Leena Lecointre
28 mars 2024

Bientôt un euro numérique : à quoi va-t-il servir ?

La Banque centrale européenne envisage de mettre en place « l’euro numérique », une cryptomonnaie officielle qui doit permettre de simplifier les transactions dans la zone Euro. Zoom sur ce projet monétaire européen.

« Nous allons vers une dématérialisation de la monnaie et l’euro numérique fait partie de cette tendance qui vise à adopter une monnaie de plus en plus ‘légère’», explique l’économiste associé à la plateforme financière SPAK et professeur à Science Po Michel Ruimy. Selon lui, le projet de création d’une monnaie virtuelle européenne, ou « euro numérique » participe à une volonté de l’Union européenne de « maîtriser l’évolution de la monnaie ». Dans un communiqué du 18 octobre 2023, la Banque centrale européenne (BCE) notait en effet que « dans un contexte de déclin de l’utilisation d’espèces, ainsi qu’une transition accélérée vers le shopping en ligne et les paiements digitaux, il est crucial de s’assurer que la monnaie européenne demeure sécurisée ».  

La phase d’investigation sur la viabilité du projet étant terminée, la « phase préparatoire » est désormais ouverte. Elle doit permettre de définir les modalités de développement de cet euro numérique en vue d’une mise en circulation prévue pour fin 2025. « La Banque centrale européenne avait initialement annoncé un lancement en 2024, mais les calendriers sont régulièrement ajustés. Il faut que toutes les banques centrales puissent s’aligner sur le projet, ce qui nécessite des technologies et des investissements. Aussi , il se peut que nous voyions apparaître les premières formes d’euro numérique entre 2025 et 2026 », confirme Michel Ruimy. 

Un moyen de paiement reconnu dans toute la zone euro 

Qu’apporterait cet euro numérique ? « La mise en place de cette cryptomonnaie permettrait de minimiser les coûts d’exploitation dans le système financier, explique Michel Ruimy. Actuellement lorsqu’un usager utilise sa carte bancaire, le système bancaire perçoit des commissions qui engendrent des frais annuels. La dématérialisation de la monnaie permettrait d’annuler ces coûts de gestion. » Contrairement aux autres cryptomonnaies, telles que le Bitcoin ou l’Ethereum, l’euro numérique serait également un moyen de paiement reconnu par tous les États de la zone euro et donc utilisable partout pour les paiements en ligne comme dans les commerces. 

« Un euro virtuel permettrait de transposer les éléments clefs du liquide à l’ère du digital » précise le communiqué de la BCE. En effet, l’euro numérique offrirait le même anonymat que les espèces, contrairement aux transactions informatiques actuelles, et protégerait donc les données des consommateurs. « Lorsque l’on réalise des achats avec une carte bancaire, il y a une traçabilité. Or, ces informations peuvent être utilisées par un tiers, notamment pour déceler des habitudes de consommation et monétiser ces données »,  détaille l’économiste. 

share Partager

Actualités économiques

L’Italie relève la note pour les expatriés fortunés, sans renoncer à la flat-tax

Pilier de l’attractivité fiscale italienne pour les grandes fortunes étrangères, la flat tax sur les revenus perçus à l’étranger pourrait être portée à 300 000 euros par an dès 2026. Une réforme qui suscite de vifs débats sur l’avenir de ce dispositif. Décryptage avec un expert en fiscalité internationale.

Actualités économiques

Expatriés : cette assurance chômage que personne ou presque ne connaît

Le régime d’assurance-chômage des expatriés est un dispositif qui couvre tous les salariés travaillant à l’étranger hors détachement.

Actualités économiques

Genève, toujours la ville la plus chère au monde pour les expatriés

On s’en doutait mais le classement annuel d’EuroCost le confirme, la grande ville des bords du lac Léman arrive en tête devant Londres en terme de coût de la vie pour les étrangers.

Actualités économiques

Fuite des cerveaux : comment la Nouvelle-Zélande veut attirer les expatriés

Plombé par une démographie en berne, le gouvernement néo-zélandais compte sur un assouplissement des règles d’entrée dans le pays pour séduire des travailleurs étrangers qualifiés afin de pallier les départs massifs de ses habitants vers l’Australie.

Actualités économiques

Et si le Mercosur n’était finalement pas un si mauvais « deal » ?

Vilipendé de ce côté-ci de l’Atlantique par de nombreux agriculteurs en colère, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et l’Amérique du Sud est en revanche applaudi au Brésil, où les Français expatriés y voient une mine d’opportunités.