Tenter de fuir l’oppression et les crises politiques
Agnès a vécu 15 années en Turquie, puis a fini par la quitter en 2017, « en grande partie à cause du régime Erdogan », mis en place suite à un référendum qui a transformé le système parlementaire en modèle présidentiel, sans Premier ministre.
De son côté, Catherine a choisi de partir des États-Unis en 2020, après 20 ans passés sur place. L’une des raisons principales de ce retour a été « la gestion du Covid par le grand machin orange et sa politique en général ». Jacques, qui vit au Mexique et songe à rentrer en France, se sent lui aussi écœuré par la politique états-unienne, mais également par les règlements de comptes des cartels locaux.
Quant à Mathilde, c’est Singapour qu’elle a quittée. « Ce n’est pas une démocratie, il n’y a pas de liberté d’opinion, de presse ou de manifestation. Je souhaitais rentrer en France pour pouvoir m’investir localement, ce que j’ai fait aux dernières élections municipales. »
Si le régime politique en place n’est pas l’unique raison du retour de ces Français, elle a toutefois pesé dans la balance. Parfois, elle s’accompagne aussi d’inquiétudes liées à l’écologie.

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Revenir pour alléger son empreinte carbone
L’éco-anxiété, c’est une autre raison qu’avance également Mathilde. « Le mode de vie à Singapour repose sur l’ultra consommation, et je vivais cela de plus en plus difficilement connaissant les avertissements du GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat]. » En effet, selon cet organe scientifique, il est plus qu’urgent de réduire drastiquement nos émissions à effet de serre afin de limiter le réchauffement climatique.
La surconsommation s’accompagne souvent de quantités gigantesques de déchets à traiter. « Mes enfants sont rentrés du Cambodge à cause de leur empreinte carbone et de la collecte des déchets là-bas qui laisse à désirer » raconte Christine. Jacques, constate, lui, que l’eau et les routes du Mexique loin des sites touristiques sont très polluées.
Mais la raison écologique la plus avancée par les Français de retour au pays concerne les trajets en avion. « Notre vie loin de notre famille avait un impact écologique » raconte Héloïse, tout juste rentrée de 14 années passées au Québec. « On ne voulait plus avoir la sensation d’aller à l’encontre de nos valeurs écologiques, et que nos enfants nous reprochent plus tard d’avoir eu cette vie d’allers-retours dans une planète qui se réchauffe. »
Catherine se réjouit de pouvoir désormais voyager en train en Europe, alors qu’il lui fallait auparavant prendre l’avion pour changer de paysage. « Ici, on fait quelques kilomètres vers le Nord, le Sud, l’Est ou l’Ouest, et on est dépaysé, j’adore ! » Quant aux enfants de Christine, ils sont aujourd’hui installés en Normandie, au vert. « Ils ne prennent plus l’avion mais constatent qu’en zone rurale, on n’échappe pas à la dépendance du carburant. »
Rentrer pour des raisons écologiques n’est cependant pas toujours facilement avouable. « Nos familles ne comprennent pas pourquoi nous nous inquiétions de tout ça, ce n’est pas la génération qui s’en préoccupe le plus » constate Héloïse. « J’ai mis mon éco-anxiété de côté mais elle revient trop souvent. »
Rentrer en France est loin de résoudre tous les soucis et inquiétudes autour de l’écologie et de la politique. Mais pour certains, c’est déjà un premier pas plus proche de leurs valeurs.

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