Dahvia Ouadia
17 avril 2026

Un soutien scolaire en français, une clé pour maintenir un bon niveau de français

Pour de nombreuses familles expatriées, transmettre le français à leurs enfants est une priorité. Mais entre scolarité à distance, dispositifs complémentaires et structures locales, quelles solutions choisir pour préserver un bon niveau et maintenir le lien avec la culture française ?

Cet article fait partie du dossier Education, scolariser ses enfants à l'étranger Téléchargez l’intégralité de ce dossier au format PDF : Guide gratuit à télécharger : Éducation, scolariser ses enfants à l’étranger : 10/15

Le français s’entretient, même à l’autre bout du monde. La plupart des familles françaises qui vivent à l’étranger parlent la langue à la maison avec leurs enfants. Une manière de les immerger dans la culture et de faire le lien.

Cependant, apprendre à lire et à écrire en français demande plus d’engagement. Et pour accompagner les familles, plusieurs dispositifs existent à l’étranger. C’est le cas de l’emblématique CNED, qui propose des parcours complets ou complémentaires aux familles expatriées. « À l’international, nous avons des profils très différents, avec des familles qui vont scolariser totalement leurs enfants au CNED à distance et d’autres familles qui vont scolariser partiellement », explique Fabienne Ricordel, directrice déléguée aux affaires internationales et européennes.

Conserver le lien avec la culture française

Les élèves français ou francophones inscrits dans une école locale qui souhaitent conserver un lien avec la culture française pourront s’inscrire en scolarité complémentaire internationale. Dans ce contexte, ils suivent trois matières : le français, les maths et l’histoire. « Conserver ce lien avec la France, c’est aussi conserver le lien avec la langue et la culture françaises. Cette demande peut aussi répondre à des familles qui prévoient, à terme, une reprise d’études en France de leur enfant », estime la directrice déléguée aux affaires internationales et européennes.

Si ce type de scolarité partielle est prisé des familles françaises à l’étranger, il a un coût financier, mais aussi un coût en termes de temps. Cécile, qui a vécu aux États-Unis, a choisi d’inscrire ses deux filles au CNED complémentaire. « On a choisi cette scolarité pour nous faciliter la vie, tout en permettant à nos filles de devenir bilingues. Mais c’était assez lourd, avec au minimum une heure de cours de français par jour et un programme très poussé », explique la mère de famille, qui conseille le CNED pour des expatriations de courte durée.

Pour les autres, elle recommande d’aller vers des structures plus simples, à l’image du Label FrancÉducation, qui permet aux enfants français ou francophones d’acquérir une maîtrise complète de la langue française, mais aussi du réseau FLAM, qui permet aux enfants de 5 à 16 ans de découvrir le français et de développer la pratique du français langue maternelle.

L’école de Géraldine est une école en ligne pour les enfants expatriés, intégrée au réseau FLAM. L’école propose des ateliers, des cours et des activités adaptés à la mobilité de chacun. « Les problématiques des familles sont multiples. Il peut y avoir des familles francophones, des familles mixtes avec plusieurs cultures. Les enjeux ne sont pas les mêmes selon l’âge des enfants et s’ils ont vécu ou non en France… C’est pourquoi, nous proposons un accompagnement sur mesure et adapté à chacun », résume Géraldine Billaudel.

Transmettre le français dès le plus jeune âge

Selon elle, ce qui compte, c’est de transmettre le français dès le plus jeune âge. « Il faut garder le français et continuer à parler en français à ses enfants, même s’ils répondent dans une autre langue. Il faut garder cette discipline parce que si on arrête, il est plus difficile pour les enfants de revenir à leur langue maternelle. »

Au rythme d’une à deux séances par semaine, les enfants inscrits dans cette école découvrent les bases du français en fonction de leur niveau. « Je préconise de faire un troisième temps de français sur la leçon qui a été vue ou de faire des exercices, et ce afin d’améliorer leur niveau, mais de manière adaptée à la vie de la famille », indique Géraldine Billaudel.

Elle propose également des ateliers en petits groupes pendant lesquels ils vont apprendre à écrire une histoire. « Pendant cinq mois, nous allons écrire ensemble une histoire de A à Z, créer l’histoire, les personnages, les schémas narratifs… Cela permet de s’écouter les uns les autres, mais aussi de créer, d’essayer et de s’améliorer. Par ce biais, on corrige des règles de grammaire, de conjugaison et ils enrichissent leur vocabulaire sans même s’en rendre compte. »

Dans certains pays, il est aussi possible d’accéder à des cours en présentiel avec certaines Alliances françaises, même si elles proposent majoritairement des cours de français langue étrangère au public local. C’est le cas de Cyrielle, qui vit aux Pays-Bas, dont les enfants sont inscrits pour une heure trente de français par semaine. « Mes enfants ont commencé à l’âge de huit ans, ils lisaient et parlaient bien et cet enseignement les aide à aller vers l’écrit, mais ça demande du temps et une organisation en plus. »

C’est aussi la raison pour laquelle certains parents font le choix d’entretenir le français à la maison, en parlant la langue à leur enfant ou en leur lisant des livres en français. Car, pour eux, l’apprentissage, dans un premier temps, de la langue locale est plus important pour faciliter l’intégration.

Dossier Education - Avril 2026

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