Français à l'étranger
11 juin 2025

Métiers en tension : des opportunités pour les expatriés en quête de retour

Alors que de nombreux secteurs peinent à recruter, le retour de Français de l’étranger apparaît comme une solution stratégique. D’autant que ces candidats peuvent bénéficier d’un régime fiscal avantageux, conçu pour attirer les talents : le dispositif des impatriés.

L’arrêté publié au Journal officiel le 22 mai 2025 actualise la liste des métiers dits « en tension », c’est-à-dire ceux pour lesquels les employeurs peinent à recruter. Un indicateur stratégique pour les expatriés en quête de débouchés : ces professions offrent souvent des voies d’accès simplifiées, parfois assorties de dispositifs de formation ou d’intégration. Les besoins varient selon les territoires. En Île-de-France, la demande se concentre sur les aides-soignants, les infirmiers et les techniciens en maintenance. En Auvergne-Rhône-Alpes, le bâtiment reste sous tension, tandis que la Bretagne peine à attirer dans les métiers agricoles et maritimes. Dans les Pays de la Loire, ce sont les professionnels de la restauration et des services à la personne qui manquent à l’appel.

Retrouvez la liste complète des métiers en tension par région ici.

Une pénurie généralisée à l’échelle européenne

La France n’est pas un cas isolé. À l’échelle européenne, la pénurie de main-d’œuvre s’impose comme une tendance de fond. Selon le rapport EURES 2023 sur les déséquilibres du marché du travail, publié par l’Autorité européenne du travail, de nombreux États membres peinent à pourvoir des postes dans les mêmes secteurs : construction, soins de santé, métiers techniques et technologies de l’information. Ce déficit s’explique selon le rapport par une combinaison de facteurs structurels : transition écologique et numérique, conditions de travail jugées peu attractives, inadéquation entre les compétences des candidats et les besoins des employeurs.

Certaines professions apparaissent particulièrement exposées. Conducteurs de poids lourds, infirmiers, médecins spécialistes, électriciens, couvreurs, serveurs ou encore ouvriers du bâtiment font partie des métiers les plus affectés. Le rapport souligne également une répartition inégale entre les sexes : plus de 60 % des personnes en emploi dans les métiers en surplus sont des femmes, contre à peine 27 % dans les métiers en tension. Une inégalité qui renforce les écarts d’accès aux opportunités professionnelles.

Enfin, la faible part de jeunes travailleurs dans certaines de ces professions laisse craindre une aggravation des pénuries à moyen terme, au fur et à mesure des départs à la retraite. Autant de signaux qui, pour les expatriés désireux de revenir en France, peuvent se transformer en portes d’entrée vers des secteurs en demande.

Un retour fiscalement attractif

Pour encourager le retour de ses expatriés, la France mise aussi sur des incitations fiscales. Le régime des impatriés, en vigueur depuis 2008, permet aux talents recrutés à l’étranger ou mutés depuis une filiale étrangère d’un groupe d’exercer en France tout en bénéficiant d’un allègement fiscal pendant huit ans.

Ce dispositif s’adresse aux personnes n’ayant pas été résidentes fiscales en France au cours des cinq années précédentes. Il prévoit une exonération d’impôt sur une partie de la rémunération – définie contractuellement ou via un abattement forfaitaire de 30 % – ainsi que sur certains revenus de source étrangère. Les biens immobiliers détenus à l’étranger échappent également à l’impôt sur la fortune immobilière pendant cinq ans.

Ce régime présente aussi un intérêt pour les employeurs, avec une possible exonération partielle de taxe sur les salaires, voire de certaines cotisations sociales sur la prime d’impatriation. Aucune demande préalable n’est nécessaire, mais les conditions doivent être rigoureusement encadrées dans le contrat.

Pour sécuriser leur situation, les futurs impatriés peuvent solliciter un rescrit fiscal. Un outil précieux, notamment pour les cas complexes, afin d’éviter tout litige lors d’un éventuel contrôle. Trop souvent ignoré, ce dispositif peut faire la différence dans un projet de retour bien préparé.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur impots.gouv.fr

share Partager

Etudier et travailler

Infirmiers : partir à l’étranger pour mieux vivre son métier

En France, le mal-être des soignants n'est plus un secret. Avec des salaires parmi les plus bas de l’OCDE (inférieurs de 10 % au salaire moyen national) et des conditions de travail dégradées, l'expatriation devient pour beaucoup une soupape de sécurité. Que ce soit en Europe ou vers des horizons plus lointains, les infirmiers français s'exportent pour retrouver le sens de leur mission.

Etudier et travailler

180 salariés, 80 villes, 0 bureau : la recette 100 % "digital nomad" de Swapcard

« Lors du séminaire au Portugal, il y avait près de la moitié des personnes que je n’avais jamais rencontrées physiquement, bien qu’on travaille ensemble depuis quatre ans » , raconte Godefroy Colas des Francs, 38 ans, fondateur de Swapcard. S’il s’en émeut, c’est parce que son entreprise a pris une forme peu banale : les 180 salariés sont dispersés dans une trentaine de pays. Une organisation entièrement en "full remote", devenue l’ADN même de cette entreprise française de l’événementiel digital.

Etudier et travailler

La « nouvelle guerre scolaire » gagne les établissements de l’étranger

Depuis quelques mois, parents et syndicats enseignants dénoncent des hausses des frais d’inscription dans les établissements français à l’étranger. En toile de fond, un débat plus large s’installe : celui de l’évolution du modèle de l’enseignement français à l’étranger, entre pilotage public historique et montée en puissance d’acteurs privés.

Actualités internationales
Etudier et travailler
Vie pratique

Quels sont les meilleurs passeports du monde ?

Selon le dernier baromètre du cabinet de conseil britannique Henley & Partners, Singapour arrive à nouveau en tête du classement. La France recule légèrement, en raison surtout d’une méthodologie particulière.

Actualités internationales
Etudier et travailler
Vie pratique

Bourses scolaires à l’étranger : c’est maintenant !

La campagne est désormais bien lancée. Les dates limites pour déposer un dossier d’aide varient en fonction de chaque consulat français dans le monde.