Dahvia Ouadia
5 novembre 2025

La vie étudiante en France : entre découverte d’un nouveau pays et autonomie

En arrivant en France, beaucoup d’étudiants venus de l’étranger se retrouvent confrontés à un choc culturel. Mais passés les premiers mois, la majorité trouve ses marques et apprécie la richesse de la vie étudiante française.

Cet article fait partie du dossier Etudier en France après une scolarité à l'étranger.  Téléchargez l'intégralité de ce dossier au format PDF : Guide gratuit à télécharger : Etudier en France après une scolarité à l’étranger : 2/12

« La première année a été difficile, j’ai dû m’acclimater à une nouvelle culture, de nouveaux paysages, des habitudes de vie différentes par rapport à ma vie en Russie », relate Héloïse, aujourd’hui étudiante en master de droit à l’université de Nanterre.

Comme elle, Maël, étudiant en première année d’école d’ingénieurs à l’ESILV a eu besoin d’un temps pour appréhender un nouveau rythme de vie en France. « Je suis arrivé début juillet, dans ma famille. Ça m’a fait bizarre d’être ici. Je n’y ai jamais vécu. Je découvre une culture et des valeurs différentes de la Côte d’Ivoire, même si avec des parents Français j’avais déjà quelques clés de compréhension ».

Découvrir l’autonomie de la vie étudiante

Pour s’acclimater au mieux à ce nouvel environnement, Salma, diplômée de l’ESCP, recommande de se préparer avant de partir. « Il faut apprendre à se responsabiliser, gérer son budget. Même si c’est parfois difficile, c’est une expérience extraordinaire qui permet de grandir, de devenir vraiment indépendant et de réaliser ses rêves », s’enthousiasme Salma, diplômée de l’ESCP.

Un constat que partage Maël depuis quelques mois : « Je vis dans un logement plus petit, je suis tout seul et je dois tout gérer. J’ai l’impression d’être livré à moi- même et de devoir me motiver tout seul pour réussir mes études », observe le jeune homme.

Héloïse reconnaît aussi ce gap entre la fac et le lycée. « A l’université on est beaucoup moins suivi, il faut être autonome très vite et responsable. Comme les cours ne sont pas tous obligatoires, c’est à nous de nous discipliner », estime l’étudiante.

Pour Francesca, étudiante de 20 ans en double diplôme Columbia-Sciences po, son expérience de deux ans en France dans le cadre de sa formation est une révélation. « En arrivant à 18 ans, je suis devenue une adulte ici. Et j’ai apprécié le rythme de vie, le fait de ralentir, de vivre le moment présent. »

Surmonter les difficultés académiques et financières

Cette autonomie, tous les étudiants qui viennent de l’étranger l’expérimentent. Amine est en double master à Paris. A son arrivée, il a dû faire face à de nombreuses problématiques imprévues. « Je suis arrivé en France avec un visa mineur scolarisé parce que j’avais 17 ans. Comme c’était le Covid, mes parents n’ont pas pu m’accompagner. Je n’ai pas pu ouvrir un compte en banque, ni ligne  téléphonique mais heureusement tout a pu se résoudre finalement », évoque l’étudiant.

Aïcha de son côté est arrivée du Maroc pour intégrer l’EBI. Comme Amine, elle se retrouve face à des difficultés administratives qui l’ont éprouvée. « J’ai dû régler de nombreux problèmes pour créer un compte en banque, la CAF, la sécu. J’aurais aimé avoir un accompagnement de mon école sur ces volets », raconte la jeune femme.

Francesca, elle, souligne la patience dont elle a dû faire preuve dans certaines situations. « Pour toutes les démarches, j’ai dû beaucoup me déplacer, comparer les différents prix pour choisir le meilleur plan et attendre mais finalement une fois que j’ai obtenu les différentes aides, je me dis que ça valait le coup », raconte l’étudiante, un sourire aux lèvres.

S’entourer d’amis

Mais au bout du compte, tous les témoins racontent s’en sortir avec brio. Héloïse a pu, dès sa deuxième année d’étude, prendre ses marques et retrouver des amis du lycée français en Russie fraîchement arrivés en France. « Je suis restée dans le même cocon d’amis et j’ai rencontré de nouvelles personnes à l’université. »

Amine a quant à lui pu s’appuyer sur des amis pour trouver un studio à Paris et vivre sa vie d’étudiant. « Je n’ai jamais ressenti d’isolement, j’ai un réseau d’amis et je me sens très bien dans mes études. J’ai découvert une passion pour les océans ! », raconte l’étudiant.

Francesca non plus ne s’est pas sentie seule pendant ses études sur le campus de Sciences po à Reims. « Je me suis fait beaucoup d’amis français, j’ai participé à de nombreuses soirées étudiantes dont des dégustations de champagne et de vin. C’était incroyable. La France reste dans mon cœur et ses valeurs dans ma tête ».

La majorité des villes étudiantes mettent en place de nombreuses manifestations pour les étudiants. Certaines agglomérations proposent des semaines de rentrées dédiées à l’accueil des nouveaux étudiants.

Petits conseils à l’arrivée

D’autres proposent des tarifs préférentiels pour aider les étudiants à s’intégrer dans leur ville d’accueil, que ce soit pour aller au théâtre, visiter des musées ou voir un lm au ciné. Vous aurez aussi des frais moins élevés sur les transports. Renseignez-vous auprès de votre mairie pour savoir ce à quoi vous avez accès.

En arrivant dans votre établissement, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’administration pour leur faire part de votre situation le cas échéant. D’ailleurs, de plus en plus d’universités et grandes écoles organisent aussi des guichets uniques qui permettent en un seul lieu de réaliser toutes vos démarches administratives pour votre vie étudiante.

Vous pouvez également vous rendre au Crous qui peut vous accompagner dans votre recherche de logement, de job étudiant, demande de bourses…

Enfin pour favoriser votre intégration, l’ensemble des établissements – universités et grandes écoles – ont en leur sein des associations étudiantes qui organisent des événements, des soirées et favorisent l’intégration des nouveaux étudiants.

Ce mois-ci, le dossier de Français à l’étranger est consacré aux études supérieures en France après une scolarité à l’étranger. Nous vous donnons toutes les clés et les étapes pour réussir votre orientation.

Dossier Etudier en France - Novembre 2025

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