Exit le Portugal ou l’Espagne, traditionnellement en tête de ce hit-parade basé sur la qualité de vie, c’est la Grèce qui monte pour la première fois sur la première marche du podium. Il faut dire que la République hellénique bénéficie cette année d’un incroyable alignement des planètes, avec une économie en croissance (+2,3%), un système de santé accessible et un coût de la vie toujours inférieur à une grande partie de l’Europe occidentale. « C’est un cadre de vie exceptionnel, s’enthousiasme Estève Speranza, originaire d’Aix-en-Provence et depuis deux ans à la tête à Athènes de la filiale des laboratoires Servier pour la Grèce et Chypre. La nature et la mer sont très présentes et le patrimoine extrêmement riche. On pense souvent aux îles mais la Grèce offre de magnifiques découvertes partout dans le pays. Comme beaucoup de pays méditerranéens, la société grecque est très centrée sur la famille. »
Avec 300 jours d’ensoleillement par an, côté logement, on trouve facilement une maison en bord de mer de 800 à 1000 euros par mois, note le magazine. Le sujet des visas joue aussi en faveur de la Grèce, avec notamment un « golden visa » remanié et un autre pour les nomades numériques. Mais la Grèce n’est plus un pays bon marché, prévient aussi le Français : « Il faut oublier l’image d’un pays en crise, même si les salaires restent bas. Le taux de chômage est autour de 8 à 9 %. Économiquement, c’est une des économies les plus dynamiques de la zone. Il y a énormément d’investissements étrangers. » Conséquence de la crise, la communauté française compte une part importante de retraités mais la situation est en train de changer avec l’arrivée de nouvelles sociétés, dont des start-ups. Certaines établissent même en Grèce leur siège régional pour les Balkans ou la Roumanie.
Montée en gamme dans le tourisme
« Il y a une attractivité nouvelle, essentiellement dans les grandes villes comme Athènes et Thessalonique », observe M. Speranza. La plupart des grandes multinationales françaises sont présentes ici avec une particularité, la montée en gamme de l’industrie du tourisme. Le secteur de la tech et du numérique sont aussi bien représentés avec le transport maritime et les énergies renouvelables (ENR). L’un des atouts de la Grèce est sa proximité géographique avec la France et un cadre juridique et réglementaire européen, ce qui simplifie les démarches.
Seul bémol, si le climat est généralement très agréable, les étés sont de plus en plus souvent caniculaires : « Il fait chaud, trop chaud, reconnaît M. Speranza. Comme Rome ou Istanbul, Athènes est entourée de sept collines. Bien qu’en bord de mer, c’est étouffant en plein cœur de l’été mais je m’attendais, ceci dit, à davantage de pollution. Dans la lutte contre les incendies, les moyens restent faibles et mal organisés. » Autre point d’attention : les Grecs sont très chaleureux et accueillants, mais la langue reste un obstacle, en particulier pour le conjoint qui recherche du travail et pour s’intégrer au niveau de la société grecque de façon générale. La Grèce possède aussi une culture particulière marquée par l’Orient à ses origines.
Le Panama, un hub entre Amérique et Caraïbes
Deuxième du classement, le Panama s’impose également grâce à une stabilité économique reconnue et à un cadre de vie attractif. « Pour un investisseur, l’un des grands atouts du Panama est stabilité monétaire avec l’usage du dollar, ainsi qu’un environnement institutionnel prévisible », explique Nelson Simoes, originaire de Marseille et installé là-bas depuis plus de 11 ans, qui dirige aujourd’hui une société spécialisée dans l’accompagnement à la relocation au Panama. Il est également directeur d’une entreprise de recrutement et de conseil dédiée aux secteurs industriels. « Le pays joue également un rôle de « hub » entre les Caraïbes, l’Amérique du nord et l’Amérique du sud, grâce à son canal et à ses infrastructures logistiques. »
Comme dans les autres pays de la région, le climat se divise entre une saison des pluies et une saison sèche, généralement moins marquée que dans certaines régions tropicales. « Il existe une qualité de vie intéressante à condition de bien connaître le pays », précise M. Simoes, également président de Panama Accueil. Comparé à une grande partie de l’Amérique latine le Panama est perçu comme relativement sûr, même si une vigilance reste nécessaire dans certaines zones urbaine. Les Français installés au Panama sont de plus en plus des jeunes actifs, notamment dans le numérique et les services, attirés par les opportunités professionnelles et le positionnement régional du pays. Le Panama accueille également des entrepreneurs plus expérimentés, venus se réinventer en rachetant des affaires, des hôtels ou des structures touristiques, notamment dans les zones côtières et les Caraïbes.
Manque d’infrastructures et de promotion
L’économie panaméenne repose principalement sur les services, le canal, la logistique, la banque, la finance et l’exportation de produits agricoles comme les bananes et les ananas. « Le tourisme reste encore en développement », observe Nelson Simoes. « Le Panama dispose d’un fort potentiel naturel, mais il manque parfois d’infrastructures et de promotion à l’international, alors que les opportunités sont bien réelles. » Environ 3 000 Français vivent aujourd’hui au Panama, qui abrite également une importante communauté chinoise. Le Costa Rica complète le podium.
A noter que sur les 1 500 lecteurs interrogés lors de cette enquête annuelle d’International Living, 66 % répondent que le climat politique actuel aux États-Unis avec le retour de Donald Trump les incite à envisager plus tôt que prévu d’aller s’installer à l’étranger.






