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30 août 2022

Main-d’œuvre : un défi majeur pour le marché du travail au Québec

La situation de rareté de main-d’œuvre à laquelle fait face actuellement le Québec est inédite. Entre vieillissement de la population, effet Covid-19 et réorientation des salariés vers d’autres professions plus attrayantes et rémunératrices – une tendance qui touche en particulier le secteur de la restauration et des débits de boisson –, la tendance mettra du temps à s’inverser, selon le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec.

L’année 2021 a été marquée par une reprise du marché du travail caractérisée par une augmentation du nombre de personnes en emploi. Les données de Statistique Canada indiquent une augmentation de 169.400 du nombre de personnes en emploi au Québec entre 2020 et 2021. Au cours de la dernière année on comptait 4.269.000 personnes en emploi au Québec, dépassant le niveau observé avant la pandémie. Les données montrent aussi une diminution marquée du taux de chômage qui est passé de 8,9% en 2020 à 6,1% en 2021. « Soulignons également le phénomène du vieillissement démographique qui s’accentue au Québec, ajoute Émilie Savard, de la direction générale des communications au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, un phénomène marqué par une augmentation de la proportion relative des personnes de 65 ans et plus, et par une diminution du groupe des 15 à 64 ans, donc de la population en âge de travailler. Cela constitue un défi majeur pour le marché du travail, alors que la rareté de main-d’œuvre se fait ressentir dans plusieurs professions et secteurs d’activité. » Selon l’enquête sur les postes vacants et les salaires (EPVS) de Statistique Canada, au premier trimestre 2022, on comptait 224.370 postes vacants au Québec, soit 110.155 postes de plus comparativement au premier trimestre 2019. Mentionnons que 140.985 (63%) des postes vacants signalés au premier trimestre 2022 étaient situés sur les territoires de Montréal et des régions limitrophes de la Montérégie, des Laurentides, de Laval et de Lanaudière.

Main-d’œuvre : un défi majeur pour le marché du travail au Québec

La restauration particulièrement touchée

Dans le secteur des services de restauration, le nombre de postes vacants a presque triplé comparativement au premier trimestre 2019, passant de 9.505 à 24.900 au premier trimestre 2022. « Ce secteur a été grandement affecté par les différentes restrictions mises en place par le gouvernement dans l’objectif de contrer la pandémie de Covid-19, relève Mme Savard. De plus, il était parmi les derniers secteurs à reprendre ses activités et plusieurs travailleurs se sont requalifiés au cours de la période pandémique vers d’autres secteurs. » Cette requalification peut s’expliquer entre autres par le fait que les offres salariales de ce secteur (14,85 $/heure) sont bien inférieures à la moyenne au Québec (23,15 $/heure). La relance simultanée de plusieurs secteurs d’activité à partir de l’été 2020 a par ailleurs généré une augmentation de la demande de main-d’œuvre que le marché du travail n’a pas pu absorber entièrement. « Ceci explique également les problématiques de main-d’œuvre auxquelles fait face ce secteur qui connaissait déjà avant l’urgence sanitaire certains enjeux liés au taux de roulement important de sa main-d’œuvre », note Mme Savard. Mais l’enjeu de la rareté de la main-d’œuvre demeure une réalité touchant la plupart des secteurs d’activité au Québec comme la santé, la construction, les technologies de l’information (TI) ou l’enseignement. La demande de travailleurs pour plusieurs professions devrait continuer de croître au cours des prochaines années.

Main-d’œuvre : un défi majeur pour le marché du travail au Québec

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