Anne-Florence Salvetti
2 avril 2026

Monter une asso à l’étranger : « un bon moyen pour trouver sa place »

Cécile Lazartigues-Chartier a vécu au Québec pendant 27 ans. 20 ans après son installation, elle a créé Racines Sud Montréal, une branche du réseau international Racines Sud, association pour les Occitans vivant hors de France. Un moyen de faire le lien entre ses origines et son pays d’accueil.

« Je voulais enrichir le lien entre ma région d’origine et ma nouvelle vie »

Le bénévolat n’avait pas de secret pour Cécile, avant même de créer sa branche associative. « Je me suis toujours engagée pour participer à la communauté et enrichir le lien. Auprès d’associations qui aident les immigrés en grande précarité, en tant que parent d’élèves, pour des causes sociales ou humanitaires, des engagements associatifs professionnels, du mentorat pro. C’est comme cela que je vois le partage. »

En créant Racines Sud Montréal, elle avait envie de faire un acte généreux et humain, afin de faciliter l’intégration des Occitans au Québec, mais aussi de créer des liens forts localement. « Je voulais enrichir le lien entre ma région d’origine et ma nouvelle vie, et ce fut 7 ans de bonheur ! » se souvient-elle.

Mais diriger une association n’a pas été un long fleuve tranquille pour autant. « Fédérer des membres est difficile, la gratuité fait que parfois les gens s’engagent moins. Mais au Québec, chacun est conscient que le bénévolat et le réseau sont primordiaux pour la carrière et la vie sociale. » À son retour en France pour raisons familiales, Racines Sud Montréal n’a malheureusement pas tenu le choc et l’équipe s’est dissoute. « L’équipe de Montréal était fantastique mais l’association en France n’a pas suivi son exigence très proactive et pragmatique. »

Crédit photo : Shutterstock / PeopleImages

S’investir avec humilité et curiosité

La plus grande fierté de Cécile dans cette aventure est d’avoir nourri le lien entre l’Occitanie et le Québec, et surtout d’avoir pu accompagner de nombreuses personnes. « On aidait à trouver un stage, un travail, il est même arrivé qu’on héberge chez nous des personnes pour une nuit ou plus, pour dépanner. »

Partager le meilleur et donner un coup de main, voilà la vision du monde de Cécile, matérialisée par Racines Sud Montréal. « C’est grisant de pouvoir faire gagner du temps et de l’énergie à ceux qui arrivent sur un nouveau territoire. C’est une super expérience interculturelle entre nos origines et notre nouveau territoire de vie ! »

Aux Français qui voudraient se lancer dans l’aventure associative à l’étranger, elle conseille de faire appel à leur curiosité, leur humilité et leur connexion aux locaux. « Je suis restée 27 ans au Canada, je n’étais pas de passage, j’y ai élevé mes enfants et j’y ai vécu des années de grand bonheur. L’associatif est une manière de participer, de trouver notre place. »

Et avant même de créer sa propre association, Cécile encourage vivement tous les nouveaux arrivants à faire du bénévolat dans leur pays d’accueil, « dans cette culture qui leur est encore étrangère ». Cela a le double bénéfice d’enrichir la vie locale et de s’ouvrir à de nouveaux possibles. « Puis avec le temps, si on a l’élan et l’énergie – car oui, cela peut être épuisant ! – on peut créer une association… mais toujours avec respect et humilité. »

Crédit photo : Unsplash / mhrezaa

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