Nathalie Laville
23 mai 2020

Argentine: ces Français encore à rapatrier

La France se prépare à organiser des vols pour des Français qui seraient toujours bloqués en Argentine. Témoignage de Maëva qui vient enfin d'obtenir son billet retour.

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement français déclare régulièrement que tous les touristes ont été rapatriés, seules quelques poches de « vacanciers » subsistant de par le monde. Il y a quelques jours encore le Quai d’Orsay ne parlait plus que de problèmes au Maroc. Pourtant, les témoignages continuent de nous arriver, expliquant qu’il y a toujours des Français qui souhaitent être rapatriés… mais qu’il n’y a pas d’avion pour répondre à cette demande.

> Des touristes, mais pas seulement 

S’il est toujours difficile de connaître exactement le nombre de ressortissants français à l’étranger, il est cependant utile de rappeler qu’en dehors des touristes il y a aussi des PVTistes, des backpakers, des étudiants, des V.I.E.… sans oublier des Français résidant à l’étranger qui projetaient de rentrer ! Maëva est dans ce cas. Mariée à un Argentin, avec son mari ils avaient programmé un retour définitif en France pour le mois de mars. Pas de chance, ils ont été pris de court par l’épidémie, confinés alors même qu’ils avaient déjà quittés leur emploi, vendu leurs meubles et qu’ils étaient prêts à rendre leur appartement. « Dès le départ, sans doute parce que c’était plus commode, l’ambassade nous a mis dans des “cases”. Les touristes étaient prioritaires, et ils ont commencé à être rapatriés dès le 23 mars. Il faut savoir qu’à ce moment les prix des billets ont flambé, les premiers arrivés étant les premiers servis. L’Etat a ensuite affrété des vols, à des prix plus accessibles. Ce sont ensuite les touristes qui étaient les moins connectés, les plus éloignés dans le pays, qui ont été concernés par ces vols retour. Seulement le vol du 8 avril est parti avec 180 places vides. L’Etat français a alors décrété qu’il n’y avait plus personne à rapatrier».

> Des cas spéciaux mis sur la touche

Heureusement, la communauté française a su se mobiliser sur place. Elle a créé des groupes sur les réseaux sociaux et a eu l’idée de contacter sur place des élus pour leur donner un coup de main. « Nous habitons à Cordoba, et nous avons sollicité notre consul honoraire, Pablo Sonzini Astudillo, qui a été très réactif. Il nous a aidé à obtenir une attestation exceptionnelle pour que nous puissions faire notre déménagement et finir par nous installer à Buenos Aires. Mais entre le 8 avril et début mai, l’ambassade a fermé son numéro de cellule de crise, il était très difficile de les contacter. Nous nous sommes mobilisés et nous avons constitué nous-mêmes des listes d’Européens qui souhaitaient rentrer en Europe afin de démontrer aux autorités que nous étions suffisamment nombreux pour que des vols soient affrétés. Finalement, l’ambassade a publié de nouveaux chiffres et a “retrouvé” de nombreux Français candidats au départ (plus de 800). Nous n’avons pas été sur les listes prioritaires, d’ailleurs il était très difficile de comprendre comment ces listes étaient constituées».

Aujourd’hui, Maëva a fini par pouvoir acheter un billet pour elle et son mari (au prix de 850 $ le billet ), et doit rentrer le 28 mai en passant par Madrid. Autre bonne nouvelle pour celles et ceux qui restaient bloqués, l’ambassade avec le Ministère va affréter deux vols Air France-KLM les 30 mai et 1er juin. Pour plus d’information sur ces vols.

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