Nora Es-Salhi
13 janvier 2023

Le coût des logements, un frein au rêve australien?

Prix qui flambent, réservations à effectuer plusieurs semaines en avance: il est aujourd’hui difficile de se loger temporairement à des prix raisonnables en Australie. Cette tendance affecte notamment les jeunes qui partent en PVT dans le pays.

Énormément de jeunes souhaitent vivre une expérience professionnelle en Australie afin de profiter de ses belles plages et de son cadre de vie. Mais une fois sur place, il se retrouvent souvent confrontés à des difficultés pour se loger. C’est tout particulièrement le cas de ceux qui souhaitent profiter de leur expérience australienne pour aller de ville en ville: les bien-nommés “backpackers”. Sur Facebook, les groupes de jeunes expatriés regorgent aujourd’hui d’annonces de recherches de solutions pour des logements temporaires.

Beaucoup arrivent avec un permis vacances-travail (PVT). Selon un article du Guardian du 14 décembre 2022, ce dispositif a attiré plus de 300 000 voyageurs en Australie en 2019, contribuant à faire du pays le deuxième marché touristique au niveau mondial, derrière la Chine. Mais avec la flambée des prix, ceux qui pensaient voyager avant de trouver un travail doivent parfois revoir leurs plans pour prendre en compte la hausse des loyers et du carburant.

Les conséquences de la pandémie

Après une longue période de fermeture des frontières liée au Covid-19, les prix des hébergements ont en effet flambé, surprenant les routards qui reviennent progressivement en Australie. Entre 2020 et 2021, de nombreux établissements ont en effet mis la clé sous la porte, réduisant amplement l’offre.

Paul McGrath, directeur général du réseau d’auberges YHA Australia indique qu’à cette période, 19 des ses établissements ont fermé. Autre témoignage publié dans The Guardian: celui de Tourism Adventure Group, propriétaire des auberges Nomads, qui a dû vendre six de ses seize propriétés pendant la crise sanitaire. Dans celles qui restent ouvertes, on pratique des prix désormais supérieurs de 50%.

180 dollars pour dormir dans un dortoir

Outre l’augmentation des prix, il est presque impossible aujourd’hui de séjourner dans un endroit sans réserver à l’avance. Il faut s’y prendre minimum deux semaines en amont afin d’avoir un logement convenable, d’autant que les réservations de dernière minute révèlent quelques surprises. Les nuitées peuvent coûter jusqu’à 180 dollars dans des dortoirs bondés. Il est donc parfois plus judicieux de réserver un appartement loué par un particulier et de le partager en petit groupe.

La tendance n’est pas prête de s’inverser: les recherches d’hébergement sur le site Kayak ont augmenté de 127% entre septembre et octobre 2022 comparé à la même période en 2019. Selon Paul McGrath, les prix vont continuer à grimper dans les prochains mois. Il estime que le coût abordable des billets d’avions depuis la fin du Covid favorise en effet les voyages en Australie et que, tant que les hôteliers rempliront leurs établissements, ils ne baisseront pas les prix.

 

 

share Partager

Actualités internationales

Moyen-Orient : les Français du Golfe face aux tensions

Depuis l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, la tension s’est étendue à plusieurs pays du Golfe, affectant à la fois les infrastructures stratégiques et la vie quotidienne des Français sur place.

Actualités internationales

Les médecins formés au Royaume-Uni avant le Brexit pourraient bientôt pouvoir exercer en France

La motion, présentée mi-février par le député de la troisième circonscription des Français de l’étranger, Vincent Caure, a été approuvée à l’unanimité en première lecture par l’Assemblée nationale.

Actualités internationales

Expatriés : la Malaisie change les règles du jeu

Face à un taux de chômage au plus bas, les autorités de Kuala Lumpur ont décidé de durcir les conditions d’accès et de séjour dans le pays pour les travailleurs étrangers.

Actualités internationales

Les « orphelins du PEQ » passent à l’offensive judiciaire au Québec

Des milliers de vies sont suspendues depuis l’arrêt brutal du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Les familles immigrantes qui comptaient sur ce programme pour s’installer durablement au Québec doivent-elles tirer un trait sur leur projet de vie ? Le doute s’est installé, tenace, et avec lui un profond sentiment de vertige. Les « orphelins du PEQ » ne se contentent plus de manifester : ils se tournent maintenant vers les tribunaux, pour tenter de faire reconnaître une injustice qu’ils dénoncent depuis des mois.

Actualités internationales

Les Palmes de l’EFE 2026 : la Sorbonne en ligne de mire pour l’école française du monde

Après une première édition remarquée, les Palmes du réseau d’enseignement français à l’étranger reviennent. L’appel à candidatures est ouvert pour 2026 : enseignants, élèves, parents et associations ont quelques mois pour raconter leurs projets. Une manière de rappeler que la France éducative ne s’arrête pas aux frontières — elle s’invente chaque jour à Buenos Aires, Dakar ou Tokyo.