Laetitia Dive
25 janvier 2023

L'année de mobilité donne aux étudiants « une vraie ouverture sur le monde, au-delà du savoir universitaire »

Ces dernières années, un certain nombre de grandes écoles ont mis en place une mobilité à l'étranger obligatoire pour leurs étudiants. C'est le cas de l'Institut d'études politiques (IEP) de Bordeaux où tous les étudiants qui intègrent l'établissement dès la première année doivent partir un an à l'étranger. Pour Français à l'étranger, le directeur Dominique Darbon évoque les partenariats internationaux qu'entretient son école et dresse la liste des bénéfices engendrés par cette mobilité étudiante.

Français à l’étranger : Vous êtes directeur de l’IEP de Bordeaux. Combien d’élèves compte votre établissement ?

Dominique Darbon : L’institut d’études politiques de Bordeaux accueille au total 2700 étudiants – dont 400 étrangers – et le cursus complet dure cinq ans. Tous ceux qui arrivent dès la première année doivent réaliser une année de mobilité obligatoire.

Français à l’étranger : Comment et quand se déroule la mobilité à l’étranger pour vos étudiants ?

Dominique Darbon : Elle se déroule pour le moment en deuxième année, mais nous pensons à la faire basculer en troisième année pour plusieurs raisons. Cela permettra notamment d’optimiser la gestion de la formation lors des deux premières années, et faire en sorte que les étudiants puissent choisir leur destination de mobilité mais aussi la suite de leur cursus avec plus de maturité. Ce nouveau système offrira également la possibilité d’effectuer un stage ou d’acquérir une expérience professionnelle pendant son année de mobilité. Pour l’heure, tous partent à l’étranger dans le cadre d’un échange académique. Aujourd’hui, nos partenariats couvrent à peu près tous les continents. Ils sont très nombreux en Europe et en Amérique. Les mobilités en Asie sont par ailleurs en augmentation.

Français à l’étranger : Quels sont les bénéfices de ces mobilités pour vos étudiants et votre établissement ?

Dominique Darbon : C’est une étape fondamentale pour les étudiants, cela leur donne une vraie ouverture sur le monde, au-delà du savoir universitaire. Dans les pays où ils partent vivre, ils ne font pas qu’aller en cours : ils adhèrent à des associations sportives et culturelles, voyagent, font des rencontres. Cela les oblige aussi à considérer qu’on ne vit pas pareil partout, à sortir de leur perception française. À plus long terme, cette ouverture sur le monde leur ouvre de nombreuses portes sur le marché du travail, et d’ailleurs un certain nombre s’expatrient.

Français à l’étranger : L’IEP de Bordeaux propose aussi des double cursus. Comment cela fonctionne-t-il ?

Dominique Darbon : À Sciences-Po Bordeaux, il y a d’abord un système de filières spécialisées. L’idée est que les étudiants qui les intègrent deviennent de véritables citoyens européens qui maîtrisent trois langues, avec l’anglais comme langue socle. Elles sont intégrées par des étudiants de Sciences-Po Bordeaux et de l’établissement partenaire qui suivent toute leur scolarité ensemble. Ils alternent une année sur l’autre entre les deux pays. Aujourd’hui ces filières existent en Allemagne, Espagne, Portugal et aux Caraïbes. Celle qui avait été créée avec l’université de Cardiff (Royaume-Uni) n’existe plus depuis le Brexit mais nous souhaitons en créer une nouvelle avec un établissement en Irlande ou en Écosse. Il y a également une filière italienne que nous sommes en train de relancer car nous constatons une vraie demande chaque année. Outre ces filières, nous proposons également des doubles diplômes à nos étudiants. Notre partenariat avec l’université baptiste de Hong Kong (HBKU) permet par exemple aux étudiants sélectionnés par Sciences-Po Bordeaux de suivre leurs deux premières années d’études à Hong Kong. Nous avons un accord similaire avec la libre université internationale des études sociales Guido Carli de Rome (Italie).

Français à l’étranger : Le contexte international de ces dernières années – pandémie puis guerre en Ukraine – affecte-t-il la stabilité de ces partenariats ?

Dominique Darbon : Le Covid a rendu impossible le départ d’un certain nombre de nos étudiants et créé des blocages sur place. Mais cette phase semble terminée. La guerre en Ukraine a quant à elle précipité la fin de l’échange que nous avions avec une université russe. L’ensemble de nos étudiants sur place ont été rapatriés, en lien direct avec l’ambassade. Nous avons également pris en compte la situation des étudiants russes qui étaient en mobilité chez nous en leur proposant de poursuivre leurs études à Bordeaux ou d’être rapatriés, selon leur choix. Afin de maintenir une filière en langue russe, une convention a été passée avec l’université nationale Al-Farabi d’Almaty (Kazakhstan). Nous avons ainsi accueilli nos premiers étudiants kazakhs en septembre.

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