Julie Marie
3 avril 2026

Trois questions à Samantha Cazebonne

La sénatrice des Français hors de France est missionnée par le Premier ministre pour faire des propositions de réforme structurelle de l’AEFE

Cet article fait partie du dossier Education, scolariser ses enfants à l'étranger Téléchargez l’intégralité de ce dossier au format PDF : : 3/13

Français à l’étranger : Quel est l’objectif de la mission qui vous a été confiée ?

Samantha Cazebonne : L’objectif est de formuler des propositions opérationnelles pour accompagner une réforme structurelle de l’AEFE. Le modèle économique de l’Agence, vieux de plus de 35 ans, montre aujourd’hui ses limites. Sans évolution, il entraînera soit des hausses brutales des frais de scolarité, soit le départ de nombreux enseignants titulaires. Il est donc nécessaire d’engager des transformations en profondeur.

FAE : Quel état des lieux faites-vous aujourd’hui du réseau de l’enseignement français à l’étranger ?

S.C. : Le réseau est en croissance, avec plus de 400 000 élèves dans 612 établissements, et se porte globalement bien. En revanche, le modèle économique de l’AEFE n’est plus soutenable. Le réseau est aussi confronté à une concurrence accrue : systèmes locaux gratuits, établissements internationaux plus agiles, meilleure prise en compte du bien-être des élèves ou encore valorisation des langues. Ces évolutions interrogent notre attractivité.

FAE : Comment répondre aux inquiétudes et quelles priorités pour la réforme ?

S.C. : Les inquiétudes sont légitimes. Il faut plus de transparence et de visibilité sur le financement. L’État consacre 505 M€ au réseau, mais des gains d’efficience sont nécessaires pour éviter que la seule variable d’ajustement soit la baisse du nombre d’enseignants détachés. La réforme doit se construire avec l’ensemble des acteurs. Ma priorité est claire : replacer l’élève au centre et renouveler la gouvernance pour engager les évolutions indispensables.

Dossier Education - Avril 2026

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