Laura Mousnier
3 août 2022

« Nous sentions que l’on passait à coté de quelque chose »

C’est depuis la ville de Plovdiv en Bulgarie que Christine, Française qui a choisi la vie de nomade numérique avec son mari Patrice et son fils Logan, nous parle de son choix de vie et de son quotidien.

Aujourd’hui Plovdiv, hier l’Algarve, la Thaïlande, la Malaisie et le Japon en perspective pour la rentrée de septembre 2022, telle est la vie de cette famille de nomades numériques.

Avant de s’embarquer dans cette aventure, Christine et Patrice étaient déjà entrepreneurs et géraient une boutique en ligne depuis leur domicile. C’est fin 2012 que l’idée de devenir nomade digital prend réellement sa place dans la tête de Christine et Patrice. « Je ne sais pas si c’est la crise de la quarantaine puisque nous avions un peu plus de 40 ans à cette époque, mais nous sommes arrivés à un moment où nous avions besoin de changements. Nous ne profitions pas assez de la vie et nous sentions que l’on passait à coté de quelque chose » se confie Christine.

Après diverses recherches sur internet, c’est dans la littérature qu’elle rencontre le déclic. « Je suis tombée sur le livre “La semaine de 4h”, écrit par Timothy Ferriss. Il abordait le nomadisme digital, le fait que l’on puisse travailler tout en voyageant. Au fil de ma lecture, j’ai découvert un témoignage d’une famille américaine qui voyageait ainsi avec une petite fille de six ans. C’est à ce moment que l’idée a germée ! Je me suis dit que s’ils peuvent le faire avec une enfant de six ans, nous pouvions aussi le faire avec un ado de 13 ans. »

Une fois la décision prise, sept mois se sont écoulés avant le départ et c’est le 31 juillet 2013 que tout commence, « On a rendu les clés de notre maison en location et nous sommes partis, cela fait neuf ans presque jour pour jour », s’émeut Christine.

Elle nous explique ce temps de préparation comme complexe du côté professionnel : « Nous avons dû faire face à de nombreuses démarches administratives concernant notre société de l’époque. A contrario, d’un point de vue personnel, rien de plus simple. J’avais préparé une check-list et je suivais tout ce qu’il y avait à faire dans l’ordre. »

Logan faisait déjà l’instruction en famille depuis la classe de CE2, il l’a poursuivie par le biais du Cned, plus adapté au voyage. Une bonne organisation fut de mise, comme « établir un planning de rendu des devoirs », précise la maman.

L’organisation pour mantra

Logement, couverture réseau… Christine a tous les réflexes indispensables. « On loue un Airbnb, avec de préférence une bonne connexion internet. Le premier réflexe lorsqu’on arrive sur place est de vérifier la vitesse de connexion ». Le choix du logement n’est pas à négliger conseille-t-elle, « il nous faut suffisamment d’espace pour vivre et travailler ».

Ensuite, vient l’organisation du quotidien où tout le concept de nomade numérique prend son sens. Ces trois nomades travaillent trois jours par semaine avec une amplitude horaire de 10h par jour. Le reste du temps, voyage et découverte sont au programme. « C’est assez flexible mais on s’impose tout de même une discipline, notamment avec des horaires », précise Christine qui partage cette conviction : « Il faut être organisé ! ».

À chacun son rythme

Après quelques années d’expérience et avoir vécu dans 17 pays, la petite famille a trouvé son rythme de croisière. Elle se déplace dans trois ou quatre pays par année. « Nous restons dans un pays environ trois mois mais cela peut varier selon les endroits. Nous aimons bien retourner régulièrement sur nos traces car, voyage après voyage, nous créons des liens avec des habitants. C’est sympathique de pouvoir les retrouver. »

Le coup de cœur de la famille se tourne vers le Japon, « nous y sommes restés deux mois et demi en 2019 et nous pensons y retourner trois mois pour le printemps 2023. Nous étions à Osaka, c’était très bien placé pour rayonner autour », précise Christine.

Ravie de son mode de vie, Christine donne un conseil à ceux qui souhaiteraient se lancer : « Lorsque l’on démarre une nouvelle activité en tant que free-lance, dans les premiers temps, il est bien de ne pas trop s’éloigner de son pays d’origine. Notamment pour le fuseau horaire, pour ne pas être trop en décalage avec la vie des affaires en France. »

Retrouver le site : Famille nomade digitale

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