Corinne Bras
18 septembre 2023

La Suisse, toujours aussi attractive pour les travailleurs européens

La Suisse est le premier pays d'accueil de la communauté française qui y trouve notamment des salaires bien plus élevés qu'en France. En revanche, y résider est fort onéreux et la compétition est rude pour y faire sa place sur le marché du travail.

La confédération helvétique est constituée de 26 cantons qui témoignent de son plurilinguisme. Quatre langues nationales cohabitent : l’allemand, le français, l’italien et le romanche. Le pays ne fait pas partie de l’Union européenne mais entretient des relations commerciales avec de nombreux pays de l’UE. Le marché du travail suisse est aussi très prisé des ressortissants européens, et notamment des travailleurs frontaliers comme en témoigne la présence de quelque 380 000 d’entre eux recensés par l’office fédéral de la statistique (OFS) au premier trimestre 2023. Car si les salaires proposés sur le marché du travail local sont bien plus élevés qu’en France, le coût de la vie l’est aussi…

Économie

L’activité se concentre essentiellement sur les services et le secteur de la finance y occupe une place importante. La Suisse est une place financière internationale qui abrite de nombreuses banques et compagnies d’assurances ainsi que divers organismes de gestion de fortune, basés notamment à Zurich et à Genève. Pour rappel, le célèbre secret bancaire helvétique a été supprimé en 2009, instaurant la possibilité d’échange de données fiscales avec des pays tiers. L’industrie suisse est aussi très compétitive dans la recherche et le développement, dans le secteur de la chimie et de la pharmacie. Des entreprises de renommée mondiale sont helvétiques, telles que Novartis, Roche, Syngenta, ou encore Nestlé pour l’industrie agroalimentaire. Elles contribuent fortement à la richesse économique par le volume de leurs exportations et sont pourvoyeuses de nombreux emplois.

La production d’électricité (l’hydroélectricité notamment) et la métallurgie sont aussi des secteurs essentiels qui participent de cette forte compétitivité à l’export. Les technologies de l’information et de la communication sont un autre axe de développement de l’économie suisse. Le pays, soucieux de la protection et de la confidentialité des données, est souvent choisi par des entreprises et des organisations internationales comme centre de stockage et a recours à des systèmes informatiques ultraperformants pour garantir la sécurité des opérations bancaires. Plusieurs entreprises et start-up liées à ce secteur sont implantées en Suisse. La Suisse bénéficie aussi d’une réputation d’excellence en matière d’horlogerie et reste, après une adaptation à l’innovation, une référence mondiale. Le secteur touristique apporte aussi sa pierre à la richesse nationale, participant en moyenne à 3% du PIB sur ces dernières années.

Travailler

Les rémunérations peuvent varier considérablement d’un secteur ou d’un canton à l’autre. C’est aussi le cas du salaire minimum qui s’applique au niveau cantonal (certains cantons n’en disposent pas). Parfois ce sont les conventions collectives qui le déterminent. Traditionnellement, c’est le canton de Genève qui propose le salaire minimum le plus élevé. Au 1er janvier dernier, il a été revalorisé à 4 368 francs suisses bruts, soit un plus de 4 400 euros pour quarante-deux heures de travail hebdomadaire.

Toutefois, le faible taux de chômage dans l’ensemble du territoire – estimé à 4,3% de la population active au premier trimestre 2023 par l’Office fédéral de la statistique suisse – rend difficile l’obtention d’un poste et les offres d’emploi font souvent l’objet d’une sélection drastique. Les ingénieurs en informatique, les programmeurs, les chefs de projet, les experts en technologies de l’information font partie des professionnels les plus recherchés, particulièrement dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité. Le milieu de la finance recherche régulièrement des gestionnaires de compte, des analystes financiers et plus largement des comptables et experts-comptables.

> Quels sont les secteurs qui recrutent en Suisse ?

Comme dans d’autres pays européens vieillissants, les médecins, les infirmières et autres professionnels de la santé sont bienvenus dans de nombreux hôpitaux et cliniques privées. Le pays est par ailleurs en demande d’ingénieurs en génie civil ou en mécanique pour travailler dans le domaine de l’aéronautique ou de l’automobile. De nombreux ouvriers qualifiés (charpentier, soudeur, électricien, etc.) sont aussi attendus.  Les professionnels de l’hôtellerie-restauration et du tourisme peuvent tenter leur chance en Suisse, notamment au sein de structures de haut standing qui recrutent des cuisiniers, des chefs cuisiniers ou des gestionnaires d’hôtel. Il en est de même dans le domaine de la vente où l’on recherche des conseillers de vente et des employés dans les commerces de détail. Le tourisme, quant à lui, sollicite périodiquement du personnel, notamment dans les stations de ski. Le pays a en outre un besoin régulier de personnel de maison.

> Trouver un emploi en Suisse

La Suisse dispose de plusieurs sites ou applications permettant la recherche d’emploi:

  •   Xing, réseau professionnel similaire à LinkedIn, qui y est très utilisé;
  • Jobup.ch, un portail fourmillant d’offres d’emploi et principalement axé sur la Suisse romande;
  • Yooture, une application pour mobile permettant de rechercher un emploi en Suisse avec un filtrage possible de localisation géographique;
  • CareerLunch qui donne accès à une liste d’entreprises souvent importantes, désireuses de participer à des lunchs informels avec des candidats;
  • My-Swiss qui propose des offres d’emploi mais aussi des informations et un accompagnement par des conseillers spécialisés. On y trouve aussi un espace consacré aux travailleurs frontaliers;
  • Synergie Suisse, un réseau de six agences spécialisées dans le recrutement à l’étranger;
  • « Travailler en Suisse » qui a diffusé la liste de 450 entreprises et multinationales susceptibles de recourir à des candidatures spontanées.

Étudier

Chaque canton gère son réseau d’éducation et de formation. La langue d’enseignement principal peut donc différer. Le baccalauréat français suffit pour intégrer une université. Il faut en faire la demande auprès de l’établissement choisi qui, après validation, permet d’obtenir un titre de séjour délivré par les services communaux et permet de résider dans le pays tout en octroyant le droit de travailler à hauteur de 50% pendant ses études.

Le pays abrite des universités réputées telles que l’Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP) et l’Institut universitaire des hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève. Il existe aussi deux écoles polytechniques, à Zurich et à Lausanne. Le pays est aussi très reconnu pour la qualité de ses écoles hôtelières qui forment non seulement aux pratiques professionnelles, mais proposent aussi un enseignement au management de structures hôtelières.

Investir et entreprendre

Les secteurs propices à l’investissement sont la finance mais aussi et surtout les entreprises spécialisées dans la fabrication d’équipements de divers secteurs (construction, chimie et pharmacie, médical, alimentation, horlogerie, etc.). La Suisse, encourageant l’innovation et la recherche et développement dans les domaines des nanotechnologies, biotechnologies ou des technologies d’informations et télécommunications, font de ces secteurs des pistes sérieuses à envisager pour qui souhaite investir ou créer une entreprise.

Le portail EasyGov.swiss dépendant du secrétariat d’état à l’économie, centralise les demandes électroniques d’inscription auprès des autorités. Il est à noter que chaque canton peut fournir différents conseils et aides pour la recherche de locaux et permet de trouver le bon interlocuteur au sein des administrations.

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