Emmanuel Langlois
29 décembre 2021

Immigration au Royaume-Uni : le Brexit complique la donne

Depuis le 1er janvier 2021, venir pour travailler en Angleterre, Écosse, Pays de Galles ou Irlande du Nord n'est plus aussi simple qu'avant ! Plus question de monter à bord de l’Eurostar la fleur au fusil. Il est notamment désormais obligatoire de présenter un passeport, et non plus une simple carte d’identité, et de fournir, entre autres, la promesse d’embauche d’un employeur avant de traverser la Manche.

Prière de montrer patte blanche ! Outre la mise en place d’un système d’immigration par points, il est désormais nécessaire de présenter un visa pour pouvoir exercer une activité professionnelle au Royaume-Uni quelle qu’elle soit. Différents types de visas sont délivrés en fonction de l’emploi recherché : visa saisonnier, visa de travailleur, visa qualifié ou encore visa de courte durée pour les jobs d’été notamment… Pour remplir sa demande de visa, une promesse d’embauche (certificate of sponsorship) d’un employeur britannique est désormais exigée. Il est donc impératif de chercher et trouver un emploi avant de partir au Royaume-Uni.

Votre salaire annuel devra par ailleurs être supérieur à l’équivalent de 28 500 euros, seuil diminué si vous êtes détenteur d’un doctorat ou si une pénurie de main-d’œuvre existe dans votre profession. Selon le nouveau système à points, le visa dépendra de vos qualifications, de votre connaissance de l’anglais et du parrainage préalable d’une entreprise ou organisation britannique. Des exceptions à l’obligation de transmettre une offre d’emploi sont également prévues pour les professions scientifiques, les chercheurs et les enseignants du supérieur. En outre, le droit de séjour est délivré de manière accélérée pour les professionnels médicaux. De plus, cette demande de visa a un coût, elle n’est pas gratuite ! Un visa professionnel (ou d’affaires) d’une validité de dix ans pourra coûter plus de mille euros. Tous les voyageurs européens par ailleurs devront être munis d’un passeport en cours de validité pour aller Outre-Manche.

La City réclame un visa d’affaires

Les Européens résidant au Royaume-Uni avant le 1er janvier 2021 pourront eux continuer à utiliser une carte d’identité jusqu’en 2025 pour entrer dans le pays et pourront y résider, travailler, étudier, y percevoir des prestations sociales, dans les mêmes conditions, s’ils disposent du statut de résident « pre-settled »ou « settled ». Les détenteurs d’un permis de travailleur frontalier pourront également présenter une simple carte d’identité. Mais les choses pourraient évoluer : les entreprises financières de la City réclament en effet au gouvernement de Boris Johnson la création rapidement d’un nouveau visa d’affaires à durée limitée. Il aurait pour but de faciliter les transferts intra-entreprise sans engendrer de frais supplémentaires.

Les banques de la City souhaitent également voir étendus à toute l’Union européenne les accords de mobilité passés entre le Royaume-Uni et des pays du Commonwealth comme l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande. Ils permettent à de jeunes professionnels âgés de 18 à 30 ans de venir vivre et travailler en Grande-Bretagne pendant deux ans. Quant à la reconnaissance des diplômes, rien ne change. Avec le Brexit, le Royaume-Uni est par ailleurs exclu du programme Erasmus+. Les étudiants de l’Union européenne doivent désormais s’acquitter des frais de scolarité comme tous les autres étudiants internationaux. Un bon niveau d’anglais est généralement exigé.

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