Vivre le rêve américain
Mélanie est allée rendre visite à la branche américaine de sa famille plusieurs fois quand elle était enfant. « Je connaissais un peu le pays mais je n’y avais jamais vécu et cela me faisait complétement rêver ! » Les films et séries américaines ont, par la suite, d’autant plus renforcé cette idéalisation et l’idée qu’elle se faisait du rêve américain.
Il y a quelques années, Mélanie a franchi le cap. Elle s’est d’abord installée deux mois à Boston chez une de ses amies. « Je n’avais pas de loyer à payer, et j’ai vraiment vécu le rêve américain ! Puis je me suis installée à New York, tout en travaillant comme freelance pour une société française, qui me payait à la française, donc pas au niveau des salaires new yorkais alors que j’avais un loyer élevé. C’était compliqué financièrement. »

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Des difficultés financières et un manque profond
La désillusion commence alors, dès son premier mois à New York. Mélanie n’avait pas les moyens de réellement profiter de la Grosse Pomme et a eu l’impression de ne pas vivre pleinement son expérience. « J’ai vécu de beaux mois à New York mais je m’attendais à pouvoir sortir davantage, visiter le pays. On m’a proposé un contrat de travail mais sans augmentation de salaire, j’ai très vite su que je n’allais pas rester. »
Toutefois, les soucis financiers n’ont pas été le seul déclencheur dans la décision de Mélanie. Après quelques mois, sa famille lui a rendu visite. « Quand ils sont partis, cela m’a rendu très triste. Ma sœur pleurait, elle vivait ma décision de vivre à l’étranger comme un abandon, j’avais beaucoup de peine. Je me suis demandé si je me voyais vraiment commencer une carrière sur un autre continent alors que je suis très famille et que j’ai besoin de les voir souvent. »
Mélanie décide alors qu’elle rentrera vivre en France à la fin de son contrat, trois mois plus tard. « J’ai ressenti un soulagement, je n’aurai plus à m’inquiéter pour l’argent, penser au visa à renouveler, ma vie redeviendra plus simple. » Mais cette décision entièrement voulue et assumée n’a pas pour autant rendu son retour idyllique.

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Un retour malgré tout ambivalent
« La France, ma famille et mes amis me manquaient. Mais quand je suis rentrée, je n’avais plus de travail, plus l’excitation de la découverte d’une nouvelle ville, les premiers temps en France n’ont pas été si simples. Les États-Unis me manquaient beaucoup malgré tout. » Une ambivalence que la jeune femme n’avait pas anticipée.
Un autre point compliqué à digérer pour Mélanie a été de ne plus avoir d’objectif en vue. Pendant longtemps son but avait été de partir vivre à New York. « J’ai réalisé mon rêve mais finalement ce n’était pas si bien et j’étais de retour à la case départ. » Elle avait également l’impression désagréable d’être « la Française » avant tout pour les américains, sans pouvoir montrer sa réelle personnalité.
Mais Mélanie a tout de même été très heureuse de retrouver ses proches, et en particulier sa sœur, avec qui elle s’est beaucoup rapprochée après cette expérience. La nourriture et son prix accessible, mais également la mentalité française, ont été d’autres points qu’elle a été soulagée de retrouver.
« J’ai vécu beaucoup de désillusions amicales et amoureuses aux États-Unis. Beaucoup de gens sont chaleureux au premier abord et font des promesses d’activités que l’on fera ensemble, puis ils n’en font rien, je trouve ça très hypocrite. Retrouver l’esprit français, le pain et des repères familiers m’a fait du bien ! »
Finalement, Mélanie reconnaît avoir idéalisé les États-Unis avant d’y vivre, mais également la France avant d’y retourner. « Je pensais que c’était beaucoup plus simple en France de travailler et de rencontrer des gens, finalement pas tant que ça. Mais vivre en France me paraît quand même globalement plus facile. » Trois ans après son retour, elle réalise que son aventure américaine lui a fait d’autant plus apprécier son pays et ses avantages, et se sentir chanceuse d’être Française. « J’ai redécouvert la France et je l’aime encore plus ! »

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