Leslie Fauvel
29 juillet 2020

Des élus alertent sur la précarité des Français de Madagascar

Alors que le pic épidémique est attendu en août dans la Grande Ile, les élus locaux des Français tirent la sonnette d'alarme.

Avec une communauté de près de 20 000 personnes (dont 17 000 inscrits sur les registres consulaires), les Français de Madagascar vivent durement la crise économique liée au coronavirus.

> Assouplissement relatif

Le 21 juillet, suite aux demandes répétées d’élus consulaires, soutenus par des députés et des sénateurs des Français de l’étranger, le ministère des affaires étrangères a consenti à un assouplissement des critères d’attribution du Secours occasionnel de solidarité (SOS). Seuls deux critères sont désormais requis pour prétendre à cette aide : être inscrit au registre consulaire et donner la preuve d’une baisse de revenus due à la crise sanitaire. “C’est un net progrès par rapport à la situation antérieure qui comptait plusieurs critères dissuasifs, dont celui d’émettre la preuve d’avoir épuisé les possibilités d’aides familiales, amicales et associatives”, se félicite l’élu consulaire Jean-Hervé Fraslin. Début juillet, sur les 940 demandes d’aides envoyées sur le site de l’ambassade de France à Madagascar, seules 7 aides ont été attribuées. Mi-juillet, ce ne sont que 2% de l’enveloppe de 50 millions d’euros destinée à l’aide exceptionnelle aux Français de l’étranger les plus vulnérables qui ont été alloués.

> Des familles indigentes insuffisamment aidées

Jean-Daniel Chaoui, président de l’association Français du Monde (FDM) Madagascar et conseiller consulaire, et Philippe Castellan, président de l’Union des Français de l’étranger (UFE) Madagascar, militent pour que les familles françaises les plus indigentes, en général des familles binationales exerçant des “petits métiers” durement frappées par la crise, bénéficient d’une aide alimentaire et d’un accès aux soins plus soutenus jusqu’à la fin de l’année. L’aide alimentaire de base distribuée par les Organismes Locaux d’Entraide et de Solidarité (OLES), de l’ordre de 40 euros par mois pour une famille de quatre personnes, a été utilisée pour environ 380 familles. Les élus estiment qu’il faudrait aider 450 familles d’ici la fin de l’année et donc augmenter l’enveloppe des OLES de 40 000 euros.

> Les familles à revenu intermédiaire laissées pour compte

Salariés d’entreprises en difficulté, gérants de petites entreprises dans le tourisme, le BTP ou le service aux entreprises, les familles de Français à revenu intermédiaire ont fait face à une chute drastique de leurs revenus. Les élus plaident également pour une augmentation et une extension dans la durée de l’aide accordée -qui correspond jusqu’ici à 60 euros pour un couple et 40 euros par enfant par mois, non renouvelables. Sans quoi quoi les répercussions économiques se feront sentir jusqu’en France, craignent Jean-Daniel Chaoui et Philippe Castellan : “les opérateurs Français très nombreux dans le tourisme ne tiendrons pas une année blanche et on ne voit pas le tourisme repartir au mieux avant juin-juillet 2021. Beaucoup vont quitter Madagascar et rentrer en France ou ils vont grossier le marché de l’emploi. Sans une aide adéquate a cette population intermédiaire, on va avoir de nombreux retours en France, ce qui aura une double conséquence : la prise en charge sociale de  ces familles en France coûtera bien plus cher à l’Etat que d’augmenter leurs aides à Madagascar, et pour Madagascar la perte de capacité d’accueil touristique pour les années futures sera importante. Bref le refus de dépenser quelques centaines de milliers d’euros va avoir des conséquences en dizaines, voire centaines de millions d’euros”.

> Liens utiles

Le formulaire en ligne sur le site de l’ambassade de France à Madagascar.

En cas de difficulté pour répondre au formulaire, écrire à formulaires.tananarive-fslt@diplomatie.gouv.fr

Pour faire un don, contacter l’Association française de solidarité de Tananarive

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