Leena Lecointre
2 février 2024

« Les demandes d’Erasmus pour les apprentis ont augmenté de 30% » (Erasmus+)

Les mobilités d’élèves en apprentissage ou en alternance sont en plein essor., d’où la décision du Parlement d’adopter en décembre dernier une loi visant à favoriser un « Erasmus de l’apprentissage ». Cette loi permet notamment de pallier les différences de réglementations concernant les contrats d’apprentissage entre les pays. Français à l'étranger s'est entretenu avec Nelly Fesseau, la directrice de l’agence Erasmus+ France Éducation Formation.

Français à l’étranger : En quoi consiste le programme de mobilité Erasmus+ pour les apprentis et les alternants ?  

Nelly Fesseau : Il s’agit d’un programme à destination des élèves de lycées professionnels, de BTS, ainsi que des étudiants du supérieur, notamment les masters en alternance. Comme les autres branches d’Erasmus+, les apprentis et alternants constituent un dossier pour un projet de mobilité européenne, afin d’obtenir une bourse. Pour cette catégorie, les montants financés varient entre 300 € et 600 € par mois, qui visent à couvrir les frais de transports et d’hébergement une fois sur place. Il s’agit généralement de mobilités sur des périodes de moins de trois mois : seuls 12% des effectifs partent pour trois mois ou plus, et ce sont majoritairement des élèves du supérieur. En revanche, le format du projet dépend complètement de l’établissement et de ses modalités pédagogiques. Certaines universités proposent des mobilités dans des universités européennes partenaires, ou encouragent la réalisation d’un stage à l’étranger. Quant aux établissements de formation et enseignements professionnels, ils permettent généralement des mobilités sous forme de stage à l’étranger, ou encore d’échanges de groupes avec d’autres organismes de formations. 

Quelle proportion d’apprentis et d’alternants participent à ces projets de mobilités ?

Parmi les quatre programmes que regroupe Erasmus+, le secteur de l’enseignement et de la formation professionnelle fait partie de ceux qui ont connu la plus forte croissance, avec celui de l’enseignement scolaire (classes du 1er et 2nd degré). Les demandes d’Erasmus pour les apprentis et alternants ont augmenté de 30% ces dernières années, avec environ 25 000 mobilités d’apprenants par an, répartis de manière équivalente entre lycéens et étudiants post-bac. En revanche, pour les enseignements du supérieur, nous observons que la majorité des mobilités proviennent des écoles d’ingénieur ou d’instituts polytechniques, car les études scientifiques sont plus faciles à transposer d’un pays à l’autre. 

Quels sont les principaux enjeux des mobilités d’apprentis ? 

L’apprentissage et l’alternance ne sont pas perçus ni gérés de la même manière en France et ailleurs en Europe. À titre d’exemple, les apprentis français ont avant tout un statut d’élève, ce qui n’est pas le cas en Allemagne où ils sont considérés comme travailleurs par exemple. Ces variations entre pays nécessitent donc de travailler de manière très rapprochée avec les autres pays européens, mais aussi de faire évoluer la législation nationale pour favoriser ces échanges. C’est la raison pour laquelle nous avons particulièrement travaillé sur la loi du 27 décembre 2023 pour un « Erasmus de l’apprentissage ». Elle vise à lever les freins à la mobilité des apprentis en Europe et à favoriser la possibilité de faire des stages plus longs dans d’autres pays européens. Nous avons également lancé en novembre 2023 la première rencontre européenne sur la mobilité des apprentis en Europe à Bordeaux, qui a réuni des professionnels et représentants du réseau de 27 pays d’Europe. Une nouvelle édition de cet événement est prévue cette année entre le 12 et le 14 novembre 2024. 

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