Marjorie Philibert
11 février 2026

Fiscalité au Panama : un cadre attractif pour les expatriés

Le Panama s’est imposé comme l’une des destinations les plus compétitives d’Amérique latine sur le plan fiscal. Le pays a construit un système lisible, pensé pour attirer talents, entrepreneurs et profils internationaux. Une stratégie assumée, qui participe directement à l’attractivité du pays.

Cet article fait partie du dossier Le Panama, bien plus qu’un canal. Téléchargez l’intégralité de ce dossier au format PDF : Guide gratuit à télécharger : le Panama, bien plus qu’un canal : [not set]/14

Un principe clé : la fiscalité territoriale

Le Panama applique un système de fiscalité territoriale. Concrètement, seuls les revenus générés sur le territoire panaméen sont imposables au Panama. Les revenus provenant de l’étranger — salaires, dividendes, pensions, loyers ou plus-values perçus hors du pays — ne sont pas soumis à l’impôt local.

Ce principe constitue l’un des piliers du modèle panaméen. Il concerne aussi bien les personnes physiques que les entreprises, et explique l’installation de sièges régionaux, de holdings ou de structures tournées vers l’international. Il fait partie de l’attrait du pays auprès des expatriés salariés, des digital nomades et des entrepreneurs. Il permet d’organiser ses revenus dans un cadre stable, sans double imposition locale sur les flux étrangers, et de se projeter à moyen ou long terme avec une bonne visibilité.

Un environnement très favorable aux entrepreneurs

Pour les entreprises opérant localement, le Panama affiche une fiscalité compétitive. L’impôt sur les sociétés est fixé à 25 %, avec des régimes spécifiques pour certaines activités liées au commerce international, à la logistique ou aux services régionaux.

La création d’une société est rapide, les démarches administratives sont relativement fluides, et l’écosystème local — avocats, comptables, conseillers — est parfaitement rodé à l’accompagnement d’une clientèle étrangère. Les charges sociales restent limitées comparées à l’Europe, tant pour les salariés que pour les employeurs, ce qui rend le coût du travail plus compétitif et favorise l’emploi local.

Camille Four, président de la CCI France Panama, explique ainsi : « Les démarches pour créer sa société sont extrêmement simples. Au Panama, on peut créer sa société en une semaine. Pour ouvrir un compte bancaire, si on réunit les documents demandés, cela peut aller aussi très vite ».

Cette efficacité explique pourquoi de nombreuses structures choisissent Panama City comme base régionale pour leurs activités en Amérique latine. À cela s’ajoute un atout majeur : l’économie panaméenne est dollarisée. Pour les expatriés, cela signifie stabilité monétaire, absence de risque de change et visibilité accrue sur les flux financiers — un élément rassurant dans un contexte international parfois incertain.

Retraites et revenus passifs

Le Panama est également réputé pour son traitement favorable des pensions de retraite, qui bénéficient d’exonérations ou d’avantages spécifiques selon leur origine. Cette dimension contribue à l’installation durable de retraités étrangers, mais aussi de profils plus jeunes disposant de revenus passifs ou patrimoniaux.

Un cadre conforme aux standards internationaux

Contrairement à certaines idées reçues, le Panama a profondément réformé son cadre fiscal et financier au cours des dernières années. Coopération internationale, transparence accrue, obligations déclaratives renforcées : le pays s’est aligné sur les standards internationaux, tout en conservant les fondements de son attractivité.

Pour les expatriés français, cela implique de bien structurer leur situation — notamment au regard de la fiscalité française — et de s’entourer de conseils compétents. Il est ainsi fortement recommandé de prendre un avocat, qui pourra vous assister dans toutes vos démarches.

Romain Dromard, dirigeant du groupe KB Family Office, spécialisé dans la gestion de patrimoine, nous livre son analyse : « Le Panama est particulièrement intéressant pour les expatriés à haut patrimoine, car l’ensemble des revenus liés au capital ne sont pas imposables » Sur l’immobilier, l’impôt sur la plus-value est relativement faible : « Pour les investisseurs immobiliers qui se livrent à des opérations d’achat-revente, l’impôt à la revente est de 5% environ, ce qui demeure très intéressant »

La fiscalité n’est évidemment pas le seul argument en faveur du Panama. Mais elle en est l’un des piliers. En combinant territorialité, stabilité monétaire et simplicité administrative, le pays offre un environnement cohérent pour mener des projets professionnels ou organiser une retraite à l’international.

Dossier Panama - Février 2026

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