Français à l'étranger
25 août 2022

Un plan d’action contre la pénurie de main-d’œuvre au Québec

Du commerce à la santé en passant par l’enseignement ou l’industrie, le manque de bras touche tous les secteurs professionnels dans la province de l’Est canadien. Face à cette hémorragie de personnel, le gouvernement du Québec met en avant plusieurs initiatives pour attirer des travailleurs venus de France.

Les chiffres sont têtus. Sur la période 2016-2019, le nombre de Français admis approchait les 4 000, soit le quart des immigrants de tous les pays. En 2020, année de la pandémie, ce chiffre a baissé d’un millier et le taux des Français est passé de 25% à 11,7%. L’année dernière, ils étaient près de 10 000 (18,9%). Le rythme s’est maintenu en 2022 avec un peu moins de 5 000 Français autorisés à s’installer au Québec entre janvier et juin (15,2 %). Selon les dernières données disponibles de Statistique Canada, soit mai 2022, il y a 253 825 postes vacants au Québec. La rareté de la main-d’œuvre touche tous les secteurs de l’économie. Face à la remarque régulièrement entendue à propos des délais et des lourdeurs administratives pour obtenir un visa, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec rappelle que « la gestion des frontières ainsi que l’octroi des visas et de la résidence permanente, de même que les délais qui en découlent, relèvent de la responsabilité du gouvernement fédéral. De façon générale, le ministère travaille de concert avec ses homologues fédéraux afin de simplifier et accélérer les processus en vigueur. »

Reconnaissance de compétences

Depuis plusieurs années, le ministère recrute à l’international des candidates et des candidats en provenance de la France dans le cadre de l’Entente France-Québec pour laquelle un processus simplifié est permis par l’arrangement de reconnaissance mutuelle. « La mise en œuvre l’an dernier du Plan d’action en reconnaissance de compétences permet d’accroître les possibilités de recrutement international de personnes exerçant des professions et métiers réglementés, en diversifiant les bassins francophones », explique le ministère. Ce plan contient des mesures pour encourager les organismes de réglementation et les ordres professionnels à améliorer l’évaluation des compétences des personnes formées à l’étranger, à élaborer des formations d’appoint et lorsque pertinent, à délivrer des permis restrictifs temporaires autorisant les travailleuses et travailleurs d’exercer leur profession, sous certaines conditions. Des mesures d’accompagnement pour faciliter la reconnaissance des compétences sont également déployées à chaque étape du parcours et une aide financière peut être octroyée aux personnes formées à l’étranger qui suivent une formation d’appoint pour obtenir la reconnaissance de leurs compétences par un organisme de réglementation.

Davantage d’admissions ?

Plusieurs représentants du patronat et du monde des affaires ont récemment réclamé une augmentation de 50 000 à 80 000 admissions par an, ce qui viendrait répondre, en partie selon eux, au problème de manque de main-d’œuvre. Le ministère explique qu’il se basera sur les orientations présentées dans l’exercice de planification pluriannuelle 2020-2022 pour établir le Plan d’immigration 2023. « Bien que ces orientations, qui ont été soumises à une consultation publique, aient été approuvées en 2019, elles demeurent toujours pertinentes dans le contexte actuel, détaille-t-on. Les seuils d’immigration à partir de 2024 seront établis dans le cadre de la prochaine planification pluriannuelle qui sera prévue à l’issue de la période électorale à venir. » Rappelons que les orientations de la planification ont notamment pour objets la composition de l’immigration et le nombre prévu de personnes admises, mais également les différentes priorités gouvernementales en termes d’immigration. Elles visent, entre autres, à répondre aux besoins du Québec tout en tenant compte de sa capacité d’accueil et d’intégration.

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