Leena Lecointre
5 mai 2023

Éducation : Le premier lycée français va bientôt ouvrir à Saint-Jean

Bien que le français soit la seconde langue officielle de la province, le Nouveau-Brunswick ne compte aucun établissement français sur son sol. Pour y remédier, un lycée labellisé AEFE doit ouvrir en 2024.

« L’accueil de tous en langue française, et des mobilités internationales dans les deux sens. » Voilà l’ambition du Lycée international français des provinces atlantiques (Lifpa), selon son futur directeur Sylvain Olivier. L’ouverture de cet établissement a été annoncée le 16 janvier 2023. Chapeauté par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), il doit être inauguré à l’horizon 2024 à Saint-Jean (ou Saint-John), la deuxième plus grande ville de la province après la capitale Moncton. C’est une première pour le Nouveau-Brunswick qui ne compte pour l’heure aucun établissement français alors que sa population est en partie francophone et que le français est la seconde langue officielle. Avec ce nouveau lycée, le Canada comptera au total neuf établissements français.

Les publics cibles

Au Nouveau-Brunswick, la seule option d’enseignement francophone est pour l’instant proposée par l’école publique. Un réseau d’établissements en langue française est en effet piloté par la province : il s’agit du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP). Selon Sylvain Olivier, le Lifpa « ne vient pas en concurrence, mais en complémentarité ». Il accueillera des élèves de 3 à 17 ans, soit de la maternelle à la terminale. Des enfants franco-canadiens devraient notamment rejoindre ses bancs, mais pas seulement.

« Nous avons quatre publics cibles : un public local, des expatriés français, des expatriés étrangers et un public temporaire – qui ne resterait qu’entre trois et six mois – venant de France et d’Europe », détaille le futur directeur. Selon la réglementation en vigueur au Nouveau-Brunswick, il est nécessaire d’avoir un parent proche ou éloigné qui soit francophone pour être scolarisé dans un établissement en langue française. Toutefois, le Lifpa espère pouvoir ouvrir au plus grand nombre dans le but de promouvoir aussi la francophonie auprès des communautés anglophones.

Développer la francophonie dans une ville 98% anglophone

Il s’agit là d’un grand défi : malgré le fait que le Nouveau-Brunswick soit une province bilingue, la ville de Saint-Jean ne compte que 2% de francophones. « Ce sera sans doute plus dur pour nous d’attirer des élèves au départ que si nous étions implanté à Moncton, qui compte 30% de francophones », reconnaît Sylvain Olivier. Mais selon lui, le jeu en vaut la chandelle : « Si nous y arrivons, cela fera venir des entreprises françaises qui viendront s’implanter dans la ville. Cela développerait l’économie locale et la francophonie de manière remarquable. » Pour y parvenir, le futur directeur compte sur l’excellence du cursus mais aussi sur l’aspect international.

En effet, le lycée proposera un programme d’échange dynamique : il offrira aux élèves internationaux la possibilité de s’inscrire pour des périodes de trois mois à un an, leur permettant de réaliser une partie de leur cursus au Canada et le reste de l’année dans leur pays d’origine. « Notre force sera de faire venir des lycéens performants de France », précise Sylvain Olivier. « C’est à travers les relations interpersonnelles de cohabitation permanente avec les Français que l’on donnera envie aux étudiants de rester jusqu’au bout du cursus. » Car si les établissements francophones au Canada souffrent d’un décrochage à partir de la classe de troisième, le Lifpa compte fidéliser ses étudiants afin de les conduire vers les plus grandes universités nord-américaines et françaises.

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