Marie-Pauline Desset
18 septembre 2026

Le VIE en Australie, accélérateur de carrière à l'international

Ils ont moins de 29 ans, un passeport français et l'envie de se lancer à l'autre bout du monde sans sacrifier leur carrière. Grâce au volontariat international en entreprise (VIE), des centaines de jeunes Français s'installent chaque année en Australie, le temps d'une mission qui, souvent, se transforme en véritable rampe de lancement professionnelle. Regards croisés d'une volontaire et de Business France sur le dispositif.

Cet article fait partie du dossier Australie, terre d'opportunités : [not set]/12

Chloé Douaud est arrivée à 28 ans à Sydney pour y effectuer une mission d’un an via le volontariat international en entreprise (VIE), un programme de placement en entreprise soutenu par le gouvernement français via Business France. Elle a occupé le poste d’assistante marketing et communication à la Chambre de commerce et d’industrie franco-australienne (FACCI).

Elle explique avoir saisi cette opportunité in extremis, « quelques mois avant la date limite » de son âge, car ce programme s’adresse uniquement aux jeunes jusqu’à 29 ans. Avant de s’expatrier, elle avait d’ailleurs déjà travaillé pendant cinq ans à Paris, puis voyagé six mois en Asie du Sud-Est.

« Quand je suis rentrée de France, j’avais encore envie de voyager et de vivre à l’étranger, mais de gagner de l’argent et de reprendre ma carrière quand même. Je n’avais pas envie de redémarrer à zéro », raconte-t-elle, lors d’une rencontre dans le café de l’Alliance française au centre-ville de Sydney. Son expérience professionnelle et un bon niveau d’anglais lui ont permis de se démarquer pour obtenir un VIE en Australie, dans un secteur marketing assez saturé.

Une intégration encadrée

À son arrivée, elle a apprécié les rendez-vous réguliers du réseau des VIE en Australie, facilités par Business France, pour contribuer à l’intégration dans le pays. « Tu arrives et tu rencontres tout de suite des gens qui sont dans la même optique que toi, qui ont les mêmes problématiques au même moment. Comme se faire des amis, trouver un logement, faire en sorte que ça se déroule bien au travail dans une nouvelle culture », salue-t-elle.

En Australie, l’indemnité du VIE (exonérée d’impôts) est alignée sur le coût de la vie, ce qui permet de vivre « confortablement » et de bien démarrer son installation, juge-t-elle.

Son expérience s’est dès lors avérée très positive, si bien que sa première année de volontariat s’est prolongée en seconde. À l’issue de cette période, l’entreprise l’a sponsorisée pour un visa d’une durée de deux ans. Un parcours relativement classique, car beaucoup d’autres compatriotes ont aussi converti leurs VIE en parrainage pour un visa de travail en Australie. « Après deux ans, tu es bien intégré dans l’entreprise donc ce serait dommage de repartir de zéro. Si bien que pas mal de personnes en VIE restent plus longtemps », observe-t-elle.

De candidate à recruteuse

Montée d’un grade dans l’entreprise, elle s’est récemment retrouvée de l’autre côté du programme, en recrutant à son tour une Française comme volontaire. Elle admet que la concurrence est rude, après avoir reçu plus de 200 candidatures. Au-delà des compétences et de la disponibilité, elle a aussi privilégié les profils avec une première expérience à l’étranger, de préférence en anglais. « Cela indique que la personne peut s’adapter à une autre culture et à la vie à l’étranger, car partir en Australie, c’est quand même super loin », estime Chloé.

Accélérateur de carrière

François Matraire, le directeur de Business France dans l’île-continent, fait valoir que la formule VIE est un « formidable accélérateur de carrière ». Cette année, un nombre record de 300 volontaires sont en mission en Australie, se félicite-t-il. Les candidats partent pour une mission de six mois minimum, renouvelable pour une durée maximum de 24 mois. Environ 120 entreprises françaises, de toute taille, tirent parti de ce système et le plébiscitent, constate M. Matraire. « C’est extrêmement flexible, très simple et abordable, car cela ne nécessite pas de sponsoriser le visa, ni rien de particulier de la part de l’entreprise », résume-t-il. Des volontariats sont proposés dans une variété de secteurs, de la construction à l’énergie, en passant par le transport ou la gestion de l’eau. M. Matraire tient à préciser qu’il n’y a aucun prérequis en termes de profil et de formation pour accéder à une mission de VIE.

Il souligne surtout que Business France ne se contente pas de placer les jeunes, mais assure également un encadrement des cohortes de VIE déployées en Australie. « Cela permet de veiller à leur sécurité et de s’assurer que la mission effectuée correspond bien à ce qui avait été promis par l’entreprise », détaille-t-il.

Dossier Australie - Septembre 2026

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