Dahvia Ouadia
6 avril 2026

Scolariser ses enfants en école française, un choix stratégique ?

Quand on part vivre à l’étranger, le choix de la scolarité pour ses enfants peut devenir cornélien. Entre école locale, école internationale ou française ou encore école à la maison, difficile de se décider. Témoignages de trois mères de famille qui ont fait le choix du lycée français pour leurs enfants en Jordanie, Côte d’Ivoire et Madagascar.

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L’école française, un choix qui s’impose

Pour Virginie, la question de scolariser ses trois enfants dans une école française ne s’est pas posée. « C’est l’employeur qui finance la scolarité de nos enfants. On avait le choix entre deux établissements français à Abidjan. On a choisi le plus proche, le lycée Jean Mermoz », résume la jeune femme.

Au-delà de l’aspect financier, d’autres éléments ont joué en faveur du lycée français. « La Côte d’Ivoire est un pays francophone et comme nous n’avons pas vocation à quitter le pays dans les prochaines années, c’était plus simple de prendre une école française. Et puis on savait que les deux établissements étaient très bien, surtout par rapport aux écoles locales qui ne sont pas dans nos standards. »

Pour Emilie, aussi, l’école française s’est imposée pour ses deux enfants quand elle s’est installée à Amman en Jordanie. Son fils aîné, est aujourd’hui en CE1 au lycée français international d’Amman. « Nous aimerions rester à l’étranger, mais, pour le moment, nous avons prévu de rentrer en France dans quatre ans. C’est pourquoi je préfère qu’il connaisse déjà le système ».

Christelle a eu le choix entre une école locale ou une école française à Madagascar. « On est arrivés à Tamatave il y a 14 ans. Nos quatre enfants suivent leur scolarité dans le pays. Nous avons testé une première année dans une école locale mais l’apprentissage ne nous a pas plu. Il y avait beaucoup de par cœur et peu de réflexion. Dans cette ville, il y a peu d’écoles reconnues en dehors de l’école française, on les a donc inscrits en lycée français de Tamatave au fur et à mesure dès la petite section

Elle voulait aussi “être sûre que ses enfants aient des diplômes reconnus”. « Il est clair que nos enfants quitteront le foyer et le pays après leur bac, nous ne voulions pas qu’ils soient bloqués pour faire des études à l’étranger », résume la mère de famille aujourd’hui installée à Tananarive.

Un niveau globalement bon… sauf en langues ?

Un choix d’établissement qui se révèle le bon pour ces trois femmes. « Il y a un sentiment d’appartenance dans notre établissement à Abidjan entre le personnel, les élèves et les familles. De la toute petite section à la prépa, tout se passe au même endroit. Ma fille, qui est entrée au collège, n’a eu aucune appréhension. La transition s’est faite très naturellement », estime Virginie.

Pour elle, le niveau scolaire est aussi à la hauteur, notamment en langue. « Mes enfants ont appris l’anglais dès la maternelle. Il y a aussi un programme de section internationale européenne. Tout est fait pour favoriser cet apprentissage ».

Emilie de son côté apprécie le cadre dans lequel son fils évolue au lycée français international d’Amman, elle regrette cependant le niveau en langue. « Je suis très déçue du niveau d’anglais dans l’école française. Mon fils avait des facilités en langue et je pensais qu’avec l’école il progresserait beaucoup plus vite. Il parle bien anglais mais pas comme il devrait ».

Même constat pour Christelle, à Madagascar. « A Tamatave, le niveau de langue en primaire était assez nul, on ne voyait pas vraiment de progrès chez nos enfants. Mais depuis qu’ils sont au lycée français de Tananarive, les choses s’améliorent. L’école est davantage axée sur l’apprentissage des langues et on voit la différence ».

Selon elle, d’ailleurs, la qualité de l’enseignement dépend beaucoup des établissements, des pays et des enseignants. « Le niveau se défend bien, il y a des profs qui sont très bien et d’autres moins. Mais la réalité c’est aussi qu’il y a de moins en moins de professeurs résidents et beaucoup plus de professeurs locaux, ce qui peut avoir des conséquences sur le niveau. »

Dossier Education - Avril 2026

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