Frédéric Lassaigne
22 décembre 2025

Erasmus+ : le grand retour du Royaume-Uni

Le pays va réintégrer en 2027 le programme européen d’échanges universitaires qu’il avait quitté fin 2020 au moment du Brexit.

Faut-il y voir un signe du réchauffement des relations entre Londres et Bruxelles ? Après des années de tensions liées au Brexit, l’accord annoncé la semaine dernière s’inscrit en tout cas dans le cadre de la relance des relations avec l’UE voulue par le Premier ministre travailliste Keir Starmer depuis son arrivée au pouvoir à l’été 2024. Les négociations étaient engagées depuis plusieurs semaines. L’accord passé avec Bruxelles ouvre donc la voie à la participation, à nouveau, des étudiants britanniques au programme à partir de janvier 2027. Londres aurait au passage négocié un rabais de 30% sur sa participation financière. Nelly Fesseau, directrice de l’agence Erasmus, salue cette annonce :« C’est une excellente nouvelle et cela souligne, dit-elle, l’attractivité du programme en Europe et au-delà. Cela répond à une tristesse et à un regret du monde académique, qu’il soit européen ou britannique, sur ce retrait du Royaume-Uni. »

La France en pole position

Rappelons que le système, rebaptisé Erasmus+ en 2014, permet aux étudiants européens de passer une année dans une université d’un pays partenaire aux mêmes frais que dans leur établissement d’origine. Les prochains mois devraient être consacrés à s’accorder sur les questions de visas et de frais de scolarité. Lors de la dernière année complète d’Erasmus, en 2018-2019, 18 300 étudiants britanniques étaient partis en Europe continentale et 35 000 étudiants européens avaient traversé la Manche. Avec 7 000 jeunes, c’est la France qui avait envoyé cette année-là le plus grand nombre d’étudiants au Royaume-Uni, suivie de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie et des Pays-Bas.

Nelly Fesseau : « Cela souligne l’attractivité du programme en Europe et au-delà.  Le Royaume-Uni a toujours été la destination favorite des Français, et pas que les étudiants. » (Photo Sophie Pawlak)

Un grand pas en avant

« Le Royaume-Uni a toujours été la destination favorite des Français, et pas que les étudiants, souligne Mme Fesseau, mais y compris aussi pour les stagiaires de la voie professionnelle. Au-delà d’un simple programme linguistique, Erasmus + propose l’acquisition de conséquences et de « soft skills » (savoir-être). » En plus des étudiants et des apprentis, les adultes en formation, les enseignants et les professionnels du sport sont aussi concernés par cet accord. Erasmus concerne également les voyages scolaires, devenus plus difficiles depuis le Brexit. « Cet accord représente un grand pas en avant dans nos relations avec l’Union européenne et offrira des perspectives qui vont changer la vie de milliers d’étudiants », réagit dans les colonnes du Times Vivienne Stern, à la tête d’Universities UK, l’organisation qui fédère 142 établissements d’enseignement supérieur britanniques.

Un accord encore à valider

Mais ce retour du Royaume-Uni dans l’écosystème Erasmus devra encore être validé par tous les membres de l’Union européenne pour être acté. Et il n’est pour le moment conclu que pour l’année universitaire 2027-2028. La bourse couvre à la fois les frais de déplacement et les frais de vie. Chaque université demande et attribue à ses étudiants un certain nombre de bourses Erasmus. Toutes les demandes sont ensuite examinées par des évaluateurs externes à l’agence qui notent les projets.

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