Marjorie Philibert
13 février 2026

Du métro aux aéroports, Sofratesa, vitrine de l’ingénierie française au Panama

Dans l’univers discret mais stratégique des grandes infrastructures d’Amérique latine, Sofratesa s’est imposée comme un acteur de référence. Présent depuis plus de trente-cinq ans dans la région, le groupe incarne une réussite entrepreneuriale française, étroitement liée à l’histoire récente du Panama et à sa modernisation accélérée.

Cet article fait partie du dossier Le Panama, bien plus qu’un canal. Téléchargez l’intégralité de ce dossier au format PDF : Guide gratuit à télécharger : le Panama, bien plus qu’un canal : [not set]/14

L’origine de l’entreprise est indissociable du parcours de Joan Giacinti, entrepreneur d’origine corse, arrivé en République dominicaine il y a près de cinquante ans comme coopérant dans le cadre de son service militaire. Il devient par la suite représentant local pour de grandes entreprises françaises du BTP, notamment Bouygues, avant de fonder Sofratesa. La société se spécialise dans la conception, la construction et la maintenance d’infrastructures de télécommunications, appliquées aux transports, à l’aéronautique et aux réseaux urbains.

Le cœur d’activité de Sofratesa repose sur l’intégration de systèmes complexes : signalisation ferroviaire, télécommunications, contrôle-commande, systèmes d’aide à la navigation aérienne, équipements de sécurité et de supervision. L’entreprise se positionne comme un intégrateur industriel, capable d’assurer la continuité entre ingénierie, installation et exploitation.

Le tournant majeur intervient au début des années 2000, lorsque Joan Giacinti supervise la construction du métro de Saint-Domingue, inauguré en 2004. Le succès du projet attire l’attention des autorités panaméennes. Le président du Panama sollicite alors son expertise pour lancer un chantier similaire à Panama City. Joan Giacinti devient l’homme-clé du métro de Panama, dont Sofratesa réalise les lignes 1 et 2.

Pour mener à bien ce projet structurant, l’entreprise s’appuie sur un savoir-faire industriel français de pointe, en sollicitant notamment Alstom et Thales pour la machinerie lourde, la signalisation et les systèmes de contrôle. Le métro de Panama devient ainsi une vitrine de l’expertise française à l’export, dans un pays en pleine transformation urbaine.

Sofratesa s’illustre également dans le secteur de l’aéronautique civile, autre pilier de son activité. Au Panama, l’entreprise a participé à la modernisation du centre de contrôle de l’aéroport international de Tocumen, en y déployant des systèmes d’aide à la navigation aérienne radio, essentiels à la sécurité et à la fluidité du trafic. « Les avions atterrissent à l’aéroport de Tocumen grâce à des entreprises françaises », souligne Dominique Giacinti, le fils de Joan, aujourd’hui vice-président du groupe.

Après avoir travaillé pour plusieurs entreprises en Amérique latine, Dominique Giacinti est revenu au board de Sofratesa il y a six ans. Le groupe a aujourd’hui son siège au Panama, avec un siège opérationnel à Saint-Domingue, et rayonne dans toute la région : République dominicaine, Équateur, Colombie, Chili, Argentine, Mexique, ainsi qu’en Espagne.

Pour lui, l’ancrage panaméen de Sofratesa s’inscrit dans une histoire plus large. « Panama et la France, c’est une très belle histoire d’amour, liée à la construction du canal. Ici, beaucoup de Panaméens portent encore des noms français, notamment à Boquete », observe-t-il. Il insiste aussi sur la difficulté d’accès au marché local : « Ici, c’est dur de s’implanter. Le monde des affaires est exigeant. Mais une fois installé, les opportunités sont réelles. »

La présence régionale de grands groupes français comme Alstom et Thales, la connectivité offerte par Copa Airlines et la position géographique du pays renforcent cet écosystème. « Panama, c’est la Miami de l’Amérique du Sud », résume Dominique Giacinti, évoquant la facilité de circulation des équipes et des projets à l’échelle continentale.

Selon lui, le succès de Sofratesa repose sur une expertise française reconnue, une capacité d’adaptation aux réalités locales et une identité assumée. « Sofratesa est un groupe très diversifié, mais avec une identité française forte. En France, nous avons une industrie et un savoir-faire qui donnent confiance aux Panaméens. » explique t-il. Il cite en exemple la présence de Veolia dans le traitement de l’eau au Panama, autre illustration de cette confiance accordée aux entreprises françaises.

Dossier Panama - Février 2026

share Partager

Destinations au banc d'essai

Retraite au Maroc : nouvelle vie au soleil pour des milliers de Français

Ils seraient aujourd’hui plus de 61 500 retraités français à avoir posé leurs valises au Maroc (source Cnav), classant ainsi le royaume chérifien au 5e rang des pays de résidence des retraités français hors du territoire national. Et chaque hiver, environ 30 000 retraités supplémentaires viennent y passer la saison froide. Une destination qui séduit par son climat, ses avantages économiques et sa douceur de vivre.

Destinations au banc d'essai

Une communauté française plurielle et en mutation

Avec environ 56 000 Français inscrits au registre consulaire (et environ 80 000 estimés), la communauté française au Maroc constitue l’une des plus importantes au monde.

Destinations au banc d'essai

Partis pour quelques années, restés pour une vie marocaine

Ils pensaient s’installer pour quelques années. Ils y ont construit une vie entière. Sous le soleil d’El Jadida ou dans les zones industrielles en plein essor de Casablanca, leurs trajectoires racontent une même bascule : celle de Français venus tenter une expérience professionnelle et qui n’en sont jamais partis. L’entrepreneur Philippe Baudet et l’agent immobilier Laurent Guinard incarnent deux visages d’une expatriation durable, entre adaptation familiale, intégration progressive et réussites patientes.

Destinations au banc d'essai

Vivre au Maroc : le guide pratique de l’installation

Climat, proximité avec la France, fiscalité attractive et qualité de vie : chaque année, de plus en plus de Français s’installent au Maroc. Retraités, entrepreneurs, étudiants ou cadres y voient une destination accessible. Mais derrière le mirage d’un eldorado, l’installation nécessite une préparation rigoureuse.

Destinations au banc d'essai

Travailler au Maroc : les secteurs qui recrutent

S’installer au Maroc en espérant y décrocher un travail après coup est une idée séduisante… mais risquée. Mieux vaut être recruté depuis la France ou être détaché par son entreprise avant de partir, car l’accès à l’emploi formel favorise prioritairement les ressources locales et nécessite souvent un contrat déjà négocié depuis l’étranger. Le marché marocain a ses propres dynamiques : il sait attirer les talents quand ils apportent une valeur ajoutée claire, mais il reste concurrentiel et exigeant pour un expatrié non préparé.