Christine Gilguy
24 juin 2025

CCI France International : le palmarès des Trophées 2025

A la veille d’une assemblée générale devant élire son nouveau président, lors de sa soirée de Gala traditionnelle le 23 juin, marquée par la remise de Trophées à des entreprises dynamiques à l’international, CCI France International, tête de pont des CCI françaises à l’étranger, a affiché une santé et un optimisme sans tache.

Un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros, en croissance de +12,5 % grâce au développement des services aux entreprises (50 % du CA), 120 chambres dans 95 pays, 36 000 membres, en hausse de 700 … Ce sont les clés d’un « réseau solide » qu’Arnaud Vaissié laisse à son successeur, qui devait être élu le 24 juin à l’issue de l’assemblée générale de l’association, après 3 mandats de président de CCI France international étalés sur 9 ans.

« On anticipe déjà que cette croissance va se poursuivre cette année », s’est-il réjouit en s’adressant à une assemblée de 450 convives, dont des très nombreux responsables de chambres venus des quatre coins du monde pour l’occasion. « En 2025, nous espérons atteindre les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires » a encore dévoilé Arnaud Vaissié, qui a eu droit à une standing ovation en quittant la tribune.

Les lauréats des trophées 2025

Catégorie « Actions RSE/ESG des CCI FI »

CCI France Inde, qui mène une stratégie RSE ambitieuse en Inde et soutient notamment l’éducation Steam, l’insertion des personnes amputées, la santé préventive et le reboisement. Avec 28 initiatives lancées, 600 000 euros mobilisés, la Chambre vise 100 000 bénéficiaires d’ici 2030.

Catégorie Responsabilité sociétale des entreprises (RSE)

Matawan (Montréal, Canada) est une scale-up française qui optimise les réseaux de transport grâce à une plateforme cloud connectant bus, opérateurs et passagers. Active dans 6 pays, elle a déjà équipé plus de 300 réseaux.

Catégorie startup

Owkin (Nouvelle Angleterre, Etats-Unis), fondée en 2016 est une société franco-américaine de biotechnologie développant des solutions IA pour accélérer la recherche médicale. Parmi ses multiples développements, elle pilote notamment le projet Mosaic, la plus grande base de données spatiales en cancérologie

Catégorie Entrepreneur français à l’étranger (EFE)

Amati Box (Mexique) a été fondée à Mexico par deux jeunes Français pour lancer un nouveau concept de « « lunch box », coffret repas sain et premium. Aujourd’hui rentable et sans dette après une unique levée de fonds de 80 000 dollars, elle compte aujourd’hui 3000 clients.

Catégorie Performance à l’export

© C. Gilguy

Stif, PME française spécialiste des outillages de manutention et des dispositifs anti-explosion pour l’industrie, devenue en quelques années un champion international dans le domaine de la protection contre les incendies des dispositifs de stockage d’énergie d’origine renouvelable. Elle est en forte croissance aux Etats-Unis et en Asie. A noter que Stif s’est vu décerner, en décembre 2024, un Trophée du Moci dans la catégorie « Développement international ».

Implantation étrangère en France

Vorwerk, un industriel franco-allemand de l’électroménager connu pour l’un de ses produits phare, le Thermomix. Il vient d’investir dans un nouveau site de production en France, à Donnemain-Saint-Mamès, dans l’Eure-et-Loir.

Meilleure implantation française à l’étranger

Bulle de linge (Belgique), spécialiste du linge professionnel pour le secteur de la santé, a lancé sa filiale en Belgique en 2023. Elle inaugurera son premier site de production à Hannut, avec 40 emplois à la clé d’ici 2026.

Trophée spécial du jury

Orange Tunisie, filiale tunisienne d’Orange, se distingue par son engagement RSE. Deuxième opérateur du pays, cofondateur du Pacte mondial Tunisie, elle mène depuis 2011 des actions concrètes en faveur de l’inclusion numérique, de la formation, de la diversité et de la transition écologique.

« Changer de braquet »

Ce réseau quasiment autofinancé à 100 %, délégataire de services publics d’accompagnement des entreprises françaises dans plusieurs pays et partenaire de Business France dans beaucoup d’autres, peut s’afficher comme un maillon incontournable de l’écosystème du soutien au entreprises françaises à l’international, ce qu’il n’hésite plus à faire en prenant part aux débats préparatoires au Conseil présidentiel du Commerce extérieur, plusieurs fois reportés et aujourd’hui prévu pour la première quinzaine de septembre.

On l’a vu notamment à travers sa participation active à la rédaction d’une « note blanche » du secteur privé demandant, notamment, un rééquilibrage des rôles entre opérateurs publics et privés dans le soutien aux entreprises françaises à l’export. « Le secteur privé a eu longtemps une voix subsidiaire car le support au commerce extérieur est vu en France à travers l’action des pouvoir publics et de leurs opérateurs, Bpifrance, Business France, les chambres de commerce », avait déclaré au Moci Arnaud Vaissié, fervent partisan d’un recentrage des acteurs publics sur leurs missions initiales de formation, opérations collectives sur les salons, gestion des volontaires internationaux en entreprises (VIE) et des aides financières à l’export.

© C. Gilguy

Intervenant lors de la soirée de Gala, Laurent Saint-Martin, ministre délégué en charge du Commerce extérieur, n’a pas fait d’annonce ni fermé aucune porte. Confirmant le report du Conseil présidentiel pour septembre, il a toutefois salué et remercié l’action des CCI Fi, « les réseaux souvent les plus puissants et les plus historiques » dans leur pays d’implantation, précieux pour « renforcer la relation bilatérale ».

Mais, empruntant au langage rugbystique, il a aussi déclaré « [qu’] on a besoin des CCI FI, des CCI dans les territoires, de Business France, de Bpifrance, des Conseillers du commerce extérieur », sans oublier les administrations et organismes privés, « pour faire ce pack, ce maul ». Le ministre a aussi salué « l’intelligence collective » qui prévaut à l’étranger, sous la coordination des ambassadeurs, entre les services économiques, les CCI FI et les opérateurs publics et privés.

Reste qu’après six mois d’exercice de son ministère et de nombreux déplacements, Laurent Saint-Martin estime que la France et ses savoir-faire sont connu et reconnu « mais on ne nous attend pas ». Autrement dit, il faut être plus offensif, il faut « changer de braquet ». « Essayons entre public et privé d’être plus fluide, de faire ‘Team’, en France et à l’étranger » a conclu le ministre. Rendez-vous en septembre…

Article d’origine de notre partenaire Le MOCI : https://www.lemoci.com/reseau-cci-france-international-sapprete-a-changer-dere-avec-optimisme/

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