Laetitia Dive
21 août 2023

Le Centre français de technologie et d’innovation, projet pilote pour la MLF à Séville

À Séville (Espagne), la Mission laïque française a investi dans un terrain de plus de 13 000 mètres carrés pour construire son nouveau lycée français international. Il sera installé au coeur d'un centre de technologie et d'innovation où se croiseront élèves, chercheurs, entreprises, étudiants, etc. Français à l'étranger s'est rendu sur place.

Il ouvrira ses portes à la rentrée 2025, à ses élèves -de la petite section à la terminale- mais pas seulement. En plein cœur du quartier d’affaires sévillan de La Cartuja, le nouveau bâtiment qui abritera le lycée français international de Séville (géré par la Mission laïque française) accueillera également le centre français de technologie et d’innovation. Il s’agit d’un « espace unique et pionnier » où se croiseront donc « scientifiques, universitaires, entrepreneurs, chercheurs et startups » et qui pourront « partager leurs connaissances entre eux et avec les élèves de l’école, générant un écosystème innovant et technologique », indique la MLF.

13 200 mètres carrés de terrain

« Nous avions le projet de construire un nouvel établissement à Séville depuis des années. Au départ, nous souhaitions construire un lycée traditionnel, mais après des échanges avec la région, la ville de Séville et les autres acteurs locaux, le projet a évolué pour le centrer sur l’innovation et la technologie », explique Jean-Marc Merriaux, le directeur général de la MLF. Ce nouveau projet a séduit la Junta de Andalucía -le gouvernement régional d’Andalousie- qui a accepté de vendre à la Mission laïque un terrain de 13 200 mètres carrés, une vente concrétisée en mars 2023. « Les travaux doivent commencer en janvier 2024, avec une surface constructible de 10 000 mètres carrés », précise Joseph Hadjadj, le proviseur du lycée français international de Séville. Au total, le coût du projet avoisine les 18 millions d’euros.

L’établissement actuel, qui a ouvert ses portes en 2008, se trouve à quelques encablures du futur terrain et à côté du Centre commun de recherche de la Commission européenne. Joseph Hadjadj précise qu’il accueille un nombre exponentiel d’élèves puisque les effectifs ont doublé au cours des six dernières années, passant de 180 élèves en 2017 à 350 à la rentrée 2023. « Cela montre qu’il y a un vrai potentiel ici en Andalousie, qui sera pleinement exploité dans nos nouveaux locaux. Une étude de marché réalisée en 2018-19 évaluait ce potentiel à 800 à 1000 élèves. Mais pour en accueillir autant, il nous fallait un lieu emblématique avec des infrastructures suffisamment grandes, de beaux espaces extérieurs…Ce que nous n’avions pas. »

Une pédagogie à 360°C

Le proviseur précise par ailleurs que l’établissement cible surtout la population locale. « Il y a trop peu d’expatriés à Séville pour pouvoir compter seulement sur eux. » Pour l’heure, les Espagnols représentent 65% des élèves, les Français 15% et le reste est originaire d’un pays tiers. « Aujourd’hui, les jeunes espagnols étudient tous l’anglais. Ce qui fait la différence, c’est de parler une troisième langue, et beaucoup de parents optent pour le français », explique María Gonzalez, la gestionnaire du lycée. Le français a d’ailleurs une place importante en Andalousie puisque la communauté est la première d’Espagne en terme de nombre d’établissements bilingues français.

Au-delà de l’aspect linguistique, l’établissement compte donc sur ses futurs locaux pour attirer davantage d’élèves, et sur le projet pédagogique qui va l’accompagner. « Nous avons un groupe de pilotage formé par des enseignants et sont accompagnés par une neuroscientifique et une conseillère pédagogique de la MLF. Ils travaillent ensemble depuis maintenant plus d’un an pour créer une pédagogie à 360°C : il n’y aura plus un professeur avec sa salle et sa classe mais des projets de groupe -parfois transversaux entre niveaux-, de la co-intervention, etc. Car nous souhaitons faire de nos élèves des chercheurs tout en leur transmettant des valeurs. » Les programmes et la préparation aux examens -notamment le baccalauréat- resteront néanmoins inchangés.

« Créer des synergies »

Pour cela, l’équipe pédagogique va s’appuyer sur l’ensemble de l’écosystème du centre de technologie et d’innovation. « Ce centre sera ouvert au public et comportera un fablab -avec des imprimantes 3D, un laser, etc.-, un espace de coworking ouvert aux entreprises et aux étudiants, un amphithéâtre qui pourra être mis à disposition pour les entités qui le souhaitent, énumère Joseph Hadjadj. Nous souhaitons un lieu circulaire qui favorise les rencontres. » L’accès a ces différents espaces sera payant. Pour l’heure, le proviseur indique que différentes entreprises mais aussi des universités de la région ont manifesté leur intérêt pour venir, à terme, profiter des lieux.

« Les entreprises ont aujourd’hui besoin de stimuler des vocations. Elles souhaitent donc rencontrer les élèves tôt dans leur scolarité », note aussi Joseph Hadjadj. Cette volonté est d’autant plus prégnante dans le monde des technologies et, selon Jean-Marc Merriaux, la mission laïque a son rôle à jouer pour former les spécialistes de demain en la matière. « L’objectif de ce centre est de créer des synergies avec le monde de l’entreprise et le monde universitaire pour que nos élèves soient sensibilisés à ces environnements dès leur entrée au lycée. Le but est de créer une dynamique et des vocations dans le monde technologique et scientigique, notamment chez les jeunes filles. C’est un enjeu très important aujourd’hui de féminiser ces secteurs. »

> Un bâtiment durable

La construction du nouveau bâtiment a été confiée au cabinet d’architecture sévillan Enmedio . « Ce cabinet s’est spécialisé dans les bâtiments durables et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous l’avons choisi », indique le proviseur Joseph Hadjadj. Les matériaux utilisés pour construire le futur établissement seront donc durables et l’énergie renouvelable.

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