Martin Rigaud-Pezzoni
7 avril 2021

Les Français persona non grata en Europe ?

Face à la nouvelle flambée des cas de Covid-19, de plus en plus d’États européens durcissent les conditions d’entrée sur leur territoire aux ressortissants français. Tour d’horizon.

La situation épidémique liée au coronavirus n’en finit plus de s’enliser en France. Avec près de 5 500 malades en soins intensifs au 6 avril, la France est l’un des pays les plus touchés au monde par la pandémie. Cette troisième vague du Covid-19 inquiète l’Europe et notamment les pays frontaliers. L’Allemagne, l’Espagne ou encore l’Italie imposent des restrictions plus ou moins sévères pour freiner la propagation du virus.

Tour de vis aux frontières allemandes

L’aggravation de la situation sanitaire pousse l’Allemagne à renforcer ses contrôles aux frontières terrestres avec plusieurs pays européens, dont la France. Depuis fin mars, le territoire français est classé « zone à haut risque ». Des mesures restrictives ont donc été mises en place pour une durée d’une à deux semaines. Ainsi, les Français qui veulent se rendre en Allemagne doivent présenter un test négatif de moins de 48 heures et passer par une période d’isolement de dix jours. Cette mise en quarantaine peut être réduite à cinq jours après la présentation d’un second test PCR négatif réalisé cinq jours après l’entrée sur le territoire allemand. Tout nouvel entrant doit également être enregistré électroniquement auprès des autorités sanitaires allemandes.

Quarantaine forcée en Italie…

Le 30 mars, l’Italie a annoncé qu’elle allait contraindre les voyageurs de l’Union européenne à respecter une quarantaine de cinq jours. Cette mise à l’écart forcée était déjà obligatoire pour les extra-européens. Le gouvernement de Mario Draghi a également précisé qu’un test PCR négatif de moins de 48 heures devait être présenté avant d’arriver en Italie, puis un autre juste après la période d’isolement. Ce second test est l’unique condition pour lever la quarantaine obligatoire. Ces mesures ne s’appliquent pas aux voyageurs qui ont besoin de séjourner en Italie durant moins de 120 heures pour le travail, des soucis de santé ou encore une urgence qui ne peut pas être reportée. Les travailleurs transfrontaliers sont également exemptés.

… comme au Portugal

Le Portugal entame la seconde phase de son déconfinement, tout en se méfiant de la recrudescence épidémique de ses voisins européens. C’est pour cela que depuis le 1er avril, les conditions d’entrée sur le sol portugais se sont durcies. Dès leur arrivée, les ressortissants français doivent respecter une quarantaine de 14 jours à leur domicile ou dans un établissement recommandé par les autorités portugaises. Un test PCR négatif datant de moins de 72 heures est également impératif pour entrer sur le territoire. Il est bon de rappeler que les déplacements au Portugal sont autorisés uniquement pour des raisons impérieuses.

Test négatif obligatoire en Espagne

Depuis la fin du mois de mars, le nombre de nouvelles contaminations repart à la hausse en Espagne. Le gouvernement de Pedro Sánchez a pris la décision de rendre obligatoire le test PCR ou antigénique négatif de moins de 72 heures à la frontière avec la France. Les voyageurs devront également remplir un formulaire informatif. Toutes ces dispositions ne concernent pas les transporteurs routiers, les travailleurs transfrontaliers et les personnes qui habitent à moins de 30 kilomètres de la frontière.

La Belgique interdit les voyages non-essentiels

Enfin, la Belgique continue de serrer la vis. Le gouvernement belge a proscrit l’accès à son territoire aux « voyageurs non-essentiels ». Ces restrictions sont réduites pour les frontaliers qui pourront par exemple faire leurs courses en Belgique. De même, les Français qui sont dans l’obligation de se rendre dans le « Plat pays » devront se munir d’une attestation sur l’honneur. Il sera également nécessaire de remplir un Formulaire de Localisation de Passager (PLF). Ces mesures contraignantes seront en vigueur jusqu’au 18 avril minimum.

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