Frédéric Lassaigne
20 janvier 2026

Abu Dhabi et Doha remplaceront-ils bientôt Dubaï ?

Devenu trop bling-bling et surtout trop cher pour les étrangers, de plus en plus d’expatriés quittent la grande métropole du Moyen-Orient pour d’autres émirats au luxe moins tapageur.

C’est avant tout pour des raisons financières qu’ils partent. Au Qatar, par exemple, les loyers sont 30 % moins chers qu’à Dubaï. Selon le Dubaï Land Department, l’institution chargée de réguler l’immobilier, entre 2023 et 2025, ils ont augmenté en moyenne de 28 % pour les villas et de 18 % pour les appartements. « De nombreux Français en particulier et des Occidentaux en général, trouvent que Doha offre un cadre de vie plus calme, plus familial et plus sécurisé, observe Mohammed El Hachemi, développeur d’affaires pour le groupe d’immobilier d’entreprise Cushman et Wakefield. Le rythme de vie moins rapide et la circulation routière plus fluide rendent le quotidien plus agréable et laissent davantage de temps pour profiter de moments de qualité en famille. »

Mohammed El Hachemi : « De nombreux Français, Occidentaux en général, souvent musulmans ou issus d’autres religions, trouvent que Doha offre un cadre de vie plus calme. »

L’héritage du Mondial 2022

Dans le but d’attirer les riches étrangers, le Qatar a lancé un « golden visa » permettant d’obtenir la résidence permanente en échange d’un investissement immobilier d’au moins un million de dollars, donnant aussi accès à des soins de santé et aux écoles publiques qataries. « Les infrastructures, les réseaux routiers, le métro et les hôpitaux sont excellents au Qatar, promet M. El Hachemi. Ils ont été développés ou améliorés pour la Coupe du monde de football 2022 et sont désormais pleinement au service des résidents. » Moins coûteux, le « green visa », disponible lui dans tous les Émirats arabes unis (UAE), propose un permis de séjour de cinq ans renouvelable pour tout travailleur indépendant étranger dont le salaire mensuel dépasse les 3 500 euros.

Acheter plutôt que louer

Abu Dhabi aussi mise sur l’ambiance familiale pour attirer les étrangers. « Il y a des familles qui déménagent pour les écoles, observe Malika Barnous, agent immobilier depuis 2002 dans l’émirat. Il y a beaucoup de jardins et d’animations pour les familles, comme le Grand Prix de Formule 1 et bientôt un parc Disney. Nous avons beaucoup de jeunes qui viennent étudier à la Sorbonne. » De plus, l’accès à un permis de résidence et de travail s’est amélioré. « Au sein de la communauté française, ajoute M. El Hachemi, beaucoup préfèrent acheter plutôt que louer, car ils envisagent souvent un séjour à long terme. »

Jérôme Baden : « Beaucoup de familles quittent Dubaï pour s’installer à l’entrée d’Abu Dhabi, à Yas Island, l’île des loisirs. »

Dubaï et le casse-tête des embouteillages

60 000 Français environ vivent aux Émirats, dont les deux tiers à Dubaï et le reste à Abu Dhabi, ce qui en fait la deuxième communauté occidentale derrière les Britanniques. « Beaucoup de familles quittent Dubaï pour s’installer à l’entrée d’Abu Dhabi, à Yas Island, l’île des loisirs, promet Jérôme Baden, Breton installé à Abu Dhabi depuis 2013, directeur d’un cabinet de gestion de patrimoine et président local de l’UFE (Union des Français de l’étranger). Ils se trouvent ainsi à 45 minutes de Dubaï en évitant les embouteillages, qui sont devenus un vrai casse-tête. » Si Dubaï a attiré beaucoup d’étrangers ces dernières années, c’est parce que c’est la seule mégapole dans le monde à être restée ouverte malgré la pandémie de Covid-19. « Historiquement, l’immobilier était plus cher à Abu Dhabi qu’à Dubaï, assure M. Baden, mais la tendance s’est inversée progressivement après le Covid et Dubaï a augmenté ses loyers de 40 % en moyenne. Ils sont donc plus chers désormais de 15-20 % par rapport à Abu Dhabi. »

share Partager

Actualités internationales

Immigration aux États-Unis : Donald Trump suspend à nouveau la loterie de la carte verte

La nouvelle est décevante pour des milliers de Français qui voulaient tenter leur chance cette année, mais pas surprenante. L’administration Trump a annoncé, ce vendredi 19 décembre, la suspension du Diversity Immigrant Visa program (DV1), le programme de délivrance de « visa diversité » par tirage au sort, autrement dit la loterie de la carte verte.

Actualités internationales

Tourisme, transports, lois locales : tout ce qui change aux États-Unis en 2026

Le début de l’année voit l’entrée en vigueur de nouvelles lois, fédérales et locales, certaines inédites aux États-Unis, qui vont marquer votre quotidien. En matière de tourisme et de transports, des nouveautés également. Petit tour d’horizon de ce qui change en 2026.

Actualités internationales

L’immigration européenne au Royaume-Uni en baisse: mais qu’en est-il des Français?

L’immigration européenne continue de baisser au Royaume-Uni. L’an dernier, le solde net était déjà négatif l’an dernier avec 71,000 immigrés européens en moins.

Actualités internationales

« On ne lâchera pas », le combat de ceux que le Québec a laissés tomber

Ils se sentent trahis, sont forcés de vivre dans l’incertitude et refusent de se taire. Depuis l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) – la voie principale qui permettait aux résidents temporaires d’obtenir la résidence permanente – des milliers de personnes descendent dans les rues et exhortent le gouvernement Legault à revenir sur sa décision, ou, à défaut, à appliquer une « clause grand-père » pour celles et ceux qui avaient déjà bâti leur vie ici.

Actualités internationales

Assises de la protection sociale : et maintenant ?

Pendant six mois, les Français de l’étranger ont été invités à s’exprimer par internet sur l’avenir de leur protection sociale à travers une consultation citoyenne inédite.