Pénélope Bacle
19 mars 2020

Coronavirus : "53 jours de confinement plus tard, c’est enfin fini!"

L’étudiant Jean Humbert a enfin pu sortir de chez lui après presque deux mois de confinement à Jingzhou, à 200 km de Wuhan où l'épidémie est désormais "pratiquement jugulée" selon le gouvernement chinois. Le Français raconte.

53 jours de confinement plus tard, c’est enfin fini! Mardi 17 mars, à minuit, la voie était libre pour sortir. Je peux désormais quitter ma résidence et je suis libre de faire ce que je veux ! Plus besoin de se faire mesurer la température ni de s’enregistrer à l’entrée de la résidence, plus de barrières, plus de contrôles…

Une seule matinée a suffit pour tout ranger et retrouver un environnement presque normal. Seuls les masques sont toujours recommandés, la très grande majorité des Chinois que j’ai pu croiser continuent d’ailleurs de les porter. C’est l’unique trace de l’épidémie encore visible. Quel plaisir de pouvoir se balader dans les bouillonnantes rues chinoises et d’entendre de nouveau les incessants klaxons ! Les bus circulent, les triporteurs livrent leurs colis et les vélos en libre-service ont de nouveau envahi les rues.

Ici le temps est agréable, la température oscille entre 20•C et 27•C avec un grand soleil. En général, en Chine, le temps change à partir de mars et devient plaisant.

> Une réouverture partielle

La ville reste cependant encore bloquée, nous ne pouvons toujours pas prendre le train. Tous les magasins ne sont pas encore ouverts mais ça ne saurait tarder et les restaurants servent seulement à emporter. C’est mieux que rien : nous pouvons enfin varier notre nourriture et retrouver un semblant de saveurs occidentales.

L’université nous demande d’éviter de sortir, mais après ce que l’on a vécu, il est difficile de rester chez soi. Nous devons être rentrés chez nous à 21h. Des employés de l’université patrouillent dans les rues pour surveiller les étudiants. Nous risquons un avertissement, voire même l’exclusion de l’université ou l’annulation du diplôme si nous enfreignons ces règles.

Nous n’avons toujours pas de date de reprise des cours, les dortoirs pour les étudiants chinois sont toujours fermés ce qui les empêchent de revenir. Les étudiants étrangers qui étaient rentrés doivent également rester dans leurs pays respectifs et attendre les consignes de l’université. Pour ma part,  je me dis que j’ai fait le bon choix de rester, ça a été difficile mais nous sommes sortis de l’interminable tunnel.

> Les yeux rivés sur l’Europe

Je continue de suivre l’actualité. J’ai regardé en direct les deux allocutions du Président de la République. La situation en Europe m’inquiète notamment en France…

Voir les gens se balader dans les rues comme si de rien n’était m’a profondément agacé. Ici, en Chine, le virus a été un drame pour la population, je n’ai pas envie que ça le soit également dans mon pays. Le confinement est la meilleure solution, cela a marché en Chine, cela devrait marcher en France. Il est vrai que ce n’est pas facile mais c’est ce qu’il y a de mieux.

 

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