Anaïs Digonnet
27 octobre 2022

Guillaume Gomez : « La gastronomie française possède une hégémonie naturelle à l’étranger »

Six mois après sa nomination comme représentant personnel du président de la République pour la Gastronomie et l'Alimentation, Guillaume Gomez revient sur ce rôle et les enjeux auxquels il fait face.

Ancien chef des cuisines de l’Elysée, vous avez quitté le tablier pour la cravate. En quoi consistent vos nouvelles missions au Quai d’Orsay? 

J’ai plusieurs casquettes : ambassadeur de la gastronomie à l’international mais aussi représentant personnel du président de la République auprès des agriculteurs, producteurs, distributeurs, artisans, jusqu’aux acteurs de la méthanisation avec qui nous pouvons évoquer toutes les thématiques comme l’emploi, les circuits courts, le gaspillage alimentaire et globalement tous les sujets qui peuvent être traités via le prisme de l’alimentation. Dans ma lettre de mission figure également le volet « foodvision » pour faire rayonner la gastronomie française lors des grands événements internationaux comme la prochaine Coupe du monde de rugby 2023 ou encore les Jeux olympiques et paralympiques Paris 2024.

A l’étranger, existe-t-il encore une gastro-diplomatie française ?

La gastronomie française possède une hégémonie naturelle à l’étranger, que ce soit à travers ses techniques, les beaux produits qu’elle utilise, mais aussi ceux qui la font : les cuisiniers, les pâtissiers, les vignerons, les spécialistes des arts de la table, les agriculteurs, etc. C’est donc un outil soft power de la diplomatie, notamment sur les enjeux mondiaux de santé publique mais aussi environnementaux. Je ne sais pas faire du vin, encore moins l’exporter, mais par contre je peux faire en sorte que les gens se parlent si certains pays souhaitent aller vers un travail de la vigne avec moins d’intrants. Et puis, nous avons besoin de ce rayonnement pour garder notre attractivité, notamment touristique.

Quels sont vos prochains défis ? 

50% de alimentation mondiale produite n’est pas consommée, c’est un des premiers vecteurs de pollution et un non-sens. Une partie de la planète a de plus en plus de mal à se nourrir, alors que dans les pays dits développés, la part de personnes obèses ne cesse d’augmenter. Notre modèle alimentaire a cinquante ans d’expertise : il faut que la voix de la France soit entendue sur ces sujets-là, pour apporter du changement, notamment sur l’éducation au bien-manger. Lors de mon prochain déplacement à l’étranger, à Djakarta en Indonésie, nous allons aussi œuvrer à valoriser le travail des chefs de cuisine sur place, sur ce qu’ils font pour la France, afin de créer du lien avec des entreprises françaises qui auraient choisi de se développer là-bas, pour que si certains acteurs brillent en local, ils éclairent les autres.

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