Nathalie Laville
30 décembre 2018

La région est l’avenir de l’Europe, de P.-Y. Le Borgn’

Notre focus sur l’Europe se poursuit avec la publication de tribunes de Pierre-Yves Le Borgn’, ancien député des Français de l’étranger. La région est l’avenir de l’Europe (publié dans Sud-Ouest, le mardi 11 décembre 2018) Il y a bientôt 10 ans, j’arrivais en Aquitaine avec une petite équipe pour travailler à la construction de fermes […]

Notre focus sur l’Europe se poursuit avec la publication de tribunes de Pierre-Yves Le Borgn’, ancien député des Français de l’étranger.

La région est l’avenir de l’Europe (publié dans Sud-Ouest, le mardi 11 décembre 2018)

Il y a bientôt 10 ans, j’arrivais en Aquitaine avec une petite équipe pour travailler à la construction de fermes solaires et – nous l’espérions alors – d’une usine de fabrication de panneaux photovoltaïques près de Bordeaux. De cette aventure industrielle, je garde un souvenir fort. La vision des acteurs aquitains m’avait séduit. Rarement auparavant avais-je rencontré dans mes responsabilités d’entreprise une région qui décline aussi clairement ses ambitions et valorise ses atouts par des choix de long terme. Je pense en particulier à la Route des Lasers.

En 2012, j’ai été élu député des Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des Balkans. J’ai troqué le monde de l’industrie qui avait été mien pendant 20 ans pour celui de l’Assemblée nationale. Toutes les semaines entre 2012 et 2017, j’ai sillonné les 16 pays de ma circonscription et leurs régions aussi, riches ou pauvres, centrales ou périphériques. J’allais au contact des gouvernements nationaux, mais également des autorités et des assemblées régionales. J’ai ainsi accumulé peu à peu une expérience passionnante du fait régional en Europe.

J’aime la région. C’est une réalité qui me parle au cœur depuis toujours. Breton, je partais d’évidence d’un terrain favorable. Un parcours dans plusieurs pays a fait le reste. Je suis convaincu du rôle déterminant de la région dans l’espace européen. Il ne peut y avoir d’Europe sans régions. Il ne peut décemment y avoir de régions sans Europe non plus. Sur l’économie, les infrastructures, la recherche, la formation et même sur l’identité, la région est l’échelon pertinent de l’action publique. Elle est aussi l’acteur essentiel de la politique européenne de cohésion.

L’Europe a pourtant mis longtemps avant de reconnaître la région à sa juste mesure. Il aura fallu l’Acte unique en 1986 pour que la politique régionale fasse son entrée dans les Traités européens. Réduire l’écart de développement entre les régions d’Europe, tel était l’objectif. Beaucoup a été engagé grâce aux Fonds européens de cohésion et des résultats ont été obtenus. La politique régionale incarne l’effort de solidarité européenne. C’est aussi une politique reconnue par les citoyens car ses réalisations sont tangibles sur l’ensemble du territoire de l’Union.

Cette politique est aujourd’hui à la croisée des chemins. Des voix s’élèvent pour dénoncer son coût dans un contexte budgétaire européen contraint. La proposition de limiter aux régions les plus défavorisées la politique de cohésion a même été envisagée. Ce serait une redoutable erreur. La politique de cohésion est fondamentale pour les territoires. Elle doit venir en soutien aux choix locaux en faveur de l’innovation, de la recherche et du développement industriel. Elle a vocation à bénéficier à la formation et au dynamisme de l’offre régionale.

Il ne peut y avoir de retour en arrière sur la politique régionale européenne. Quel terrible symbole ce serait alors même que l’économie de nos régions reste une priorité d’évidence et que notre pays a engagé des réformes courageuses ! Et quel message désastreux enverrait l’Europe au moment où le chômage, la peur de l’avenir et le sentiment d’abandon alimentent la défiance envers elle et la fuite en avant populiste ! L’Europe est un projet humaniste, loin

d’un ultra-libéralisme destructeur et insensible. Elle doit le rappeler par une politique régionale ambitieuse.

Plus que jamais, l’Europe a besoin de ses régions et de leur engagement. Le monde évolue si rapidement, entre crise climatique, révolution digitale et concurrence internationale. La région doit prendre sa pleine part de la réponse à ces défis. Il faut encourager et libérer les énergies par un dialogue utile des régions avec l’Union européenne, loin de toute renationalisation des politiques. Il faut faire confiance aux régions. Ce doit être un objectif pour les choix à venir. La région est l’avenir de l’Europe.

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