Fanny Lardillier
6 avril 2022

Appalaches Nature, les clés du succès

Matthieu Bernet est directeur général de la société de fabrication de sirop d’érable Appalaches Nature®, implantée depuis 2017 au Québec. Il revient avec nous sur la construction de cette belle réussite et les clés du succès de l’implantation d’une société française à l’étranger.

Français à l’étranger (F.A.E.) : Comment est née Appalaches Nature ?

Matthieu Bernet (M.B.) : L’histoire d’Appalaches Nature, c’est le résultat du rapprochement de deux sociétés. D’abord celle de la famille Michaud qui est le leader français du miel et des produits sucrants naturels. C’est une société qui a su se diversifier à partir de cette activité de miel pour aller vers celle du sirop d’érable. Il y a vingt ans, ils se sont lancés dans la commercialisation du sirop d’érable en France, mais il paraissait évident qu’il fallait s’installer ici, au Québec, pour en maîtriser l’approvisionnement et la production. En 2017, nous avons racheté Biodélices® qui était une petite entreprise de sirop d’érable québécoise lancée en 2007 par Serge et François Dubois. C’est là où Appalaches Nature a vu le jour. 

F.A.E. : Quelles sont les clés de succès pour implanter son entreprise à l’étranger ?

M.B. : Il faut s’assurer d’avoir un projet qui a du sens car il va solliciter des ressources humaines et financières importantes. Beaucoup de Français de notre équipe sont venus sur le territoire pour superviser l’implantation et faciliter les liens avec la maison mère. Il faut savoir justifier tout cela auprès des équipes en France, qui vont allouer du temps au projet.

Il faut s’ancrer localement et comprendre la culture du pays dans lequel on s’installe. C’est pour cela qu’il était important pour nous de garder des actionnaires québécois avec Serge et François Dubois. Ça donnait de la légitimité au projet et c’était l’occasion de se faire un nom et une place culturelle. Par rapport à cet ancrage local, on a aussi souvent l’impression qu’il faut viser le Québec en raison de la proximité linguistique. Bien sûr que cela aide, mais il y a une réelle différence culturelle que négligent souvent les Français. Et une fois qu’on a compris ça, on peut réellement agir de manière différente.

Le troisième enseignement est lié au temps et à l’argent : tout prend toujours plus de temps qu’on pense et plus d’argent que prévu. Non pas que les choses se passent plus lentement ici qu’ailleurs, mais on sous-estime toujours un petit peu le projet.

F.A.E. : Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

M.B. : Nous avons rencontré des difficultés au niveau de certains coûts de fabrication, avec beaucoup de matériels venant de l’étranger. Nous avons aussi fait le choix de nous installer au Québec, donc il peut y avoir des aléas climatiques qui rendent la construction industrielle plus compliquée. En tout cas, il y a une forme d’apprentissage par laquelle il faut passer afin de maîtriser les outils. Nous avons voulu aller en région – à 2h40 de Montréal – car nous voulions être au cœur des érablières, mais la contrepartie c’est que cela rend difficile les enjeux de recrutement, notamment dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre au Québec. Mais nous avons eu de la chance : le Canada est un pays très ouvert au niveau des investisseurs étrangers et cet accueil a représenté un vrai plus.

F.A.E. : Et cinq ans plus tard, où en est Appalaches Nature® ?

M.B. : Aujourd’hui, nous sommes sortis de cette zone d’implantation pour passer au développement, et ça fonctionne très bien. Nous avons choisi de devenir une entreprise qui accorde une importance particulière à l’impact de nos sociétés sur l’environnement. Nous le faisons à travers le choix de produits qu’on commercialise, qui sont des alternatives au sucre raffiné. C’est une évidence pour nous de préserver la nature. Nous essayons aussi d’exporter partout dans le monde, c’est déjà le cas dans 72 pays, et surtout aux États-Unis qui sont le premier importateur au monde de sirop d’érable.

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