Laetitia Dive
23 mai 2023

Depuis mars 2022, l'ESCP contribue à la formation des cadres et dirigeants émiriens

Hébergée au cœur du centre d'affaires de Dubaï, l'antenne émirienne de l'ESCP dispense une formation continue en big data et business analytics à des Émiriens qui occupent des fonctions stratégiques dans les entreprises publiques et privées du pays.

« Sollicitée par le gouvernement de Dubaï pour former ses talents aux défis du futur (…), ESCP déploie son MSc (équivalent master, ndlr) en big data and business analytics dans le cadre d’une antenne à Dubaï ». Voilà ce qu’annonçait en avril 2022 la plus ancienne école de commerce au monde, l’ESCP. Fondée en 1819 à Paris, la business school a progressivement conquis l’Europe à compter des années 80 avec l’ouverture de campus à Berlin, Madrid, Londres, Turin et Varsovie. « Il ne s’agit pas de simples campus délocalisés, tous sont des établissements reconnus localement par les institutions d’enseignement supérieur du pays », précise Léon Laulusa, directeur général par intérim de l’ESCP. Concrètement, l’école peut par exemple délivrer un diplôme allemand à Berlin, ce qui « favorise la mobilité mais aussi l’employabilité des élèves » dans leur pays d’étude.

Mais avec l’ouverture de son antenne dubaïote, l’ESCP voit aujourd’hui plus loin que l’Europe. « Nous avons été identifiés par les Émirats arabes unis pour développer ce MSc en formation continue afin de former leurs cadres et dirigeants dans le contexte de leur projet d’émiratisation », explique Léon Laulusa. Cette initiative du gouvernement émirati vise à favoriser l’emploi de ressortissants nationaux aux postes clés des secteurs publics et privés du pays. Pour le directeur de l’ESCP, c’est « l’excellent classement » de son école qui lui a permis d’être retenue par les autorités émiriennes pour le développement de ce nouveau programme. « En décembre dernier, nous sommes arrivés en 3e position dans le classement des meilleures écoles de commerce d’Europe du Financial Times », rappelle-t-il fièrement.

Relever les « défis du futur »

Entièrement en anglais, cette formation est dispensée au sein du Dubai International Financial Center (DIFC), le grand centre financier de Dubaï. Son but ? Apporter à ceux qui la suivent les connaissances nécessaires pour relever les « défis du futur » dans plusieurs domaines : smart cities (« villes intelligentes » en français, ndlr), transformation numérique et développement durable, à l’heure où les Émirats anticipent la sortie progressive d’une économie basée quasi exclusivement sur les énergies fossiles. « La plupart des participants possède déjà d’excellents diplômes, souvent obtenus aux États-Unis ou en Europe. Ils sont aptes à comprendre enjeux stratégiques, opérationnels. Nous faisons donc beaucoup de mises en situation et leur demandons de mettre en place des projets d’entreprise qu’ils pourraient initier ensuite dans leurs propres organisations », détaille Léon Laulusa, indiquant par ailleurs qu’il s’agit d’un cursus diplomant, sanctionné par des examens.

Le directeur de l’ESCP précise que cette formation est effectuée sur la base du volontariat, moyennant l’envoi d’une candidature. Quant à son coût, il n’est rédhibitoire pour personne puisque, selon le communiqué d’avril 2022, la formation est intégralement financée « par des bourses d’excellence du groupe familial Al Rostamani », un groupe émirien. « Nous formons essentiellement des nationaux venus des sept émirats, mais aussi quelques ressortissants étrangers qui occupent des hautes fonctions au sein de structures émiriennes. Nous travaillons avec les grandes entreprises du secteur privé comme public : la banque Emirates NBD, la police de Dubaï, l’entreprise RTA (autorité des routes et transports de Dubaï), etc. » Dans le détail, 40% des 240 étudiants accueillis dès le mois de mars 2022 étaient des femmes, et tous avaient entre 30 et 40 ans.

Une porte d’entrée prometteuse

Forte de ces premiers pas au sein des Émirats, l’ESCP se dit prête à développer d’autres offres de formation à l’avenir, sachant qu’« aucune formation initiale n’est à l’ordre du jour » et que la formation continue resterait donc la marque de fabrique de l’école. « Nous souhaitons désormais étudier avec les autorités émiriennes quels sont leurs autres besoins en la matière. Si nous disposons de l’expertise nécessaire pour y répondre, nous pourrons étoffer notre offre de formation continue », détaille Léon Laulusa.

Le directeur par intérim reconnaît en effet que les émirats « représentent aujourd’hui un emplacement stratégique ». « En terme de diplomatie académique, il est essentiel que l’ESCP soit présente dans le pays. » L’école se dit d’ailleurs ravie de son implantation à Dubaï, « au cœur d’un hub d’affaires » dont le potentiel dépasse les frontières émiriennes. « Nous avons le sentiment que l’excellence française est très bien accueillie aux Émirats mais même dans toute la région, ce qui est positif pour nous. Car la vocation de notre formation est d’aller au-delà des Émirats pour accueillir également les haut-potentiels des autres pays limitrophes. »

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