Nora Es-Salhi
24 février 2023

Corée du Sud: Yec'hed mat, des crêpes bretonnes aux vins français à Séoul

Tous les quinze jours, Français à l’étranger vous propose une interview d’un représentant de la gastronomie française à l’étranger. Aujourd’hui, direction Séoul (Corée du Sud) où le Breton Arnaud Laudrin s’est installé en 2013 pour ouvrir un établissement entre la crêperie et le bar à vin.

Français à l’étranger: Depuis quand vivez-vous à Séoul? 

Arnaud Laudrin: Je me suis installé à Séoul il y a dix ans maintenant. Il y a sept ans, j’ai ouvert une crêperie mais ce commerce étant peu rentable, j’ai décidé petit à petit d’y associer la vente de vins français. Aujourd’hui, j’ai 200 vins à ma carte, contre une quinzaine au début. Le concept de crêpes existe toujours, mais seulement de 18h30 à 21h. 

FAE:  Cela a été facile de vous installer à Séoul ? 

A.L: En terme administratif oui, car je suis marié à une Coréenne. Mais en ce qui concerne le côté professionnel, cela a été un peu plus difficile. Personne ne connaissait les crêpes bretonnes. Au début, les gens venaient donc pour prendre un café ou un thé sans forcément commander à manger. D’où ma volonté de me diriger vers les vins. Le succès a été au rendez-vous et je peux même vous dire que certains mineurs tentent leur chance pour entrer ! Mais l’accès leur est bien sûr interdit.

FAE: Pourquoi avoir gardé le concept de crêpes seulement de 18h30 à 21h?

A.L: En Corée du Sud, les gens aiment boire en ayant de quoi grignoter à côté. Passé 21h, je propose des plateaux de fromages pour accompagner les vins. Ce concept m’a permis d’augmenter considérablement mon chiffre d’affaires: avec le service des vins, il arrive que certains dépensent plus de 100 euros par table, ce qui est une somme importante en Corée.  

FAE: D’où vient votre désir de faire découvrir la gastronomie française et le vin en Corée du Sud ? 

A.L: J’avais autour de moi des gens passionnés par le vin, et je suis moi-même peu à peu tombé amoureux du monde vinicole. J’avais à cœur de faire découvrir nos vins connus à travers le monde et de montrer ce produit de prestige français. D’autant qu’en Corée du Sud, les vins d’Italie connaissent un véritable succès en raison des nombreux restaurants italiens présents dans la capitale. J’ai donc voulu présenter une alternative et faire découvrir aux Coréens ceux que nous produisons en France.

FAEQuelles sont les bouteilles qui séduisent le plus la population sud-coréenne?

A.L:  Je travaille avec neuf importateurs de vins français pour avoir une large gamme. Les Coréens raffolent des vins de Loire, comme le Jasnière, un vin blanc. Afin de toujours faire découvrir des nouveautés aux habitués, j’essaie de varier mes commandes. Lorsqu’ils apprécient, certains demandent d’ailleurs de repartir avec leur bouteille. En ce qui concerne les prix, nous avons des vins à 30 euros mais aussi certains comme Le Mouton de Rothschild ( Bordeaux), qui peut coûter jusqu’à 800 euros. 

share Partager

Vie pratique

De 2 000 à 30 000 € : le vrai prix d’un accouchement à l’étranger

Accoucher à l’étranger impose d’anticiper une question essentielle : quel sera le coût réel, et que couvrira vraiment la protection sociale ? Selon le pays, l’établissement choisi, l’urgence ou les complications, la facture peut varier de 2 000 à plus de 30 000 euros.

Vie pratique

Protection sociale des femmes expatriées : du droit à l'autonomie

Pour les Françaises établies hors de France, être protégée ne se réduit pas à une assurance maladie. La protection touche à la capacité de travailler, de cotiser, de partir — et parfois de porter plainte. Rupture de carrière, violences conjugales, isolement : autant d'angles morts que le débat public peine à nommer.

Vie pratique

Retour en France : le « trou noir » administratif que personne n’anticipe

On croit souvent que rentrer en France, c’est rentrer « chez soi » — que la carte Vitale se réactive, que la Sécurité sociale reprend le relais dès l’arrivée. Dans les faits, le retour est l’un des moments les plus fragiles du parcours d’expatriation. Il ne s’agit pas toujours d’un simple retour à la case départ, mais d’une affiliation à rouvrir, dossier à l’appui.

Vie pratique

Nomades numériques : la liberté… sans filet de sécurité ?

Travailler depuis Bali, Marrakech ou Lisbonne tout en gardant ses clients français : depuis la crise de la COVID-19, le nomadisme numérique s’est imposé comme l’un des nouveaux visages de la mobilité internationale. Mais derrière l’image séduisante du travail sans frontières, une question reste souvent mal anticipée : qui protège réellement ces travailleurs lorsqu’ils ne relèvent pleinement ni de la France, ni du pays où ils séjournent temporairement ?

Vie pratique

Guide gratuit à télécharger : santé et protection sociale à l’étranger

S’expatrier, étudier à l’étranger, devenir nomade numérique ou préparer sa retraite sous d’autres latitudes : derrière chaque projet international se cache une question essentielle, souvent reléguée au second plan jusqu’au jour où un problème survient. Comment se soigner ? Que couvre réellement son assurance ? Faut-il adhérer à la Caisse des Français de l’étranger ? Que se passe-t-il en cas d’accident, de grossesse, de perte d’autonomie ou de retour en France ?