Philippe Duport
8 mars 2021

La crise du Covid-19 ralentit les envies d'expatriation

Les salariés du monde entier sont moins tentés d'aller vivre et travailler à l'étranger. Les États-Unis perdent un peu de leur pouvoir d'attraction et la France recule.

Partir travailler à l’étranger, ça fait moins rêver. En 2020, seulement la moitié des personnes interrogées dans le cadre d’une très vaste étude menée sur plus de 200 000 personnes par le Boston Consulting Group et Cadremploi, étaient prêtes à se rendre dans un autre pays pour y travailler. 50%, c’est beaucoup, mais c’est aussi un chiffre en très forte baisse. En 2014, les deux tiers des répondants étaient candidats à l’expatriation. C’est donc un recul très marqué de quatorze points, dû principalement à la crise sanitaire.

Le coronavirus a aussi eu une influence sur les pays dans lesquels les salariés voudraient se rendre. Les États-Unis perdent leur première place dans le cœur des voyageurs du monde entier. C’est la première fois depuis huit ans. On leur préfère des pays où l’on parle anglais mais qui sont perçus comme plus sûrs, avec un système de protection sociale plus efficace, qui ont mieux géré la crise du Covid et qui sont plus accueillants pour les immigrants. C’est surtout le cas pour le Canada, qui pointe désormais à la première place des pays attractifs pour la main d’œuvre étrangère. Dans le top 5 on trouve aussi l’Australie, qui vient pourtant d’annoncer la prolongation jusqu’en juin de la fermeture de ses frontières, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

La France, 9e pays qui fait rêver

La France continue de baisser pour les étrangers interessés par l’expatriation. Elle figure toujours dans les dix premiers, au neuvième rang, mais son classement ne cesse de baisser depuis six ans. Même chose pour Paris, numéro 11 des villes où veulent travailler les expatriés de tous les pays, alors qu’elle occupait le troisième rang en 2014. Paris continue d’attirer les expatriés d’Amérique du Nord, de l’Afrique et du Moyen Orient, mais elle est boudée par les Asiatiques.

Et les Français, où veulent-ils partir ? Pas trop loin, et à condition qu’on parle français ! La Suisse, le Canada et le Luxembourg ont leurs faveurs. Les États-Unis arrivent quand même au quatrième rang, mais ils sont en recul. Et les pays frontaliers, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie sont dans les favoris. L’esprit pionnier ne semble pas être d’actualité pour les Français.

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