Frédéric Lassaigne
3 février 2026

Bourses scolaires à l’étranger : c’est maintenant !

La campagne est désormais bien lancée. Les dates limites pour déposer un dossier d’aide varient en fonction de chaque consulat français dans le monde.

Ces aides financières sont attribuées chaque année par l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) aux familles, en fonction de leur situation et de leurs ressources, afin de les aider à s’acquitter de tout ou partie des frais de scolarité pour leurs enfants. « Ces aides sont versées sous forme de bourses, dans la limite des moyens budgétaires disponibles, et directement aux établissements dans lesquels sont scolarisés les élèves bénéficiaires », précise l’AEFE.

Pour déposer un dossier, les familles peuvent créer un compte sur la plateforme Scolaide et y remplir les formalités nécessaires. « Pour nous, la bourse couvre environ 45 % des frais de scolarité de notre fils, plus de la moitié de ses frais de transport jusqu’à l’école et une partie des fournitures », témoigne Florian Fraix-Bavuz, consultant pour une entreprise de reforestation installé à Tamatave, sur la côte est de Madagascar et père de Matthias, 4 ans et demi.

Deux démarches distinctes

Ces aides sont réservées aux enfants de nationalité française âgés d’au moins trois ans et résidant avec leur famille (au moins l’un des parents) à l’étranger. Ils doivent également être inscrits au registre mondial des Français établis hors de France et, en règle générale, scolarisés dans un établissement homologué par le ministère de l’Éducation nationale (AEFE ou Mission laïque française). La famille ne doit pas percevoir d’allocations familiales en France. Précisions que l’inscription à l’établissement scolaire et la demande de bourse sont deux démarches distinctes.

L’obtention d’une bourse ne garantit donc pas automatiquement l’inscription de l’enfant. « C’est une grande aide, affirme M. Fraix-Bavuz, âgé de 36 ans, marié à une Malgache et originaire de Fresnes, en Île-de-France. Sans cette bourse, notre fils n’aurait pas pu aller au lycée français d’Ambatobe (photo), sauf à ne travailler que pour payer ses études. Une école locale malgache,  je n’avais vraiment pas le cœur à cela, le niveau est trop bas. Sans la bourse, on l’aurait inscrit dans une école internationale mais non homologuée par l’État français. »

Visite de contrôle

Ces bourses font l’objet d’un réexamen chaque année. En plus de la situation familiale du demandeur et des ressources de la famille, il est également tenu compte de son patrimoine mobilier et immobilier selon un barème d’attribution. Une enquête sociale (visite à domicile) peut être diligentée par les services consulaires à tout moment. « C’est parfaitement honnête, approuve M. Fraix-Bavuz. Ils demandent les salaires et les comptes en banque. Comme à Madagascar, il y a beaucoup de travail au noir, c’est normal. Tout le monde truande, c’est le jeu ! On a aussi eu une visite de contrôle à la maison mais je n’ai pas trouvé cela intrusif.  »

Seul impératif : se présenter physiquement lors du dépôt de dossier à Tananarive, la capitale. Le Français suggère que les lycées français et écoles homologuées préviennent directement les nouveaux inscrits de la marche à suivre pour solliciter une bourse d’étude. Certains parents ignorent jusqu’à l’existence de cette aide accordée par l’Etat français. La décision d’attribution ou de rejet de la demande relève de l’AEFE. La notification est faite par le poste consulaire. A noter que le rejet d’une première demande, peut faire l’objet d’une révision.

Florian Fraix-Bavuz à Madagascar : « Sans cette bourse, notre fils n’aurait pas pu aller au lycée français d’Ambatobe, sauf à ne travailler que pour payer ses études. »

Hémisphère nord et sud

La date limite de dépôt des demandes varie d’un consulat à l’autre. Les dossiers sont par exemple recevables jusqu’au 4 mars à Montréal. « Pour les établissements suivant le rythme de l’hémisphère nord (année scolaire de septembre à juin), la 1ère campagne de bourses se tient de décembre à février, en fonction des postes, précise l’AEFE. Le rythme Sud est lui adossé au calendrier scolaire austral (sur une même année civile, période de février à décembre). »

Les bourses scolaires couvrent principalement les frais de scolarité et d’inscription ainsi que certaines dépenses annexes (transport scolaire, manuels). Elles ne financent pas, en revanche, les activités extra-scolaires et le montant peut varier d’une année à l’autre, même pour des situations similaires.

share Partager

Vie pratique

CLEISS : l’ingénierie invisible qui protège vos droits à l’étranger

Le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale fait partie de ces institutions que beaucoup de Français de l’étranger découvrent lorsqu’un dossier se complique. Le CLEISS joue pourtant un rôle essentiel : faire dialoguer les organismes français et étrangers pour préserver la continuité des droits sociaux au-delà des frontières.

Actualités internationales
Sport

Michel Disdier, le Niçois qui fait rugir les circuits ovales de NASCAR

De ses rêves d'enfant sur les genoux de son père au volant, jusqu'aux tribunes bondées de Daytona, Michel Disdier trace depuis plus de vingt ans une route unique : celle du seul pilote français en NASCAR depuis 1978. Portrait d'un Niçois qui a fait de l'obstination une méthode.

Vie pratique

Peut-on vraiment imaginer une carte Vitale mondiale ?

L'idée est séduisante : un identifiant unique qui suivrait les Français partout dans le monde, leur garantissant une continuité de droits médicaux de Paris à São Paulo. Mais juridiquement, économiquement et politiquement, cette vision se heurte à des obstacles considérables. Examen de ce qui existe déjà — et de ce qui résiste.

Actualités internationales

France Identité s’étend aux Français de l’étranger

Un nouveau dispositif de certification dans une mairie, un consulat ou une ambassade permet d’accéder au service bien utile quand on vit à des milliers de kilomètres de la France.

Vie pratique

Téléconsultation & IA : l'assistance médicale, un filet de sécurité en temps réel

La santé connectée n'est pas née avec la pandémie. Mais depuis, les expatriés y recourent plus tôt, pour des situations plus variées, et attendent de leur assureur bien plus qu'un remboursement. Entre téléconsultation, intelligence artificielle et réseaux médicaux mondiaux, le soin à distance change de visage.