Julie Marie
3 mai 2024

Comment prendre soin de sa santé mentale lorsque l’on s’expatrie ?

Être loin de ses proches, découvrir une nouvelle culture, s’adapter à un nouveau climat, à un changement de régime alimentaire: tous ces bouleversements peuvent affecter la santé mentale des expatriés. Voici quelques pistes pour appréhender au mieux ce changement.

Selon une étude publiée en 2018 par des chercheurs de l’université du Maryland (États-Unis), les travailleurs expatriés américains ont trois fois plus de risques de développer des problèmes de santé mentale que leurs concitoyens restés au pays. La perte de repères peut en effet affecter l’expatrié sur le plus ou moins long terme.

Pour Emma Pisarz, psychologue spécialisée sur les enjeux liés à l’expatriation, « entre un expatrié seul, un conjoint suiveur ou encore un adolescent, les problématiques psychologiques que rencontrent les Français de l’étranger sont multiples, tout dépend du profil de la personne concernée ». Toutefois, il est possible de prendre certaines dispositions afin de prévenir ou gérer les « coups de mou » avant d’entamer sa nouvelle vie à l’international.

Anticiper le départ

« Avant le grand départ, il est possible de mettre des choses en place pour minimiser le choc culturel, explique Emma Pisarz. L’idéal, quand cela est possible, est d’aller séjourner quelques jours dans le pays d’accueil avant l’emménagement officiel afin d’en découvrir la culture et les coutumes. Cela permet d’y créer des premiers repères ».

Pour ceux qui n’en auraient pas le temps ou les moyens, la préparation peut passer par la lecture de livres  sur l’expatriation, de guides de voyage, le visionnage de documentaires, etc. Discuter avec d’autres expatriés sur des forums spécialisés permet par ailleurs de nouer des premiers contacts sur place et d’obtenir de précieuses informations sur la vie dans le pays. Une plateforme comme Facebook regorge de groupes réunissant les communautés françaises partout dans le monde, de Montréal à Hong Kong en passant par Rio de Janeiro ou Cape Town.

Savoir s’entourer

Une fois sur place, le risque premier est de se sentir isolé. En effet, dans une étude menée entre 2014 et 2016 par la société Aetna (entreprise américaine, spécialisée dans l’assurance santé des employés), 42,8 % des expatriés interrogés citent la perte d’un réseau de connaissances comme principal facteur de stress. Rejoindre un groupe d’expatriés dès les premiers jours permet de remédier à cela: les consulats disposent des listes d’associations françaises présentes sur place. Le réseau Fiafe s’avère également précieux: il regroupe un grand nombre d’accueils à travers le monde. La carte interactive de ces accueils est consultable sur son site.

Toutefois, être bien entouré ne suffit parfois pas et certains peuvent ressentir le besoin d’avoir un accompagnement plus personnel. « Lorsqu’on se pose la question de si on a besoin d’un accompagnement psychologique, c’est que c’est le bon moment pour sauter le pas », explique Emma Pisarz. Le réseau PsyExpat regroupe les professionnels francophones (psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, etc.) travaillant à l’étranger. L’annuaire est disponible en ligne gratuitement.

« Il faut accepter d’avoir besoin de temps »

Afin de vivre au mieux l’arrivée, la psychologue conseille également de se créer des habitudes: cuisiner des plats familiers, consacrer un temps régulier pour appeler ses proches, etc. « Se créer des routines est une bonne manière d’appréhender ce changement de vie. Lorsqu’on s’expatrie, on peut être pressé de s’intégrer mais il faut savoir qu’il est normal d’avoir besoin de temps, cela peut parfois prendre plusieurs mois ! »

Emma Pisarz suggère aussi de prendre du recul sur les événements. « Le principal, c’est vraiment d’éviter le sentiment de culpabilité : ce n’est pas parce qu’on est dans un super pays et que c’est une super opportunité qu’on est obligé de bien le vivre. Il faut accepter d’avoir besoin de temps pour s’y faire », conclut-elle.

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