Marlène Panara
24 mai 2022

Avec Expatez-vous ! Margot Vappereau veut aider les expatriés à « aller mieux »

Après dix ans à parcourir le monde en tant qu’infirmière, la jeune femme de 32 ans met aujourd’hui son expérience à profit des Français en partance ou de retour de l’étranger. Avec un focus particulier sur leur santé mentale.

En 2019, près de dix ans après son premier stage au Nicaragua et autant d’années passées à l’étranger, Margot Vappereau refuse pour la première fois de repartir. Sa mission en Colombie, en tant que coordinatrice santé pour une ONG, sera la dernière. Infirmière de formation, la jeune femme a désormais envie d’accompagner les expatriés en partance, ou de retour en France. « Un soir peu avant la pandémie, j’ai eu une discussion avec une collègue. On s’est rendu compte à quel point les expatriés manquaient de soutien, surtout à leur retour, raconte-t-elle. Il n’y a pas de débriefing psychologique. Alors comment fait-on pour aller mieux lorsqu’on est en piteux état ? »

Expatez-vous ! est né. À la sortie du confinement, Margot Vappereau couche ses envies sur le papier. Pour créer son entreprise, elle se fait accompagner par la BGE, un réseau d’aide spécialisé, et mi-novembre 2021, obtient son immatriculation. Son tout nouveau projet s’adresse à « tous les expats », salariés, étudiants ou entrepreneurs, et même à l’entourage familiale et aux conjoints. « Avec, évidemment, un focus sur la santé, indique Margot Vappereau. Le but est de faciliter les départs et les retours, en orientant les personnes vers les bonnes personnes, en leur donnant des contacts utiles selon leur situation. » Jusqu’ici, les rendez-vous étaient organisés en visio, à cause des contraintes liées à la pandémie, et à la distance que la sépare parfois de ses clients. Mais bientôt, la jeune cheffe d’entreprise espère organiser des séances en présentiel.

Un cadre idéal pour divulguer ses conseils « un peu techniques », mais aussi et surtout « pour offrir une écoute attentive aux préoccupations de chacun, assure-t-elle. Après un long séjour à l’étranger, on a souvent la sensation d’avoir vécu quelque chose de spécial, parfois d’extraordinaire. Et ça, quand on rentre, personne ne peut vraiment le comprendre. On peut alors être confronté à une grande solitude. »

Plus de 10 000 patients en un an

Margot Vappereau, 32 ans, sait de quoi elle parle. Ce sentiment, elle l’a expérimenté à chacun de ses retours en France. Originaire du Nord, la fondatrice d’Expatez-vous ! a sillonné le monde. Après deux mois au Nicaragua dans le cadre de son master en humanités sociale, qui constitue « un avant/après » dans sa vie, ce fut le Kurdistan irakien, près de Mossoul. Responsable de la supervision des soins dans un centre de santé pour personnes déplacées, elle soignera, avec une équipe dédiée, près de 10 000 patients pendant un peu plus d’un an. Après un rapide passage en France de trois mois, l’infirmière part ensuite pour Maiduguri, au Nigeria. Dans cette ville sans structure de santé, elle intègre une équipe mobile dédiée aux soins les plus basiques.

À son retour d’Afrique, au bout d’un an, la jeune femme est « en petits morceaux. » « J’étais incapable de faire quoi que ce soit, raconte-t-elle. J’ai mis environ neuf mois à reprendre le travail. » « Trop fragile pour repartir », Margot Vappereau accepte un poste de médiatrice santé dans les bidonvilles de région parisienne, durant plusieurs mois. Puis c’est la Colombie, et la fin de ces allers-retours réguliers à l’étranger.

C’est cette expérience auprès des autres qui posera les jalons d’Expatez-vous !, sa « nouvelle aventure. » Son expatriation l’a également confortée dans la nécessité de travailler en équipe. « Seule, j’en suis incapable. J’ai une passion pour le management, la transmission. C’est ce que j’aimerais faire aujourd’hui avec ma société : m’agrandir pour constituer une “team”, et répondre encore mieux aux attentes des expatriés. » Avec la reprise de la mobilité internationale favorisée par l’atténuement de la crise sanitaire, Margot Vappereau espère bien mener à termes son objectif premier : « Être utile. » 

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