Hélène Corbie
6 mars 2026

Coupe du monde 2030 au Maroc : l’héritage des JO de Paris, vitrine du savoir-faire français

La France entend utiliser l'expérience et l'héritage des Jeux olympiques de Paris 2024 pour positionner ses entreprises sur les grands chantiers de la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. L'expertise française en organisation de grands événements est ainsi mise en avant par Paris comme un atout pour le royaume chérifien.

Cet article fait partie du dossier Maroc, cap sur 2030 Téléchargez l’intégralité de ce dossier au format PDF : Guide gratuit à télécharger : Maroc, cap sur 2030 : 4/14

Gérard Wolf, coordinateur de la task force Maroc-France pour la Coupe du Monde 2030 et ancien président de la Solideo (société chargée de l’héritage des JO Paris 2024), explique cette stratégie : il s’agit de proposer « les outils les plus modernes » issus de l’expérience olympique. Il cite notamment l’engagement sur l’empreinte carbone, devenu un critère central pour les autorités marocaines. « On a décarboné les Jeux olympiques à moins 47 % », rappelle-t-il, soulignant la capacité française à fournir des solutions innovantes et durables. Cependant, cette expertise ne garantit pas de position privilégiée. « Il n’y a aucune exclusivité », prévient Gérard Wolf. « D’autres entreprises performantes, notamment européennes, vont répondre aux mêmes appels d’offres ».

L’après-JO, un levier d’opportunités

Bpifrance a rapidement identifié cette opportunité économique. Installée à Casablanca depuis 2021, la banque publique a « très vite pris le virage de la Coupe du monde », dès l’annonce de la coorganisation par le Maroc. « Ça fait partie de l’héritage des JO et de toute l’expertise française sur l’organisation de grands événements », précise Maël Mbaye, responsable du bureau régional Afrique du Nord de Bpifrance. L’institution a travaillé avec la Fédération royale marocaine de football pour déterminer les secteurs où l’expertise française peut correspondre aux besoins locaux et au cahier des charges exigeant de la FIFA. « Pour eux, la Coupe du monde n’est pas une fin en soi, mais vraiment un moyen pour aller bien au-delà en termes de développement », insiste-t-il, en référence aux vastes chantiers d’infrastructures, de transport et d’équipements urbains prévus.

Une task force pour structurer l’offre française

Afin de coordonner cette démarche, une task force Maroc-France dédiée au Mondial 2030 a été créée. Elle regroupe des acteurs publics et privés (Bpifrance, Business France, Medef International et entreprises…) dans le but de structurer l’offre française et de faciliter l’accès aux donneurs d’ordre marocains. L’objectif est de présenter des solutions complètes et innovantes, tout en mobilisant « tout le Team France » face à la concurrence internationale, selon Gérard Wolf.

Les déplacements officiels se sont intensifiés : délégations régionales d’entreprises, missions ministérielles autour du commerce extérieur et visites présidentielles se succèdent pour établir des contacts. « Ces délégations permettent évidemment d’accélérer la prise de contact », affirme Olivier Ferraton, Directeur Général Délégué de GL EVENTS, entreprise d’événementiel. Elles ont notamment servi à l’officialisation de la task force lors d’un forum d’affaires à Rabat réunissant plusieurs centaines d’acteurs économiques français et marocains.

Pour les entreprises qui y participent, l’appartenance à ce réseau est un atout. « Le fait de dire qu’on appartient à la task force Maroc-France pour la Coupe du monde 2030 ouvre des portes », confirme Pascal Poncet, fondateur de Water Connect, société spécialisée dans la conception d’oasis de fraîcheur. Au-delà des liens institutionnels, ces missions permettent de nouer des partenariats avec l’écosystème économique local. « C’est toujours important de créer des liens et de se faire connaître », ajoute-t-il.

GL events se positionne durablement

GL events, qui a assuré 70 % des installations temporaires des JO Paris 2024, était déjà actif lors de la COP22 à Marrakech. L’entreprise a récemment établi une présence « de façon pérenne » au Maroc pour accompagner le pays dans l’organisation de grands événements », indique Olivier Ferraton. « C’est un pays qui est en mesure d’organiser des événements majeurs », soutient le dirigeant, citant la récente Coupe d’Afrique des Nations, jugée « extrêmement bien déroulée et exemplaire ». Selon lui, le pays « a des capacités internes incroyables » et le rôle de son entreprise est d’apporter un complément en « compétences et actifs nécessaires pour accompagner le système ». L’approche privilégiée est la coopération avec les acteurs locaux plutôt que la simple « exécution d’un job ».

Une compétition internationale déjà féroce

Malgré l’expertise française, la concurrence s’annonce intense. « Les jeux ne sont pas faits pour les entreprises françaises », met en garde Gérard Wolf. « On n’aura pas tout », mais la task force a pour mission de préparer les entreprises à présenter l’offre la plus compétitive. Sur le terrain, les sociétés françaises font face à la présence déjà marquée de concurrents turcs, espagnols, allemands ou chinois. « La compétition est forte », confirme Maël Mbaye. Si quelques entreprises ont déjà remporté des premiers contrats ou des phases pilotes, la majorité des appels d’offres majeurs restent à venir.

Pour réussir, les entreprises françaises devront s’adapter aux attentes marocaines. « On doit avoir l’humilité de ne pas imposer, mais de composer », conclut Olivier Ferraton. L’héritage des Jeux de Paris sert de référence et d’accélérateur, mais seule la pertinence et l’innovation de l’offre feront la différence.

Dossier Maroc - Mars 2026

share Partager

Destinations au banc d'essai

Guide gratuit à télécharger : Maroc, cap sur 2030

Au fil du temps, le Maroc a cessé d’être une simple destination d’expatriation pour devenir un espace de projection. Entre Europe et Afrique, le royaume attire désormais autant pour y travailler que pour y construire une trajectoire de vie. Proximité géographique, dynamisme économique et qualité du quotidien composent un équilibre rare, qui séduit cadres, entrepreneurs et retraités français.

Destinations au banc d'essai

Guide gratuit à télécharger : le Panama, bien plus qu’un canal

Carrefour stratégique entre deux océans, hub économique régional, destination prisée des expatriés et des retraités, le Panama s’impose aujourd’hui comme l’un des pays les plus attractifs d’Amérique centrale. Pour comprendre ses dynamiques, ses opportunités et ses réalités concrètes, Français à l’étranger propose un guide gratuit et exclusif, à télécharger librement.

Destinations au banc d'essai

Guide gratuit à télécharger : Asie du Sud-Est — Le moteur discret de la croissance mondiale

Avec près de 700 millions d’habitants, une croissance soutenue depuis plus d’une décennie et une attractivité qui ne cesse de croître, l’Asie du Sud-Est s’impose comme l’une des régions les plus dynamiques du monde. Singapour, Malaisie, Indonésie : trois pays complémentaires, trois marchés stratégiques, trois portes d’entrée pour les talents, les étudiants, les familles et les entreprises françaises. Français à l’étranger consacre un guide complet et gratuit à cette zone devenue incontournable.

Destinations au banc d'essai

Guide gratuit à télécharger: S'implanter dans le Golfe

Les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn, Oman et le Koweït attirent de plus en plus d’entrepreneurs, d’experts et de familles françaises. Entre zones franches, fiscalité attractive, projets Vision 2030 et infrastructures ultramodernes, la région du Golfe s’impose comme un carrefour stratégique pour ceux qui souhaitent entreprendre ou travailler à l’international. Pour accompagner cette dynamique, Français à l’étranger met à votre disposition un guide complet et gratuit à télécharger.

Destinations au banc d'essai

Pondichéry, Bangalore, Delhi : où vivent les Français en Inde ?

L'Inde, c'est un continent à elle seule ; choisir où s'y installer change tout. Delhi, Bangalore, Pondichéry : trois villes, trois rythmes, trois façons de vivre à la française, mais sous le soleil indien.