c’est quand même irritant car, dans son discours, le Président Macron fait la promotion de la France comme un territoire attractif où investir ! »

« Le premier c’était Chirac ! »

Installée aux États-Unis depuis plus de 40 ans, Ariane Daguin n’en est pas à sa première rencontre avec un président français outre-Atlantique. « Le premier c’était Chirac ! Je démarrais à peine et à l’époque, j’avais des problèmes à cause du protectionnisme américain », se souvient la fondatrice du groupe agroalimentaire D’Artagnan dans le New Jersey (revendu en avril dernier mais où elle est restée salariée). En 2022, la raison de son déplacement était sensiblement la même : la difficulté de pouvoir importer des protéines animales françaises aux USA. « Non pas parce que les Américains refusent mais parce que les abattoirs français sont trop rares à demander l’agrément pour exporter aux Etats-Unis ! »

Autre sujet abordé par cette ardente défenseure des produits français, fille du chef André Daguin : le fait que l’Europe soit dans le même groupe que le Brésil et le Japon concernant les quotas des viandes bovines. « C’est injuste car les deux pays exportent d’immenses volumes, et de plus en plus tôt dans l’année si bien que lorsqu’on importe du veau sous la mère (production traditionnelle spécifique du sud-ouest, ndlr), on prend 27% de taxes en plus dès que les quotas sont atteints. Il faudrait que l’Europe puisse changer de groupe ! » Si elle ne désespère pas d’être entendue, un jour, elle considère qu’ « un voyage d’Etat reste fabuleux pour le réseau : on peut avoir des échanges économiques et culturels qu’on n’aurait pas autrement ». Lors du dîner officiel par exemple, où elle était placée à côté du réalisateur Claude Lelouch .

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