Marjorie Philibert
18 février 2026

Fred Lacoste : Surf, entrepreneuriat et nouvelle vie à Playa Venao

Rien ne destinait Fred Lacoste à s’installer durablement au Panama. Français, installé aux États-Unis, il rentre en France en 2001 à la suite du décès de sa mère. Avec sa femme, de nationalité suédoise, il décide alors de prendre le large : ils partent faire le tour du monde à la voile. Une parenthèse qui devait durer quelques années et qui va finalement redessiner toute une vie.

Cet article fait partie du dossier Le Panama, bien plus qu’un canal. Téléchargez l’intégralité de ce dossier au format PDF : Guide gratuit à télécharger : le Panama, bien plus qu’un canal : [not set]/14

En 2006, le couple accoste au Panama. Sa femme est enceinte de jumeaux, ce qui les oblige à quitter le voilier et à revenir sur la terre ferme. L’idée est simple : rester deux ans, le temps de la naissance des enfants, puis reprendre la mer. Ils ne repartiront jamais.

Le choix du Panama n’est pas un hasard. Fred évoque un pays sûr, l’un des plus stables d’Amérique latine, avec une criminalité très faible. La présence du dollar constitue également un facteur de sécurité économique. Le couple s’installe d’abord à Panama City, avant de rejoindre Playa Venao, sur la côte pacifique, où Fred vit toujours aujourd’hui.

Surfeur passionné, Fred découvre rapidement le potentiel exceptionnel du site. À l’époque, les infrastructures sont quasi inexistantes. Très peu d’écoles, peu de structures, encore moins de formation pour les plus jeunes. Il commence simplement par emmener ses propres enfants surfer tous les jours. D’autres parents lui demandent alors d’apprendre le surf à leurs enfants. L’école de surf de Venao est née ainsi, presque naturellement.

Fred ne s’arrête pas là. Il monte également un skatepark, puis lance la construction d’un hôtel destiné à accueillir les surfeurs. L’établissement, conçu pour accueillir une soixantaine de personnes, s’inscrit dans une vision claire : faire de Venao une destination internationale du surf. Selon lui, le spot possède toutes les qualités requises pour accueillir des compétitions de haut niveau. Venao est un beach break — une vague qui casse sur un fond sableux, plus accessible et plus sûre que les reef breaks sur corail ou rochers — offrant des conditions idéales pour l’entraînement.

« Panama est un eldorado », résume Fred Lacoste. « La population est hyper accueillante. Les gens viennent vraiment de partout, c’est quasiment impossible de dire à quoi ressemble un Panaméen type. Parmi les Indiens, il y a jusqu’à sept communautés différentes »

Multi-casquette, Fred Lacoste est aussi marchand de biens. Il développe actuellement un projet immobilier de 120 hectares, baptisé Azurpanama. Une nouvelle illustration de son énergie entrepreneuriale. « Ça ne me ressemble pas de ne rien faire, il faut toujours que j’aie un projet en cours », confie-t-il.

Ses enfants, aujourd’hui âgés de 22 ans, se sont installés à Panama City. Fred explique son parcours par un bon timing autant que par sa capacité d’adaptation. Quand il est arrivé, le Panama attirait très peu de touristes et il estime avoir fait partie des pionniers. « Le Panama offre une qualité de vie incomparable à la vie en France, mais il faut être prêt à s’adapter à de nouveaux standards », dit-il.

Il insiste aussi sur un point qui l’a marqué dès son arrivée : la sécurité. « Aujourd’hui, quand je vais passer deux jours à Panama City, je laisse la maison ouverte, sans problème » Une réalité difficilement imaginable ailleurs en Amérique Centrale.

Quand Fred a commencé à surfer à Venao, le samedi, ils étaient une dizaine dans l’eau. Aujourd’hui, ils sont environ une centaine — sur cinq kilomètres de plage. Pour lui, cela reste un luxe rare. Et surtout, le signe d’un territoire encore largement à construire.

Un pays d’une beauté brute, un potentiel intact, et une aventure entrepreneuriale qui continue de s’écrire, vague après vague.

> SURFER AU PANAMA

Avec deux façades océaniques, le Panama dispose de l’un des littoraux les plus variés d’Amérique centrale. Sur la côte pacifique, des spots comme Playa Venao, Santa Catalina ou Punta Chame offrent des vagues régulières, accessibles toute l’année. La côte caraïbe, plus capricieuse, propose quant à elle des vagues puissantes, prisées des surfeurs expérimentés.

Longtemps confidentiel, le surf panaméen attire aujourd’hui une clientèle internationale, séduite par la qualité des vagues, le climat — l’un des plus secs du pays sur la côte pacifique — et un niveau de sécurité élevé. Pourtant, le secteur reste encore peu structuré comparé à d’autres destinations comme le Costa Rica. Écoles, hébergements spécialisés et événements sont en développement, laissant entrevoir un fort potentiel de croissance pour le tourisme sportif et de plein air.

Dossier Panama - Février 2026

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