Anne-Florence Salvetti
1 septembre 2025

Travailler pour la France depuis l'étranger : « Pour moi, ce n’était pas un choix »

Le travail à distance n’a fait que prendre de l’ampleur depuis 2020, et diversifie notamment les possibles lorsque l’on souhaite travailler avec son pays d’origine tout en vivant à l’étranger.

Pas toujours un souhait, parfois une nécessité

Il existe de multiples façons de travailler pour une entreprise française depuis l’étranger : garder son employeur à distance en quittant la France, être indépendant et avoir des clients français, effectuer une mission humanitaire, faire du portage salarial international, être frontalier, ou encore travailler pour une ambassade.

Alexandra, qui a toujours voulu être correspondante à l’étranger, est journaliste pour des médias français au Sénégal. « Je suis d’abord partie en République démocratique du Congo en 2020 en tant que pigiste pour France 24. » De son côté, Sophia, qui vit en Angleterre, a télétravaillé pour une entreprise britannique commercialisant ses services en France.

Pour elle, garder un pied dans le monde professionnel français n’était pas un choix. « En 2023, j’ai quitté mon poste en France pour suivre mon mari, expatrié professionnellement en Angleterre. Nous nous sommes installés dans une petite ville rurale, très agréable, mais pas forcément idéale pour trouver du travail dans mon domaine. » En élargissant ses recherches à des postes en télétravail, elle a enfin trouvé. « Mon rôle était d’accompagner à distance les clients francophones dans leurs démarches. Ce poste ne correspondant pas exactement à mon parcours mais cela me permettait de rester active et de développer une première expérience locale. »

Au contraire, Alexandra avait le souhait de continuer à écrire pour des médias français tout en vivant sur un autre continent. « J’ai une  grande liberté, je propose moi-même mes sujets, je fais beaucoup de terrain, et je découvre de nouvelles régions du monde tout en développant des expertises. »

Crédit photo : Pexels / Donald Tong

Entre isolement et ajustements

De cette expérience, Sophia a retiré une grande flexibilité liée au travail à distance, mais a également apprécié de rester connectée aux spécificités culturelles et administratives du marché français, tout en découvrant une culture d’entreprise britannique.

« Un aspect particulièrement enrichissant a été de travailler sous la responsabilité d’un manager britannique, au sein d’une équipe 100 % française. Cette configuration m’a confrontée à certaines différences culturelles, notamment dans la manière d’aborder le feedback ou la communication managériale. J’ai rapidement constaté que les échanges étaient moins directs que ce à quoi j’étais habituée en France. Cela m’a obligée à ajuster ma lecture des signaux. » remarque la jeune femme.

Elle a cependant parfois souffert de l’isolement généré par le télétravail. Tout comme Alexandra, qui trouve cela complexe, par moments, d’avoir ses chefs et interlocuteurs basés à Paris. « J’ai également une situation assez précaire, car il est plus difficile d’accéder à un CDI au Sénégal qu’en France. »

Pour d’autres, les difficultés sont différentes, administratives, culturelles, travailler en horaires décalés pour s’adapter au décalage horaire. Mais Sophia y a vu avant tout un bon tremplin pour démarrer dans son nouveau pays, « cette expérience m’a donné une première légitimité professionnelle au Royaume-Uni, ça m’a ouvert des portes et aujourd’hui je travaille en présentiel pour une entreprise britannique. »

Crédit photo : Pexels / Mikhail Nilov

share Partager

Etudier et travailler

Les réseaux professionnels français de Londres à connaître

Installé(e) dans la capitale britannique depuis un ou dix ans, se faire connaître ou élargir son cercle professionnel peut se révéler être une galère Pour se créer un solide carnet d’adresses, il existe de multiples réseaux. Voici les incontournables.

Etudier et travailler

Exercer le métier d’architecte au Québec

Tout comme le métier d’infirmière, celui d’architecte est régi par un ordre professionnel provincial : l’Ordre des architectes du Québec (OAQ).

Etudier et travailler

Se reconvertir ou se former depuis l’étranger : le guide pratique des droits et financements

Conjoint suiveur, changement de pays ou envie de donner un nouveau cap à sa carrière : une expatriation peut être l’occasion de se former. Les droits acquis en France ne disparaissent pas pour autant. CPF, bilan de compétences, validation des acquis de l’expérience (VAE) : plusieurs dispositifs permettent de préparer la suite de son parcours, à condition d’en vérifier les modalités avant de se lancer.

Etudier et travailler

Exercer le métier d’infirmier au Québec

Au Québec, de nombreuses professions sont protégées par une association professionnelle. Cela signifie donc qu’il faut parfois passer par un processus d’équivalence et un stage pour obtenir un permis d’exercice dans la province.

Etudier et travailler

Exercer le métier d’ingénieur au Québec

Tout comme le métier d’infirmière ou d’architecte, le métier d’ingénieur est réglementé par un ordre professionnel provincial : l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ). Autrement dit, même si vous étiez ingénieur dans votre pays d’origine, vous ne pouvez pas vous présenter comme tel dès votre arrivée. Heureusement, il est possible de devenir membre de l’OIQ, même avec des études complétées à l’étranger. Voici la marche à suivre.