Nathalie Laville
31 mai 2020

Qui sont ces Français… en Israël?

Ils seraient quelque 100 000 Français à vivre en Israël, retraités, start-uppers, venus récemment ou arrivés depuis plusieurs générations.

Jusqu’à présent, la plupart de ceux qui s’installaient en Israël bénéficiaient de la loi du retour (Alya). Cependant, aujourd’hui les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir poser leurs valises en Israël, même s’ils ne sont pas de confession juive. La raison ? Une “Start-up Nation” particulièrement attractive ! C’est l’un des pays qui accueille le plus de Français hors Europe : ils sont 53 317 inscrits sur les registres consulaires, et estimés à 100 000. Ces Français sont d’ailleurs nombreux à avoir acquis, ou gardé, une double nationalité : il y aurait 250 000 passeports français délivrés en Israël.

> Où sont les Français en Israël ?

Il faut savoir qu’Israël accueille une importante communauté francophone (environ 20% de la population). Evidemment, la dynamique Tel Aviv est la ville où s’installent la plupart des étrangers, sans doute aussi parce que c’est l’une des plus tolérantes : on peut vivre ici sans problème même si l’on n’est pas juif, si l’on ne mange pas casher, si l’on est homosexuel… A quelques dizaines de kilomètres de Tel Aviv, une petite station balnéaire, Netanya, attire de plus en plus de Français qui travaillent dans tous les secteurs, qui ont aussi choisi de passer leur retraite en Israël. On retrouve aussi des Français à Jérusalem, Ashdod. Et quelques milliers d’entre eux vivent vivent dans des colonies israéliennes, en Cisjordanie occupée.

> Une communauté de start-upers

Israël a ouvert des programmes spéciaux pour accueillir des entrepreneurs étrangers créant une start-up et qui peuvent ainsi bénéficier d’un soutien du gouvernement. Ce sont au total plus de 7 000 start-up et une trentaine de licornes. Le pays se distingue en particulier dans plusieurs domaines : la cybersécurité (où il concentrerait 20% des investissements mondiaux), l’intelligence artificielle (technologies transverses à l’ensemble des secteurs d’application), la mobilité intelligente, la santé numérique, l’agrotech/foodtech et la fintech.

Les secteurs qui recrutent dans le pays sont ceux des nouvelles technologies, de l’ingénierie, du marketing et de la communication. Le tourisme ne doit pas être négligé puisqu’il y a plus de 4 millions de touristes qui visitent le pays chaque année. La communauté française est particulièrement présente dans les secteurs de la banque, l’agroalimentaire, le tourisme, les transports, le maquillage, l’informatique, la communication, le luxe et le médical. Des entreprises françaises comme Gemalto, StMicroelectronics ou EADS ont investi dans le pays, soit en installant des laboratoires de recherche soit en rachetant des start-up locales. Des Français sont aussi à l’origine de belles success stories avec par exemple la start-up Pzartech, Black Angus Solutions programmatiques ou encore Costockage.

La crise du Covid a mis en avant les capacités d’innovation des entreprises israéliennes qui planchent en ce moment sur des tests rapides (résultats en moins de 2 minutes) et des vaccins et traitements. D’ailleurs, l’Autorité de l’innovation a lancé un appel à propositions pour la prévention et le traitement du COVID-19 (Coronavirus).

> Autre population de Français en Israël : les retraités

Israël attire de plus en plus de retraités français. La Terre promise leur offre de nombreux avantages : climat, qualité et coût de la vie, réductions diverses, un taux de change favorable pour les pensions perçues en euros… De plus, pour ce qui concerne la santé, qui est une des préoccupations majeures des retraités, les Français qui perçoivent une retraite en France voient leurs cotisations toujours prélevées et leurs droits à la Sécurité Sociale française ne sont pas remis en cause par l’installation en Israël. Ainsi il est possible, lors de séjours en France, de continuer à se faire soigner dans l’Hexagone. L’Etat organise un accueil spécifique pour ces retraités, en leur proposant notamment des cours d’hébreu, ainsi qu’une possibilité de participer au volontariat civil (dans l’armée, la police, les hôpitaux…). En outre, ils bénéficient de nombreuses réductions dans les théâtres,les transports, la taxe municipale…
Les retraités qui font leur Alyah bénéficient d’une exemption de leur impôt durant les dix premières années suivant leur installation. Ensuite, ils ont un abattement de 35 % sur leurs revenus.

> Israël face au coronavirus

Aujourd’hui, même si Israël déconfine et rouvre transports en commun, commerces, cafés… , elle redoute l’arrivée d’une deuxième vague en raison d’une hausse des cas de contamination, en particulier dans les écoles. C’est pourquoi les autorités demandent toujours à leur population de respecter les consignes, de ne pas visiter les personnes âgées, de porter obligatoirement le masque, de respecter la distanciation sociale de deux mètres entre les individus… Il faut rappeler que la pandémie est survenue en l’absence d’un gouvernement officiel depuis la dissolution de décembre 2018let que e pays avait très rapidement fermé ses frontières et imposé des quatorzaines à toute personne rentrant sur son territoire. Au plus fort de la crise, le pays a appliqué des consignes très strictes : un confinement à 100 mètres du domicile, une sortie par jour, sous surveillance digitale et policière, des transports en commun suspendus…

Désormais, tous les trois à quatre jours, il y a des vols pour Paris, soit via la compagnie El Al, soit la compagnie Belavia, qui passe par Minsk. Le consulat a rouvert ses portes sur rendez-vous, et communique en permanence sur Facebook ou via son site, il a créé une cellule d’aide psychologique (+972 35 20 85 51), et il recense toutes les associations qui aident les Français en Israël durant cette période difficile.

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