Anaïs Digonnet
27 janvier 2023

Le Relais francophone, soutien pour les expatriés en Colombie-Britannique

Ce programme de la province occidentale du Canada accompagne les francophones dans leur projet d'immigration avant même leur arrivée.

S’installer à Victoria (Colombie-Britannique) et avoir déjà un logement, un travail, une inscription à l’école pour ses enfants: c’est le rêve de nombreux immigrants français qui s’installent dans la province. Après l’acceptation de sa résidence permanente, Simon Jousset, un journaliste de 37 ans qui a posé ses valises dans la capitale de la Colombie-Britannique en octobre 2022, a pu voir ce rêve se réaliser en partie. Arrivé avec sa femme -préalablement embauchée au sein d’une radio locale- et ses deux enfants, il a bénéficié de l’appui du Relais francophone pour son installation.

« J’ai connu cette association par le biais d’IRCC [le ministère responsable des programmes et des services d’immigration, d’établissement, de réinstallation et de citoyenneté au Canada, ndlr]. On nous a conseillé de préparer notre expatriation en nous inscrivant à des services pré-départ », explique cet ancien habitant de Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône.

Chercher un logement à distance

Dans ce cadre, Simon est mis en relation avec une membre du Relais francophone basée dans cette ville de la pointe sud de l’île de Vancouver. Pour l’aider, elle visite notamment des appartements susceptibles de convenir à toute la famille. « Elle m’a encouragé à chercher un logement à distance, chose que nous pensions pourtant faire à notre arrivée. Nous avons fait une visite virtuelle et notre dossier a été accepté. Nous nous sommes rendu compte un peu plus tard que c’était une belle épine dans le pied en moins quand on arrive au Canada avec deux jeunes enfants en bas âge ! »

Côté professionnel aussi, la référente du Relais francophone a été d’une aide précieuse en permettant au journaliste français de trouver un poste de relecteur dans une entreprise de traduction. « Elle m’a mis en contact avec deux Françaises déjà sur place, avec un profil similaire au mien. L’une d’elles m’a dit que son entreprise cherchait du personnel. J’ai postulé et j’ai été pris », détaille Simon.

Un accompagnement personnalisé

Financé par la province et par IRCC, l’organisme a pour but « d’aider les francophones PVTistes, étudiants ou salariés à prendre le bon départ en Colombie-Britannique, à tous les niveaux », détaille Inès Ghozzi, directrice générale depuis septembre 2022. Elle-même est arrivée de France en 2020. Répartis dans la province -essentiellement via des bureaux à Vancouver, Victoria et New Westminster, dans la vallée du Fraser et Tri-Cities- les treize représentants du programme d’immigration proposent un accompagnement 100% gratuit et individualisé à 1200 personnes chaque année.

Webinaires, rendez-vous pour définir leurs besoins et plans d’action personnalisés font partie des dispositifs mis en place. « Nous sommes à leur côté dès qu’ils reçoivent une lettre du gouvernement acceptant leur visa, et jusqu’à l’accès à la citoyenneté », explique-t-on à la tête du Relais francophone.

« Vivre en français ailleurs qu’au Québec »

« Sur place, nous les orientons sur le plan administratif pour avoir un numéro de sécurité sociale et ouvrir un compte bancaire, poursuit la structure. Nous pouvons aussi aller chercher des gens à l’aéroport ou leur offrir des cours de confiance en soi. Il y a un vrai effort en Colombie-Britannique pour aider ceux qui arrivent. » Elle facilite par ailleurs la mise en contact avec la communauté francophone lors de soirées d’accueil. Des activités de connexion aux autochtones pour comprendre l’histoire canadienne et la réconciliation sont également organisées.

L’activité est telle que le nombre d’agents pourrait grimper à vingt d’ici 2024 pour doubler le nombre d’accompagnements. Inès Ghozzi parle d’un « accueil VIP » et confie : « Les francophones représentent 4,4% de la population du pays, hors Québec. On voudrait que ce chiffre soit dépassé pour que cette population garde son poids, dispose de toujours plus d’accessibilité aux services en français, mais aussi pour montrer que l’on peut vivre en français ailleurs qu’au Québec. »

 

share Partager

Vie pratique

L'immersion totale est-elle encore possible à l'ère de la surconnexion ?

De nos jours, vivre à l’étranger implique généralement de garder un contact presque quotidien avec ses proches restés en France, il est possible de suivre des contenus français à distance et de se rapprocher de la communauté française locale en deux clics. Est-il encore possible de couper totalement le cordon avec la France et de plonger pleinement dans la culture locale de son pays d'accueil ? L'hyperconnexion empêche-t-elle l'intégration ? Ou bien faut-il justement cesser de valoriser une immersion totale à l'étranger ?

Vie pratique

Guide gratuit à télécharger : Éducation, scolariser ses enfants à l’étranger

Entre école française, établissement international, école locale ou enseignement à distance, la scolarisation des enfants est l’un des sujets les plus structurants pour les familles expatriées. Choix du système éducatif, apprentissage des langues, reconnaissance des diplômes, intégration culturelle ou encore perspective de retour en France : autant de critères qui rendent la décision complexe.

Vie pratique

Comment utiliser ses deux passeports, français et britannique, pour voyager

Vous venez d’être naturalisé et vous vous demandez quel document montrer à quel moment (entrée, sortie des territoires), entre le passeport britannique et français, notamment lorsque vous circulez entre le Royaume-Uni et la France ?

Vie pratique

CFE : la réforme devenue incontournable

Longtemps cantonnée à un rôle technique de continuité des droits, la Caisse des Français de l’étranger se retrouve désormais au cœur d’un débat politique majeur. Les Assises de la protection sociale, clôturées à l’automne 2025, ont mis en lumière ses fragilités structurelles, mais aussi les attentes considérables qui pèsent sur elle. Financement, gouvernance, relation aux assurés, élargissement des publics : la transformation de la CFE n’est plus une option, mais une condition de survie. Reste à savoir si les Assises permettront d’en être le véritable déclencheur.

Vie pratique

Assises de la protection sociale : que vont-elles réellement changer ?

Clôturées à l'automne 2025, les Assises de la protection sociale ont marqué une première : celle d'un État acceptant de traiter la protection sociale des Français de l'étranger comme un enjeu global et politique, et non plus comme une somme d'ajustements techniques. Cette vaste concertation a ouvert une séquence inédite. Reste désormais à savoir si elle débouchera sur des transformations concrètes.