Dahvia Ouadia
21 janvier 2026

Faire ses études au Canada : « Ici, tout est fait pour qu’on se sente bien »

Le Canada est la deuxième destination préférée des étudiants français. Un choix qui s’explique notamment par la proximité culturelle et linguistique. Emma et Pierre-Lou y ont tous les deux fait une grande partie de leurs études. Témoignages.

Cet article fait partie du dossier Faire ses études à l'étranger. Téléchargez l’intégralité de ce dossier au format PDF : Guide gratuit à télécharger : Étudier à l’étranger : [not set]/15

Après son bac, Emma a choisi de poursuivre ses études à l’université de Sherbrooke, au Canada. Une décision mûrement réfléchie. « Dans mon lycée, la voie logique était de faire une prépa, mais je ne voulais pas suivre ce chemin. Je voulais faire de la communication et partir à l’étranger. J’ai postulé à l’UQAM, à Montréal, et à l’université de Sherbrooke, et j’ai été prise ! J’ai choisi la seconde. Je suis partie en août 2022 », raconte l’étudiante.

Comme elle, plus de 17 000 étudiants français font le choix de poursuivre leurs études au Canada, dont près de 15 000 au Québec. « La majorité des étudiants français suivent un premier cycle (baccalauréat — équivalent de la licence). Certains continuent en maîtrise ou en doctorat », indique Jonathan Castex, conseiller en recrutement étudiant à l’université de Montréal et porte-parole de la délégation de 14 universités canadiennes. « Ils viennent pour la qualité des formations et des diplômes, mais aussi pour la qualité de la vie de campus et étudiante. »

Un campus immense « comme dans les films »

Un constat partagé par Emma, qui a adoré ses deux ans et demi à Sherbrooke. « C’était comme dans les films, avec un campus immense, une salle de spectacle, des stades universitaires, une multitude d’associations. Ici, on est dans des petites promotions de 30 à 40 étudiants, ce qui crée une proximité avec les enseignants. Ici, tout est fait pour qu’on se sente bien : on a un suivi financier, un suivi psy, on peut travailler à côté du campus… », résume la jeune femme.

Emma fait aussi partie des étudiants qui décident de poursuivre après le baccalauréat. Elle habite aujourd’hui à Montréal, où elle poursuit une maîtrise — équivalent du master — de communication stratégique. « Je voulais me spécialiser dans ce domaine. Aujourd’hui, je travaille à côté de mes études dans une organisation à but non lucratif, où je gère la communication avec les médias et le développement des affaires. »

Pierre-Lou, de son côté, a atterri à Montréal dans le cadre d’un double diplôme à l’ETS, qu’il a suivi avec son école d’ingénieurs française, l’ENSMA. « J’ai choisi d’aller à Montréal parce que c’était une destination rassurante, où on parle français », relate l’ancien étudiant.

Après son double diplôme orienté recherche, qu’il a réalisé en deux ans, son maître de recherche lui propose de rester. Pierre-Lou accepte et s’engage pour un doctorat au sein de l’université. « J’étais très intéressé par l’initiation à la recherche universitaire, j’avais beaucoup d’autonomie et ça m’a permis de développer mon esprit de synthèse », estime le jeune homme.

Et, question autonomie, Pierre-Lou est servi. « En école d’ingénieurs, l’emploi du temps est imposé en début d’année et reste fixe. Au Canada, on a une banque de cours et c’est à nous de nous organiser. On a tous un certain nombre de cours à suivre ; ensuite, chacun choisit l’ordre des cours selon ses contraintes et ses disponibilités. Cette approche donne davantage de liberté par rapport aux études françaises. »

Résultat : le jeune homme reste encore six ans au Canada, où il fait de la recherche expérimentale autour de l’aéronautique.

Des frais de scolarité et de vie avantageux, mais élevés

Pour ses études en doctorat, le jeune homme est considéré comme un étudiant étranger. Il ne bénéficie donc plus du même tarif que lors de son double diplôme. En revanche, sa recherche est financée, ce qui lui permet de recevoir une indemnité du laboratoire. « J’ai pu vivre confortablement sans me priver », estime-t-il.

Au Canada, « il existe trois tarifs distincts : un tarif pour les étudiants québécois, un autre pour les étudiants canadiens hors Québec, puis un dernier pour les étudiants internationaux. Les étudiants français et belges bénéficient, eux, du tarif des Canadiens hors Québec, autour de 6 000 dollars l’année, ce qui reste avantageux, surtout en Amérique du Nord », rappelle Jonathan Castex.

Aussi, pour faire face à ce coût, Emma choisit de travailler pendant ses études. « Grâce au permis de travail, j’ai pu avoir un job sur le campus, ce qui est un gros avantage, puisque je n’avais pas de limite d’heures. Cela m’a permis d’ajuster mes horaires selon mes besoins. »

Si le coût de la vie à Sherbrooke est assez abordable, il explose en revanche à Montréal. « Ici, la vie étudiante est différente parce que les étudiants sont déjà dans la vie active et la majorité sont là pour se spécialiser. Je travaille beaucoup, autant pour ma carrière que pour subvenir à mes besoins. »

Rester ou partir après ses études ?

Après sa maîtrise, Emma envisage de rester au Canada. « Il y a des opportunités d’emploi très intéressantes, avec des salaires élevés. En plus, la qualité de vie est plus agréable qu’en France. Mais tout cela va dépendre de l’immigration pour obtenir la résidence permanente. »

Une situation angoissante pour elle. « Il faut que j’aie un minimum de 20 000 dollars sur mon compte en banque pour que l’immigration estime que j’apporte quelque chose au pays. Mais, de toute façon, pour le moment, le parcours pour obtenir une résidence permanente est fermé. Aujourd’hui, il y a environ 142 000 personnes qui sont en attente. »

Pierre-Lou, de son côté, a décidé de rentrer en France après son doctorat. « J’ai le sentiment d’avoir fait le tour de Montréal. Et puis, la France me manquait, et ma famille aussi. »

Depuis, le jeune homme a trouvé un poste d’ingénieur d’essai dans l’aéronautique. « Finalement, dans la partie analyse des résultats, des synthèses que je peux observer, ça ressemble à ce que j’ai pu faire à l’ETS Montréal ! »

Dossier Etudier à l'étranger - Janvier 2026

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