Reyhan Unlu
10 juin 2022

Eramus+ face à la hausse de la demande

Après deux années marquées par la crise sanitaire, les demandes pour bénéficier du programme Eramus+ sont à la hausse. Cependant, les agences Erasmus+ font face à deux problèmes : le budget et l’inclusivité.

Les 16 et 17 mai dernier, les directeurs des agences en charge du programme se sont réunis à Arcachon et ont mis en lumière la conséquente hausse de demandes. En lien direct avec cela, plusieurs directeurs ont exprimé leur inquiétude concernant les fonds qui ne semblent pas uniformément répartis. Sur la période 2021-2027, le budget a été fortement augmenté, cependant le programme n’est toujours pas assez accessible puisqu’en 2020, par exemple, seulement 25% des mobilités ont eu lieu en Roumanie. Pour pallier à l’augmentation de 20 % (en comparaison avec l’année scolaire 2019-2020), Stephan Geifes, directeur du DAAD de Bonn, à expliqué que l’Allemagne avait utilisé 57 millions d’euros provenant du Fonds social européen afin de compenser les budgets plus faibles des dernières années. Selon la façon dont procède l’Etat, les mesures d’accompagnement ne sont parfois pas les mêmes selon les pays. En effet, en République tchèque par exemple, ce sont les universités qui prennent le relais. Dans la formation professionnelle, 100% de la mobilité est couverte alors que dans l’enseignement supérieur, c’est aux populations défavorisées de demander des fonds supplémentaires auprès de leur établissement.

Balayer l’image estudiantine au profit de l’inclusivité

Les directeurs d’agence l’affirment : l’aspect financier n’est pas l’unique frein à la mobilité. Effectivement, Erasmus+ a beaucoup de difficultés à en finir avec son image d’un programme exclusivement réservé aux étudiants. Monica Calota, directrice de l’agence ANPCDEFP à Bucarest, contredit cette idée reçue. D’après elle, le programme serait très populaire dans les écoles et, depuis 2016, le gouvernement a mis en place une stratégie d’inclusion. Son but est de permettre l’inclusion à destination des écoles rurales ainsi que des populations Roms. En République tchèque, il est même demandé aux municipalités de ne pas envoyer systématiquement les « meilleurs élèves » afin de faire profiter d’un capital culturel à d’autres catégories de personnes. Aussi, face à la crise que traverse l’Ukraine, la Commission européenne a choisi de favoriser l’octroi de bourses Erasmus en faveur du peuple ukrainien. Ainsi, de nombreux Ukrainiens profitent de formations dispensées en anglais.

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