Pénélope Bacle
11 avril 2020

L’inquiétude gagne les milliers de Français encore au Maroc

De nouveaux billets de ferrys, non organisés par l’ambassade de France, attirent des centaines de Français toujours bloqués au Maroc. Mais ces Français ne sont pas encore assurés de pouvoir traverser le pays ni de pouvoir quitter le port de Tanger.

Sans nouvelle concernant l’organisation de ferrys par les autorités françaises au Maroc, les Français bloqués dans le pays ont finalement eu un nouvel espoir de retour cette semaine. Ces Français ont en effet appris qu’un ferry de la compagnie italienne GNV allait effectuer la traversée Tanger-Sète le 20 avril, au tarif habituel. La nouvelle de la mise en ligne de ces billets s’est alors répandue comme un trainée de poudre parmi les camping-caristes français qui ont immédiatement pris d’assaut ces précieuses places. Face au succès remporté par ces billets, GNV a proposé hier des traversées supplémentaires Tanger-Sète courant mai.

> Les ferrys GNV sont-ils accessibles ?

Seulement les espoirs de ces Français pourraient rapidement être déçus car les incertitudes demeurent quant à savoir s’ils pourront réellement regagner ces ferrys et si ceux-ci pourront quitter le port de Tanger. Depuis la fermeture le 13 mars par le Maroc des liaisons aériennes et maritimes vers la France et l’Espagne, les autorités locales n’ont en effet que très rarement autorisé la réouverture du port de Tanger Med pour des navires de passagers. La circulation dans le pays reste interdite sans autorisation spéciale du ministère marocain de l’intérieur et la gendarmerie royale a durci ses mesures restrictives ces derniers jours. Or, les autorités françaises, qui ne travaillent pas en coordination avec l’entreprise italienne GNV pour le moment, selon nos informations, n’aurait toujours pas à ce jour transmis d’accord pour la traversée du pays.

> Des Français de plus en plus inquiets

Selon nos sources sur place, les mécontentements et les inquiétudes enflent de jour en jour parmi les Français toujours bloqués sur place. Nombre d’entre eux n’ont pas eu de place sur le ferry du 20 avril tandis que ceux munis des billets de la compagnie GNV sont conscients que leur retour n’est pas pour le moment garanti. 

D’autant que les craintes de ne pas pouvoir regagner leur résidence dans les prochaines semaines ne cessent de grandir à mesure que les informations arrivent de France : le maire de la ville de Sète vient de décider de limiter les accès dans sa ville tandis que le Président français Emmanuel Macron a évoqué l’hypothèse d’une fermeture des frontières de l’espace Schengen jusqu’en septembre, rendant ainsi plus compliqué le passage via l’Espagne.

> Des milliers de Français toujours bloquées

D’après les informations recueillies par Emile Verhooste, auteur du Guide des Campings du Maroc, qui tente de recenser les camping-cars, pour la grande majorité français, il restait le 22 mars toujours 2 332 camping-cars sur les 76 sites où il a obtenu des informations.

Le nombre de Français encore bloqués dans le pays est d’autant plus important que, selon nos informations, il reste également des voitures. Ainsi, par exemple, un conducteur de 4X4, qui souhaite rester anonyme, a comptabilisé dans son site de camping, non-recensé par Emile Verhooste, une quinzaine de personnes, trois 4×4 et cinq camping-cars. Ce Français, inscrit sur Ariane, avait un billet sur l’un des deux ferrys de rapatriement organisés par la compagnie espagnole Balearia en coopération avec l’ambassade de France au Maroc, mais n’a pas réussi à y accéder. Depuis, le Français est dans l’attente que sa situation se résolve…

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